vendredi 4 septembre 2015

Aylan Kurdi, l’enfant syrien rejeté par la mer


Article publié le 04/09/2015 par Leaders.com
Oui, qui d’entre nous n’a pas été ému par cette image d’un enfant de 3 ans rejeté par la mer la face contre le sable ?

Cette triste image continue de faire le tour du monde et d’émouvoir ceux qui ont un brin d’humanité et peuvent, sans remords, se regarder dans un miroir.

 Il y a aussi, cet autre image d’un enfant syrien, plus âgé, qui s’exprime dans un anglais hésitant pour expliquer aux Hongrois qui ne veulent pas d’eux et qui ont barricadé leur frontière de fils barbelés qu’ils doivent plutôt stopper la guerre car il ne demande qu’à rentrer dans son pays.

Ce qui est étonnant, c’est que des dizaines, voire des centaines d’enfants syriens sont morts et meurent encore sous les bombes, les tonneaux de dynamite, les immeubles qui s’écroulent et les balles perdues ou non et ce depuis pas mal de temps sans qu’aucun mouvement de sympathie international similaire ne se soit manifesté!

Pourquoi, le monde, aujourd’hui , semble prendre conscience de l’horreur de cette guerre ?

Est-ce que tous les médias ont joué, pour Aylan, le rôle qui est le leur ? Est-ce que le phénomène migratoire a atteint une ampleur exceptionnelle et va s’amplifiant ? Est-ce que l’Europe se sent menacée par ce péril à ses frontières ? Est-ce parce que l’Europe qui peine à sortir de la récession et  qui est de surcroît traumatisée par le terrorisme des islamistes craint d’être envahie par la marée des musulmans ? Est-ce parce que, Madame Merkel, la Chancelière allemande, dont le pays n’est pas impliqué dans tous ces foyers de tensions ,a été la première à ouvrir ses portes aux migrants alors que des pays arabes riches et certains pays européens ne l’ont pas fait?

Toutes ces interrogations me taraudent l’esprit.

 Je ne me sens pas fier d’appartenir à ce monde plein d’antagonismes, de contradictions, d’intérêts matériels sordides, d’idéologies désuètes, de nationalismes exigus, de volonté de domination du plus faible ou de celui qui ne partage pas vos valeurs et  pour tout dire un monde où l’humanité tend à se perdre.

Le monde d’aujourd’hui est menacé de s’autodétruire sans que ces fichus politiciens n’aient eu le courage de trouver un consensus, certes difficile et douloureux, mais combien nécessaire pour revoir leur conception des rapports entre les Etats.

C’est à cette assemblée mondiale prestigieuse créée au lendemain de la première guerre mondiale, à savoir, la SDN puis l’ONU, pour préserver, tenez-vous bien, la Paix dans le monde, que l’enfant Syrien Aylan, et par sa bouche, tous les enfants du monde, s’adressent, pour que les rapports mondiaux changent dans le bon sens, pour qu’ils aient le droit à la vie, à la nourriture, à l’instruction et à la culture, à la santé et à la Paix.

Il est temps que l’ONU se réveille de sa profonde léthargie.

Elle doit être dirigée par quelqu’un de la trempe du défunt Dag Hammarskjoeld et non par un simple administrateur aux ordres d’un pays ou d’un groupe de pays puissants ,avec un conseil de sécurité qui doit représenter équitablement l’ensemble du monde et non les cinq pays les plus puissants.

De timides tentatives ont été faites pour intégrer l’Allemagne et l’Inde dans le conseil de sécurité, parmi les membres permanents, mais sont demeurées lettre morte.

Cette révolution de l’ONU qui ne pourra être faite que sous la pression de la rue de tous les pays du monde, ne pourra être conduite que par l’Allemagne et la Suède qui ne cessent de montrer qu’ils sont les moins deshumains de ce monde.

De grâce, laissez-moi poursuivre encore mon rêve en souhaitant que cette nouvelle ONU, défende effectivement certaines valeurs et principes.

Outre la Paix dans le monde, la protection de l’environnement au sens large du terme, la réparation des injustices politiques commises par certains pays au détriment de certains peules (le peuple palestinien, le peuple kurde…) et qui minent la coexistence des peuples, la reconnaissance des richesses dans le monde comme étant un bien commun à toute l’humanité ainsi que leur juste répartition, la liberté de  circulation des personnes, des biens et des capitaux, la liberté de conscience, le bannissement du racisme, la défense des valeurs démocratiques et la coopération des Etats dans tous les domaines, devraient être ses objectifs principaux.

Aurions- nous besoin de tous ces arsenaux militaires entre les mains de nains politiques prompts à de nouveaux Nagasaki et de nouveaux Hiroshima ?

Ne pourrions-nous pas reconvertir cette puissance destructrice dans la reconstruction d’un monde que nous sommes en train de détruire à petit feu ?

Avons-nos  besoin de nouveaux Aylan Kurdi pour nous ressaisir et transformer nos rêves et nos espoirs en une réalité ?




jeudi 6 août 2015

Suggestion au ministre des Affaires religieuses et à Youssef Essedik

 06/08/2015

C’est le communiqué de la TAP faisant état d’une proposition, de Monsieur Youssef Essedik, faite récemment et directement au Chef du Gouvernement pour la création de «clubs de divergences» dans nos établissements éducatifs et nos maisons de jeunes qui m’a incité à présenter également une suggestion.
«Ces clubs auront pour mission de sensibiliser les jeunes sur l’acceptation et le respect d’autrui tout en œuvrant à enraciner la culture de la différence et de la tolérance…», «la rencontre avec le chef du Gouvernement a porté sur les moyens permettant de protéger les jeunes de la pensée obscurantiste qui facilite leur enrôlement par les groupes takfirirstes (islamistes adeptes d’une idéologie violente) et extrémistes » poursuit le communiqué de la TAP.
C’est bien comme initiative qui tend à éradiquer la pensée obscurantiste à la racine en parallèle à la guerre engagée sur le terrain contre le terrorisme et qui sera accompagnée nécessairement de mesures sociales et économiques.

Moi, je dis que les moins jeunes sont aussi la proie des «takfiristes» et de l’esprit obscurantiste dans nos mosquées tant que l’action éducative ne touchera pas aussi les cellules parentales.
Ce que le jeune apprendra à l’école sera balayé par des parents ignorants leur religion.

J’avais proposé le lancement d’une chaîne de télévision qui comptera parmi ses programmes des débats contradictoires sur la matière religieuse de nature à éclairer monsieur tout le monde, en Tunisie, dans le Maghreb et les pays du Nord de la Méditerranée.
J’avais même saisi la Présidence française à deux reprises, mais sans effet aucun.
Dès qu’il s’agit de mettre la main à la poche le dossier est enterré.
Je reviens à mon idée, mais, cette fois, en m’adressant au Ministre des affaires religieuses, à nos brillants et courageux intellectuels ( Monsieur Youssef Essedik…) et à nos cheikhs de la Zitouna pour leur demander de transformer les prêches du vendredi, dans chaque mosquée, en un prêche, accessible, à monsieur tout le monde, par le choix d’un arabe facile et surtout d’un contenu véritable au diapason avec la réalité vécue.

Les contenus qu’il m’a été donné d’entendre sont déconnectés de la réalité du moment, incolores, inodores collant à un passé lointain et proches de l’obscurantisme.

Le dernier vendredi, on nous avait désigné un Imam venu remplacé l’Imam malade. Son prêche, fait à la manière d’un poème, s’adressait plutôt à des incroyants alors que la mosquée était remplie de musulmans qui avaient bravé la chaleur pour ne pas rater la prière obligatoire du vendredi.
Il n’y avait que des mises en demeure, des rappels à l’ordre et une critique acerbe des tentations.Le prêche, d’ailleurs bâclé, était un véritable épouvantail. Un enfant était assis à côté de moi. J’aimerais bien savoir qu’elle a été son impression sur ce discours radical?


D'où mon idée de modifier le contenu des prêches qui devront porter, au moins pendant un an, sur la lecture et  la compréhension du Coran sans plus.
Le ministre des affaires religieuses parrainerait une réunion hebdomadaire avec nos cheikhs de la Zitouna et nos brillants intellectuels à laquelle assisteront les imams.
On y abordera la lecture et la compréhension de telle ou telle sourate et de tel ou tel verset coranique et particulièrement celle ou ceux qui font matière à polémique.

On s’accordera sur une lecture consensuelle de la sourate ou des versets dont la date, l’environnement et le contenu réel et les termes seront définis et c’est cette lecture consensuelle qui constituera la matière du prêche sur tout le territoire de la République.

C’est faisable, si là aussi, les autorités le veulent bien.

La Tunisie et les tunisiens auront enfin une lecture identique quasi scientifique du Coran et personne ne pourra plus les convaincre du contraire.
Avec l’action au niveau des établissements scolaires proposée au chef du Gouvernement et celle-ci,au niveau de nos mosquées, nous bannirons de notre pays, j’ose l’espérer, la violence à fondement religieux.
Dieu fasse que notre voix soit entendue !


Mokhtar El Khlifi
Tunis le 06/08/2015

dimanche 2 août 2015

Lettre ouverte à monsieur le ministre de l’Agriculture

30/07/2015 (article publié par Leaders.com 

J’ai lu des articles concernant la bactérie tueuse des oliviers, xylella Fastidiosa, qui ravage actuellement le Sud de l’Italie, a atteint la Corse et bientôt les oliveraies du bassin méditerranéen (Grèce, Espagne, Tunisie…).

 J’ose espérer que vous les avez lus, ou du moins, vos services techniques vous en ont parlé.

« La Xylella Fastidiosa provoque le dépérissement des oliviers, mais aussi de quelque deux cents espèces végétales, comme le lierre et le laurier rose, en se transmettant par l’intermédiaire d’insectes piqueurs-suceurs, tels que la cicadelle.

 La présence de la bactérie dans l’arbre ne se manifeste qu'au bout de plusieurs mois, selon la Direction régionale de l'agriculture et de la forêt (France).

 Elle attaque d’abord  la cime du feuillage, puis descend progressivement vers le tronc pour infecter l’arbre en entier, mais aussi les arbres voisins.

 L'alerte a été lancée à la fin de l'été par des oléiculteurs soutenus par la coalition nationaliste Femu a Corsica ( la Corse,France) et informés des ravages de la bactérie dans les Pouilles (Italie).
 Quelque 30.000 hectares d'oliveraies ont déjà été détruits dans cette région méridionale de la péninsule italienne.
 Selon un élu de Femu à l'Assemblée de Corse, qui a participé, fin octobre, à un symposium sur la bactérie à Galliopoli (Pouilles), «50 millions d'oliviers risquent de mourir en Italie et le fléau menace toute l'Europe méridionale».

Comme il vaut mieux prévenir que guérir, nos médias, pourraient, s’ils étaient sensibilisés par vos soins et par l’Union des agriculteurs, entamer une campagne sur ce véritable désastre rampant, outre la mise en place urgente par la douane de contrôles sanitaires efficaces.


A ma connaissance, je n’ai vu ou entendu parler d’aucune quelconque initiative à ce sujet.

 Si aux problèmes du tourisme et du bassin minier générateurs de cash, viendrait s’ajouter l’arrachage de notre oliveraie, je me demande si notre économie pourrait compter sur les quelques points du PIB que génèrent la production aléatoire céréalière et l’industrie.

 A cet aspect économique, l’ingéniosité maligne des terroristes pourraient recourir à cette bactérie pour empêtrer davantage notre économie.

Se prémunir contre Xylella  Fastidiosa est donc, monsieur le Ministre, une action urgente de salut public.


A bon entendeur salut.



 

samedi 27 juin 2015

Le préalable au dialogue social : le rétablissement de la confiance


25/06/2015
La Tunisie est passée par une période difficile, une véritable crise politique qu’elle a su surmonter grâce au dialogue social initié à force de patience et de persévérance par L’UGTT, l’UTICA, la Ligue de défense des droits de l’homme et l’Association des avocats.
Aujourd’hui, il semble que le courant ne passe plus entre d’une part, l’UGTT et l’UTICA et d’autre part, l’UGTT et le Gouvernement.

Il s’agit essentiellement d’une crise sociale à soubassement économique  que la Tunisie n’a pas encore pu résoudre.

Tous les secteurs ou presque, publics ou privés, exigent une revalorisation des salaires vu le renchérissement du coût de la vie.

L’employeur public après avoir cédé, sous la pression des syndicats, en concrétisant des engagements pris par les gouvernements précédents, refuse aujourd’hui d’aller davantage pour satisfaire de nouvelles doléances, faute de ressources adéquates, ce que conteste la Centrale syndicale.

Mais, après avoir ouvert la boîte de Pandore peut-il reculer?

Selon l’UGTT, l’argent existe. Il s’agit de le dénicher. Elle estime que la refonte de la fiscalité qui tarde à être engagée ainsi qu’une plus grande transparence dans la gestion des affaires de l’Etat peuvent permettre de satisfaire les revendications salariales pourvu que l’Etat s’y mette.

Le commerce parallèle gangrène le pays et elle ne voit pas encore le bout du tunnel. Quant aux ressources du pays elles pourraient aussi être mieux gérées avec une meilleure administration.
L’Etat répond que si ses engagements précédents ont pu être satisfaits, c’est grâce à l’endettement extérieur qui devrait financer plutôt l’investissement et qu’il y’a des limites à ne pas dépasser si on ne veut pas hypothéquer l’avenir.

On est déjà à plus de 50% du PIB!

Sur sa lancée l’UGTT veut maintenant revaloriser le SMIG et le SMAG et ajuster les salaires dans le secteur privé.

 L’UTICA traine les pieds estimant que la poule aux œufs d’or est malade et que la priorité est au redressement des entreprises et au retour aux valeurs d’antan, celle du travail et de la productivité.

 Le PIB est à 1,7% et les prévisions pour l’exercice 2015 seraient en deçà.

 Peut-on distribuer ce qu’on n’a pas encore produit?

Un véritable dialogue de sourds entre les diverses parties que le bon sens n’arrive pas à admettre et la patience de bien des tunisiens est à bout.Ils commencent à douter de l’envergure des parties prenantes.

Or il n’y a d’autres solutions pour rétablir la confiance et faire redémarrer la machine économique en panne que le dialogue constructif.
Comment le rétablir surtout que chacun, semble avoir ses raisons?

Je pense que les chiffres réels de notre situation économique sont les seuls à amener les parties à un consensus.
Comme chacun tire de son tiroir ses chiffres qui ne concordent pas ceux des autres parties, alors que la réalité économique est la même, on ne pourra pas par conséquent s’entendre.

Il est donc urgent que les « experts » des diverses parties s’assoient autour d’une table pour décortiquer leurs chiffres. Entre techniciens, et avec un minimum de bonne foi, ils pourraient s’entendre.

A cet atelier de techniciens qui ne doit durer que quelques heures, voire quelques jours ( je suppose que des gens qui prétendent  bien diriger ce très petit pays ont déjà leurs chiffres !) devraient participer, l’UGTT, l’UTICA, le Gouvernement et deux ou trois experts de la société civile. Les partis politiques, surtout de l’opposition, devraient également participer à cet atelier.

Le rapport purement technique qui devrait répondre à la situation chiffrée réelle du pays et à la définition des mesures urgentes et moins urgentes lierait toutes les parties et sera rendu public.
Il devra constituer l’étape préliminaire à suivre pour rétablir la confiance et engager le dialogue social destiné à dépasser les choix politiques et économiques qui se posent au pays et qui n’est pas du ressort des techniciens cela va de soi.

Mis à part le déficit de confiance, rien ne peut réellement s’opposer à la reprise du dialogue entre les diverses parties.

Que ces diverses parties sachent que plus d’un Tunisien en a ras le bol.


samedi 23 mai 2015

Mon conseil pour les jeunes (et les autres) : suivez les émissions de Youssef Seddik

22/05/2015
Je ne puis m’empêcher de vous faire part d’une émission radiophonique, relativement nouvelle ( 3aal ALLAH ) dans laquelle M. Mohamed Salah Labidi invite, chaque vendredi, dans une causerie religieuse, à 14 heures, Youssef Seddik.
Je souhaite longue vie à ce savant qui nous aide à « lire » le Coran, dans un langage accessible.
Le témoignage de la femme, l’héritage, le voile et bien d’autres questions, qui taraudent notre jeunesse sans qu'elle soit en mesure d'y répondre parce qu’elle  fait une lecture superficielle et littérale du Coran.
 Les causeries de Youssef Seddik peuvent les y aider grâce à sa connaissance approfondie du sens des mots, des idées et  surtout de l’environnement qui les a vus naître.
N’avons-nous pas besoin, dans ces circonstances tumultueuses ou tout est remis en cause par ceux qui prétendent tout connaître, d’une  lecture de la « sunna » et surtout du Coran faite par l’un de nos éminents savants ?
 Que Dieu lui accorde longue vie pour qu’il ait le temps de faire justice de certaines informations reçues et véhiculées par certains, surtout que son argumentaire reflète la culture, la profondeur de vue et la logique ce qui vous conforte dans le choix que vous avez fait de votre religion, qui vous en rapproche davantage et crée une passerelle entre les musulmans et les autres.
Mon idée n’est pas de faire du prosélytisme religieux mais d’attirer l’attention, surtout des jeunes, et même des moins jeunes, sur cet espace qui s’adresse beaucoup plus à la raison.
 Libre à chacun de croire ou non, cela va de soi, mais cela n’est pas mon propos.
En effet, c’est par ces actions en profondeur que nous pourrions prévenir la jeunesse des dérives qui conduisent  à  l’intolérance, à la violence et au terrorisme car la seule action sécuritaire est à elle seule insuffisante.
En attendant que les autorités daignent enfin mettre en place une télévision culturelle, j’adresse un appel à la ministre de la culture et aux dirigeants des chaines de TV pour que ce genre d’émission, et particulièrement celle de Monsieur Youssef Seddik, ait une plus large audience car elle contribue incontestablement à éradiquer le terrorisme à sa base. 
Nous n’avons pas de temps à perdre pour que ce savant ait le loisir d’exposer sa lecture du coran avant qu’il ne soit trop tard.

Souhaitons-lui longue vie.




lundi 4 mai 2015

Et si tout le monde aidait le Gouvernement Essid ?

Et si tout le monde aidait le Gouvernement en place?
Rien ne nous empêche de le faire si chacun de nous avait pour seule préoccupation, l’intérêt national, surtout que le pays est exsangue et que les réformes structurelles deviennent de plus en plus urgentes. Sans réformes, le recours à l’emprunt extérieur qui a déjà atteint un niveau important, dépasserait le standard européen des 60% de Maastricht.
Les syndicats ne peuvent plus demander, sous la pression de grèves, surtout avec des arrêts de travail, parfois très importants, des augmentations salariales  quoique justifiées par le renchérissement du coût de la vie mais qui occultent le fait qu’une frange de la population est en dessous du seuil de pauvreté ou est au chômage.
Ils ne peuvent accepter que ces augmentations soient financées  par un endettement extérieur de moins en moins soutenable et une production et une productivité en baisse. A vouloir trop tirer sur la corde, elle risque de se briser.
Ce qui a été donné d’une main sera repris nécessairement par l’autre car l’inflation sera au rendez-vous.
Je pense que les économistes de l’UGTT le savent et l’appréhendent. C’est donc pour eux une raison suffisante de réviser leur conception de la grève qui ne doit plus se manifester exclusivement par des arrêts du travail.
Je crois que le pays est à la croisée des chemins et, le Gouvernement, l’UGTT et l’UTICA le savent fort bien.
A cet égard, les discours du premier mai  tenus par les divers responsables sont  assez révélateurs  car il faut aller bien  au-delà de certaines attaques verbales qui se révèlent être d’un passé que nous espérons révolu.
La tiédeur apparente de ce Gouvernement, entendez par là l’absence de mesures structurelles lourdes de conséquences sociales, s’explique, à mon point de vue, par le fait qu’il n’a pas trouvé de soutien politique pour les engager.
Je suis sidéré par l’attitude d’une certaine opposition qui se prétend socialiste qui crie déjà à l’échec de la politique de ce Gouvernement. Certains prédisent sa refonte prochaine, voire sa chute d’ici la fin de l’année, mais personne ne semble penser aux conséquences néfastes sur l’économie et le bon déroulement du processus démocratique qui a besoin d’être consolidé.
J’y vois-là, malheureusement, un manque de maturité politique qui cache une volonté d’accaparer le Pouvoir pour en faire je ne sais quoi car les problèmes seront toujours là mais avec certainement plus d’acuité.
L’image du trio sur le quotidien « le Maghreb »,  avec BCE posant  le bras sur les épaules de H.Abassi , en présence d’Essid, me laisse penser que le Président de la République  a usé de son Pouvoir moral pour que la centrale syndicale réincarne un brin de nationalisme à la « Hached » dans son combat légitime pour améliorer les conditions des salariés.
Le retour au dialogue a été, je pense, consacré par la rencontre du 1er mai et des décisions qui ont été prises, à savoir la réactivation du Pacte national (social ?) et la création d’une sorte de « Conseil économique et social ».
Cette nouvelle dynamique devrait être consolidée par les médias qui devraient, toutes tendances confondues, privilégier tout ce qui rapproche les organisations nationales,  tout ce qui concourt à  assurer une large diffusion de l’esprit de dialogue, d’entente, et des valeurs du travail en perte de vitesse, malheureusement, dans notre pays.
En attendant la formation du « Conseil économique et social » convenu, nos experts qui nous ressassent, à longueur de journée, que la situation du pays est catastrophique tout en omettant  de faire état des progrès réalisés, si minimes soient-ils, devraient, s’asseoir autour d’une table avec ceux de la Centrale syndicale, des organisations patronales (UTICA & CONNECT), ceux du Gouvernement et des principaux partis politiques, pour s’accorder, une fois pour toutes, sur les chiffres de notre économie et les mesures urgentes qu’il y a lieu d’entreprendre.
En effet, rien ne vaut un diagnostic précis de la situation pour s’entendre sur les mesures qu’il y a lieu de proposer avec force au Gouvernement.
La priorité serait donnée, à mon avis, à tout ce qui peut engendrer du cash, à savoir la reprise immédiate de la production et des exportations de phosphates et de ses dérivés.
A cet égard, la  franche collaboration de l’UGTT et des élus  locaux de gauche (Hajji, Amroussia ) est des plus précieuses. Elle est requise et serait un révélateur de la bonne foie de toutes les parties.
Le tourisme générera aussi du cash.
A cet égard, le citoyen devrait soutenir les efforts des municipalités pour que, au moins, les espaces visités par les touristes redeviennent propres. Nous remarquons déjà des efforts engagés, dans ce sens, réalisés par des groupes de jeunes qu’il y a lieu de soutenir, d’encourager et de multiplier.
Nous ne perdons absolument rien à garder propres les rues où nous avons élus domicile et nous abstenir d’y jeter tout ce qui peut les polluer (mégots, sachets en plastiques, bouteilles vides, piles, objets divers etc) en attendant que les contrevenants soient sanctionnés pécuniairement comme cela se fait sous d’autres cieux.
Les médias sont appelés à réviser les informations données sur le terrorisme en ramenant les faits à leur réelle valeur et en les  accompagnant, si besoin est, d’une carte qui indique le lieu où les faits terroristes se sont produits, tout en rappelant à des journalistes étrangers aux aguets, amis ou non, que les lieux touristiques sont bien loin, sont hautement sécurisés et que l’incident du Bardo  est clos puisque les visites du musée ont repris de plus belle.
Une campagne vidéo pourrait être réalisée.
C’est en joignant l’image à l’écrit et au son que les médias, dans un élan national,  pourraient booster un tourisme moribond plutôt que de ressasser que la saison touriste est perdue d’avance ce que nous refusons d’admettre.
La « révolution » n’a pas encore pu engendrer l’élan qui lui est propre qui porte le citoyen, digne de ce nom, à se remettre en cause et à retrousser ses manches plutôt que d’être à l’affût des informations pétillantes sur tel ou tel personnage politique et de s’en tenir là. Nous avons été  assez gavés de ce genre d’informations superficielles qui parfois touchent à la dignité des uns et des autres et cela ne nous fait plus ni rire, ni sourire.
Pour faire du buzz, cherchez ailleurs!
Nous  sommes capables de cet élan. N’avons-nous pas défendu nos rues et ruelles au lendemain du 14 janvier 2011 sans que personne ne nous y incite à le faire ? Notre vie et celle de nos enfants étaient en jeu me diriez-vous?
Elle l’est aujourd’hui s’il n’y a pas de relance économique. Cela doit être clair dans nos esprits.
Les urnes ont dégagé une majorité qui est au Pouvoir. Elle a désigné la personne idoine qui pourrait diriger les affaires du pays. En bons démocrates acceptons le choix des urnes. Suivons-la dans ses pas pour qu’aux prochaines élections elle rende des comptes.
Pour le moment, nous n’avons d’autres choix que de soutenir l’équipe en place pour qu’enfin l’économie redémarre car il y va de l’intérêt de tous et ce serait bien dommage que le capital confiance que les pourvoyeurs de fonds et nos partenaires  ont mis dans notre pays soit dilapidé par une cécité politique,  une avidité excessive et avant terme  du Pouvoir ou simplement par la rancune politique du perdant.


jeudi 16 avril 2015

Je suis inquiet pour ma Tunisie


Je suis inquiet sur le sort de mon pays. Je souhaite être le seul à l'être. Loin de moi l’idée d’incriminer les personnalités, qui à tous les niveaux, ont la charge de diriger mon pays. Je le vois. Elles se démènent, elles travaillent, elles contactent le peuple, elles parlent, elles décident…mais je ne vois pas cette lueur d’espoir qui me tranquillise sur le devenir de mon pays, lorsque je vois chaque problème abordé.
J’ai l’impression qu’il n’y a pas de capitaine à bord et donc pas de ligne et de cadres directeurs qui me permettent de savoir que nous sommes sur le bon chemin.
Je ne perçois pas la main de fer dans le gant de velours dont le pays a cruellement besoin.
J’ai l’impression qu’on ne sait pas où nous allons. J’ai l’impression que le diagnostic n’a pas encore été fait. J’ai l’impression que les mesures qu’on prend ici ou là ne répondent pas aux véritables besoins et qu’on ne distingue pas bien l’urgent du moins urgent car tout urge.
 Peut-être que le Plan de développement qu’on concocte nous permettra de voir plus clair et nous servira de fil d’Ariane pour sortir du tunnel sans grands dommages.
J’impute ce malaise, notamment, au choix du régime politique que la «troika» a imposé au pays sous le couvert d’une légitimité politique acquise par les urnes. Je crie haut et fort que notre pays n’est pas mûr pour un régime parlementaire et qu’il fallait reconduire le régime présidentiel moyennant l’instauration de garde-fous.

 C’est trop tard?

Je crois qu’avec un Président fort, bien des décisions auraient pu être prises sans trop de palabres. Le pays a besoin beaucoup plus d’actions que de délibérations à n’en plus finir. Plus on discute et plus la situation devient inextricable.

Les exemples abondent. Je ne citerai, par exemple, que celui des problèmes du bassin minier par lequel il fallait commencer vu son urgence.

 Avons-nous encore besoin de plus de plus d’un mois pour tenter d’esquisser des solutions? Les gouvernements précédents n’avaient-ils pas étudié la question? L’avaient-ils mal étudiée? Avaient-ils opté pour des solutions inappropriées?

Aujourd’hui, croit-on résoudre les problèmes de production et d’exportation en créant deux nouveaux postes de responsables sur place, qui viendront alourdir, outre mesure, les charges de la CPG sans que leur action puisse ouvrir de nouveaux horizons pour la CPG, le bassin minier et le pays? Je ne le pense pas.

Il fallait commencer par convoquer les éléments sur place qui ne font que jeter l’huile sur le feu pour des raisons, je crois, politiques et les mettre devant leur responsabilité.

 Il faut qu’ils soient amenés à demander, d’abord, aux ouvriers de reprendre leur travail.
Un gouvernement ne doit pas discuter sous la menace des mouvements de foule devenus légion dans ce pays.

L’Etat conviendra avec les salariés qui ont repris le travail que la CPG sera auditée sur le plan social, administratif, financier et technique sans que cette opération ne doive s’éterniser et que s’il  y aurait des responsabilités avérées, des sanctions immédiates seront immédiatement prises.

L’audit dégagera des propositions d’aménagement au niveau de la gestion à tous les niveaux (équipements à renouveler, limitation du personnel, encadrement, problèmes liés au transport du phosphate par chemin de fer…).
Au nombre des propositions devra figurer, en bonne place, l’ouverture du capital de la société aux salariés sous forme d’avances sur les recettes à produire.
Une fois la CPG, sans sureffectif, sera en mesure de produire, de vendre et d’exporter, une partie importante des bénéfices, devra servir à développer la région du bassin minier.

 L’Etat devra s’y engager.

Lorsqu’on a une entreprise qui est proche de la faillite et qui perd quotidiennement de l’argent faute de production, l’Etat n’a rien à perdre en faisant participer les salariés à la gestion de la CPG et en consacrant  une grande partie de ses revenus à la région qui a tant souffert.

 Ces revenus serviront à  l’amélioration de l’environnement sanitaire, la construction et l’équipement d’un hôpital, l’alimentation de la région en eau et le développement de l’agriculture là où on pourrait le faire.

Qui refuserait-il ce deal? A-t-on besoin d’un génie pour faire cela ? Le temps urge et cette bombe à retardement risque d’éclater, car il y a certainement des pêcheurs en eau trouble et d’amateurs de populisme politique qui peuvent presser sur le bouton.

Article publié dans Leaders.com le 15/04/2015
mokhtar el khlifi