Je dis aux dirigeants libyens attention aux positions extrémistes. Nous avons fondé de gros espoirs sur la révolution libyenne que nous soutenue de toutes nos forces. Les tunisiens pensent encore aujourd’hui qu’il est possible de constituer effectivement une zone de libre-échange entre nos deux pays, voire même, une union économique et monétaire ne pouvant reposer que sur le respect des libertés. Mais nous voyons, d’ores et déjà, planer quelques nuages annonciateurs de forces tirant la Libye vers l’arrière. A cet égard, mes craintes se fondent sur deux décisions que viennent de prendre les autorités politiques du pays. La première est l’enterrement en plein désert de Kadhafi sans la présence des siens. Nonobstant le fait que ce personnage est un tyran et a les mains tâchées de sang, le vainqueur n’a pas le droit de traiter ainsi un cadavre. Ce traitement barbare est contraire à nos principes religieux. La seconde décision grave est l’annonce de l’application de la loi islamique notamment en matière de statut personnel et de taux d’intérêt. A l’actif de Kadhafi figure l’interdiction de la polygamie et le recours aux tribunaux pour le divorce ! Je constate, que sous la pression des oulémas libyens, il y a, précipitamment, un retour en arrière et c’est dangereux .Quant au remplacement des banques classiques par des banques islamiques, la décision n’est pas réfléchie. Nonobstant le fait qu’il y a une sacrée différence entre le taux d’intérêt et l’usure, il fallait plutôt faire coexister les deux systèmes et c’est au citoyen de choisir sa banque.
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