01/09/2014
A la
dernière question que lui a posée Leaders, «que diriez-vous
aux Tunisiens?», BCE a répondu textuellement : «Maintenant, avec toutes
ces évolutions connues par le pays, nul n’a plus l’excuse de l’ignorance.
L’avenir de la Tunisie est entre vos mains. Vous en êtes responsables et vous
en serez comptables. Votez, et votez en plébiscitant un projet d’avenir et non
une personne.»
Cela
donne à réfléchir à plus d’un d’entre nous.
Ce qui me
revient à l’esprit c’est ce qui s’était passé début 2011.
Certains
voulaient , à juste titre, amender la Constitution de 1959 en introduisant les
garde fous nécessaires pour éviter les dérives qu’ont connues les présidences
précédents le 14 janvier 2011 et, sans perdre de temps, se mettre au travail,
les autres, qui n’ont aucunement fait la «révolution» ont préféré la
mobilisation de la rue (Kasbah 1, 2) pour imposer une option différente,
préférant l’élection d’une assemblée constituante et marquant ainsi leur
décision de faire table rase du passé, appuyés en cela, malheureusement, par
des personnalités politiques connues qui avaient, sans doute, des comptes
personnels à régler.
Lors de
la rédaction de la nouvelle constitution par l’ANC, je retiendrai, avec une
profonde amertume, l’intervention d’un jeune député, qui fort de son diplôme en
droit public, a voulu partir d’une feuille blanche, rejetant le projet de texte
préparé par l’équipe du professeur Ben Achour avec lequel il n’a pas été
publiquement très aimable.
L’histoire
retiendra que ce second choix a été le plus mauvais. Peut-être
qu’il y aura, un jour, des procès publics à faire à ceux qui n’ont pas vu
juste, vu les lourdes conséquences qu’ils nous ont fait subir?
L’économie
a souffert et souffre terriblement encore. La Tunisie est fortement endettée.
L’Etat est en déliquescence. Le pays est terriblement divisé. Le terrorisme est
solidement implanté dans notre pays, voire dans certains de nos esprits. Notre
modèle de société a été remis en cause et la mauvaise graine a été
plantée dans nos mosquées et dans l’esprit de nos enfants.
Il va
donc falloir une patience de sacristain pour recoller les morceaux.
Personnellement,
je n’ai plus «l’excuse de l’ignorance» et j’ai vraiment peur pour mon pays.
Certes, je voterai, contre vents et marées, pour le parti que je jugerai en
mesure de sauver le pays, mais je ne suis pas sûr de ce que les urnes nous
réserveront finalement et qui pourraient, sans un sursaut salvateur, nous
replonger dans la situation que nous avons vécue, avec de surcroît, une
continuité d’au moins cinq ans, sinon plus.
La
réponse de BCE est terrible, car lourde de sens. Nous sommes face à un nouveau
choix historique, semblable à celui de l’année 2011.
Puisse
Dieu, cette fois, éclairer la lanterne des prétendants au Pouvoir et ils sont
nombreux, aussi bien au Parlement qu’à la Présidentielle !
Puisse
Dieu, cette fois, éclairer la lanterne de chaque électeur et le mettre à l’abri
des influences, de tout genre, pour qu’il vote en son âme et conscience dans
l’intérêt du pays!
Je me
méfie du vote de certains électeurs. Certains intellectuels qui
croient comprendre tout ce qui se passe autour d’eux, mais qui tirent des conclusions
hâtives, car certaines données leur échappent, faute d’une bonne communication.
Je me
méfie aussi de ceux qui mettent tout le monde dans un même sac et ont opté pour
le vote en blanc ou encore vont briller par leur absence, le jour
historique, des élections, par peur ou conviction.
Je me
méfie encore et surtout du concitoyen analphabète et dans le besoin, peu au
fait des enjeux, et qui, pour un peu d’argent, ou en lui faisant vibrer
la fibre religieuse, sera prêt pour voter pour vous. N’a-t-il pas été établi
que dans certaines régions, certains de nos concitoyens n’ont pas hésité
à soutenir les terroristes en les approvisionnant en fournitures et en
renseignements?
J’ai
aussi des doutes sur la capacité de l’ISIE 2 à réaliser des élections transparentes
vu notamment la limite des moyens humains dont elle dispose pour contrôler les
financements des partis et le déroulement d’un scrutin transparent.
L’ISIE 2
nous révèle que l’électeur aura affaire à 1500 listes électorales pour les
législatives contre 1662 en 2011, réparties sur toute la République, un
véritable casse-tête qui va se répéter.
Pour la
Présidentielle, on se bouscule aussi et la liste ne cesse de s’allonger.
Une quarantaine nous dit-on et la liste n’est pas close ! Cela vous donne l’envie
de vous présenter. Pourquoi pas moi diriez-vous ?
Chacun,
et somme toute c’est son droit, se sent en mesure de nous représenter.
N’ont-ils pas assez de modestie pour relever que d’autres qu’eux pourraient
bien les représenter et peut-être mieux? Que cherchent-ils en fait? le Pouvoir?
l’argent? la gloire? Influencer en leur faveur le cours des événements?
Mais, l’intérêt du pays, y a-t-on vraiment pensé?
Pour «
plébisciter ce projet d’avenir et non une personne »,je m’adresse à
l’ISIE pour qu’elle demande à chaque parti de lui présenter, avant le début de
la campagne électorale, son programme, s’il en a un, et de faire savoir à
l’électeur le parti qui refuse ou ne peut pas se plier à cette exigence.
Ces
programmes seront condensés, par les services de l’ISIE, dans un document
permettant de faire une comparaison, rubrique par rubrique, de la position
précise de chaque parti sur chaque point.
Ces
rubriques permettront d’avoir la position de chaque parti sur notamment, le
drapeau national, oui le drapeau national, car certains l’ont remplacé par un
fanion noir, le rôle de la religion dans la politique, les acquis de la femme,
les principaux choix économiques, la politique de l’énergie et de l’eau,
l’environnement, les investissements prioritaires, l’éducation et la formation,
les relations politiques et économiques extérieures, les maux qui rongent notre
société (stupéfiants, proxénétisme, contrebande, terrorisme), la santé etc.
On
devrait également pouvoir disposer des CV et de la photographie de chaque candidat
surtout au futur parlement.
Ce
document comparatif qui devra recevoir bien entendu l’aval de chaque parti et
qui sera mis à la disposition des médias sera très utile pour aider l’électeur
à faire son choix car, soyons sérieux, ce ne sont pas les quelques minutes à la
TV qui nous donneront une idée précise et complète sur le programme de chaque
parti.
Je
voudrais enfin dire que plus d’un politicien attendait la position
officielle et définitive de BCE et se préparait à la conduite à suivre.
C’est fait.
BCE se présente à la Présidentielle. Peut-être que certains l’y ont poussé en
menaçant sa vie. Les uns s’en réjouissent, d’autres non et c’est normal.
Ce que je
souhaite, c’est que certains candidats aient le courage, la clairvoyance, le
bon sens et le sens des responsabilités et de l’intérêt national pour se
retirer et sauver la face s’ils estiment, en leur for intérieur, ne pas être à
la hauteur des enjeux politiques et économiques qui se posent.
A mon
humble point de vue, l’électeur aurait à choisir entre trois candidats tout au
plus. On devrait s’attendre à un candidat d’Ennahdha dont le projet de société
est connu et nous en avons eu un avant-goût des plus amers.
Un
second candidat qui défendra un projet de société nettement à gauche
complétement déconnecté de la réalité du siècle, orienté plutôt vers la
redistribution des richesses qui nous conduira vers une nouvelle impasse.
Le
troisième candidat aurait pour objectif principal de consolider notre
modèle de société, de rétablir la confiance dans les institutions de l’Etat
tout en les réformant, de sauvegarder les libertés, d’établir un plan de lutte
crédible contre le terrorisme, d’unir les tunisiens et de redresser notre
économie qui sera orientée vers le travail, la production, la productivité et
la redistribution des richesses une fois produites.
Pour les
législatives, le constat est amer car il y a trop de listes alors que les
enjeux politiques et économiques sont clairs ce qui aurait dû
inciter certains partis à opérer des regroupements. Les intérêts personnels ont
prévalu et c’est bien dommage.
Que les
jours avenir nous réservent d’agréables surprises et nous fassent la
démonstration que nos politiciens ne manquent pas de réalisme politique et du
sens de l’intérêt national.
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