09/05/2016
Encore une fois, je parlerai
de Si Youssef Essedik.
Je l’ai écouté, dans sa très
courte émission hebdomadaire sur la radio nationale, ce vendredi 6 mai 2016,
vers 14 heures. Il a émis son point de vue sur l’héritage, un livre qui a
fait beaucoup de bruit livre sur les derniers jours de Mohamed, la prière du
Vendredi et l’apprentissage du Coran…C’est un véritable plaisir de l’esprit.
Pour moi, Si Youssef restera
un savant musulman, perspicace, courageux, animé par la volonté de réconcilier
le tunisien avec sa religion.
On y voit sa volonté à
vouloir remettre en cause certains acquis qui nous ont été légués par les
savants qui nous ont précédés tout en nous précisant ses sources
que tout un chacun pourrait consulter et surtout tout en nous invitant à en
débattre.
On ne peut être plus sûr et
plus honnête intellectuellement.
Ses arguments sont, à mon
humble avis, implacables, car ils s’adressent à la raison.
S’adressant au Cheikh Battikh
qui s’abrite dérriére un verset clair et sans équivoque du Coran pour justifier
certaines règles de l’héritage, il lui demande avec insistance de lui répondre
sur certains autres versets, tout aussi clairs, tel que, par exemple ,
celui qui parle de la libération d’un esclave pour réparer des manquements. La
société actuelle compte-t-elle encore des esclaves lui dit-il ? Que faire ?
Ne devrions-nous plutôt faire
fonctionner nos méninges? Dieu ne nous a-t-il pas créé libres ? Dieu ne nous
a-t-il pas dit que notre prophète Mohamed est le dernier de ses messagers
? Dieu ne nous a-t-il pas insufflé ce quelque chose de précieux qui nous
distingue de tous les êtres et qui fait que nous pouvons aspirer à être ses
véritables représentants sur cette terre ?
Je crois que la renaissance
de la civilisation arabo-musulmane sera conditionnée par une relecture de notre
Coran car le temps des études exégétiques, faites par des hommes comme nous,
est dépassé.
A chaque époque, ses savants.
Sachons les écouter et tirer parti de leurs recherches.
Ce qui me tracasse c’est
l’absence de volonté politique pour ouvrir, à ce savant, toutes grandes, les
portes des médias surtout publics avant qu’il nous quitte prématurément.
Un programme, bien à lui,
avec des débats contradictoires pourrait être une mesure courageuse et urgente
à prendre à la veille du mois de Ramadhan.
Rappelez-vous que sa très
courte intervention radiophonique hebdomadaire a été suspendue à la veille du
mois de Ramadhan précédent. Elle n’a repris qu’au forceps.
Je crains qu’elle ne soit,
encore une fois, suspendue, voire supprimée définitivement, cette année, avec
ce nouveau Ministre des affaires religieuses qui n’a pas encore « nettoyé » ses
mosquées et qui croit qu’en apprenant, bêtement, à nos enfants, le Coran, le
pays combattra les extrémismes.
A l’appui de ce que
j’appréhende, rappelez-vous ce que vient d’écrire un haut responsable
d’Ennahdha dans un post « facebook ».
Oui, cet ancien ministre avait osé écrire que les émissions de Si Youssef Essedik ne lui apprennent rien et qu’il ne perd rien à ne pas les entendre.
Oui, cet ancien ministre avait osé écrire que les émissions de Si Youssef Essedik ne lui apprennent rien et qu’il ne perd rien à ne pas les entendre.
Voilà qui dépasse
l’entendement et qui augure d’une pente dangereuse à emprunter par ceux qui ont
encore des mains qui tremblent.
Abassi ne vient-il pas de
déclarer que le chef du Gouvernement est soumis à la pression de certains
partis politiques qui contestent certaines de ses prises de position ?
Je pense, dur comme fer, que
le pays a besoin d’un gouvernement de technocrates et non de politiciens qui ne
voient pas plus loin que le bout de leur nez.
Rétrécir l’accès des médias,
voire supprimer leur accès à si Youssef serait une tentative trop dangereuse.
Se limiter à ses écrits,
c’est retarder la libération des esprits. Oui, je préfère de loin que de son
vivant il mette à la portée, du grand public, et surtout aux moins
de 40 ans, le résultat de ses réflexions profondes.
Nous avons un cruel besoin de
relire notre Coran pour nous rapprocher davantage de notre religion dont nous
sommes fiers.
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