J’espère que les jours à venir démentiront ce sombre présage, mais
aujourd’hui au vu, du peu qu’on nous
laisse voir, je crois que l’avenir me parait incertain, voire houleux.
D’abord, il y eut, une volonté
claironnée de former un Gouvernement d’Union Nationale. Le résultat est plutôt
médiocre. L’allié d’hier qui claque la porte faute de ministres, Ennahdha et Nidaa qui imposent plusieurs de leurs
candidats à des postes clefs, un Front Populaire qu’on a pas réussi à
convaincre, des partis sans poids politique réel qui entrent au Gouvernement,
un centre gauche sur le bord de la route…
Est-ce ce là le véritable et solide
support du Gouvernement national promis ?
Monsieur Youssef Chahed donne la
très regrettable impression qu’il n’est pas le seul maître à bord vu les
pressions qui sautent aux yeux qui s’exercent sur lui de toutes parts. Si à ses
débuts il est si fragile, que fera-t-il demain lorsqu’il aura à prendre les
décisions qui s’imposent au pays et à la situation ? Saura-t-il les
prendre ?
Au risque de faire perdre un peu
plus de temps au pays, je lui suggère de revoir sa démarche où celle qu’on lui
a imposée ou de rendre le tablier. La démarche n’est pas la bonne. Bourguiba,
pour revenir à ce géant de notre histoire qui a eu le pêché de n’avoir pas
acquis une formation d’économiste qui nous aurait épargnée la triste et
regrettable expérience des coopératives suivie d’une collectivisation à
outrance qui a fait perdre au pays du temps et de l’argent.
Aujourd’hui, le maitre de Carthage
ignore tout de l’économie, comme Bourguiba. Il ignore surtout qu’on ne peut
relever le pays de ses cendres seulement en faisant des acrobaties politiques
mais en prenant à brale-corps les problèmes financiers et économiques du pays.
Il ne fallait pas se limiter à la
confection du fameux accord de Carthage qui demeurera lettre morte car il ne
contient que des idées générales sur lesquelles personne ne peut ne pas être
d’accord.
A monsieur Chahed de réparer très
vite cette lacune en donnant un sérieux contenu à cet accord.
Il n’y a rien de mieux que de réunir en congrès
les experts de toutes les organisations nationales, de tous les partis
politiques, de ceux du Gouvernement en les enrichissant par des universitaires, dans une réunion,
strictement technique, pour dégager les
déficiences réelles de notre économie et de s’entendre sur les moyens à mettre
en œuvre en parant au plus pressé.
Cela ne demandera pas trop de temps
depuis qu’on mâche les problèmes et qu’on ébauche des solutions mais chacun de
son côté.
Je suis sûr qu’à l’abri des pressions
politiques ces experts pourront faire le bon diagnostic et rédiger la bonne
ordonnance.
J’en ai acquis l’intime conviction en écoutant
aujourd’hui sur Express FM un responsable du watad, Zied Lakhdhar.J’ai cru
comprendre que ce n’est pas tant l’idéologie que le défaut
de communication qui bloque tout.
Une fois l’accord de Carthage revu
et corrigé, un plus grand nombre de parties le signeront.
Le problème du choix des profils deviendra alors secondaire et on arrivera à s’entendre
très vite sur les profils idoines sur la base de la compétence essentiellement.
Monsieur Chahed devrait reprendre
son entière liberté de choisir les personnalités en mesure de s’intégrer dans
son équipe et capables de concrétiser les objectifs tracés par l’atelier des techniciens d’horizons
divers.
Ce qui sortira de cet atelier, ce ne
sera pas le libéralisme à outrance, ni l’appropriation des moyens de production
et la chute de la productivité.
Au choix des personnes en fonction
de leur appartenance politique, on choisira l’homme ou la femme qu’il faut à la
place qu’il faut. Le Gouvernement ne pourra que gagner en cohérence et en
efficacité et on n’aura pas besoin de toute cette armada de ministres et de
secrétaires d’Etat.
Messieurs, qui avaient eu la chance
de détenir les rênes du Pouvoir, n’avez-vous pas encore compris ce à quoi nous
aspirons?
Si rien de tel ne sera pas fait de
sitôt, j’ai grand peur pour l’avenir de nos enfants, car nous serons dans
l’incapacité, manifeste, de poser les véritables problèmes et d’apporter les
vraies solutions.
23/08/2016
Mokhtar el khlifi
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