A ceux qui ont créé de
nouveaux partis ou projettent d’en créer, je dis que vous faites erreur
nonobstant les arguments que vous invoquez.
Est-ce que le pays a besoin,
dans les circonstances actuelles, d’accroître l’effritement de ses forces vives ou
plutôt leur rassemblement face aux grands défis de l’heure?
N’y a-t-il pas une véritable pléthore de partis politiques suite au mauvais choix de la loi électorale ?
Faute d’un financement
préalable public, Il est à craindre que seuls certains pourront en créer, ce
qui fausse le jeu démocratique et favorise, en dehors de toute transparence, l’intervention
de parties dont les intérêts ne coïncident pas forcément avec ceux de la
population. L’ARP a commis une grave erreur sur ce plan.
L’électeur, surtout celui qui n’a pas un
véritable bagage politique, se perd dans le nombre de plus en plus grand de
partis qui tous lui promettent monts et merveilles.
Chat échaudé craint
l’eau chaude dit-t-on. Et le bon sens a prévalu puisque les sondages d’opinion
révèlent qu’un trop grand nombre d’électeurs a décidé de ne pas aller voter.
Déjà une grande partie des citoyens en âge de
voter, surtout les jeunes, ne se sont pas fait inscrire sur les listes
électorales au cours des élections précédentes. Qu’est-ce qui les fera changer
d’avis au vu des maigres réalisations de la coalition au Pouvoir ?
On leur dira certainement qu’on fera beaucoup mieux que ceux qui nous ont précédés au Pouvoir
depuis six ans. Peut-être sont-ils de bonne foi et que certains pourraient leur
accorder un préjugé favorable quitte à se mordre les doigts après. D’ailleurs,
plus d’un d’entre nous a accordé ce préjugé favorable à BCE et à son équipe.
Nonobstant son alliance inattendue et contre nature avec ses rivaux politiques d’hier que
voyons-nous ? A-t-il gagné son défi ? Certes, des progrès indéniables
mais trop lents ont été réalisés surtout en matière de défense mais Chaanbi et
Semmama continuent encore à être des zones de non-droit. Notre économie piétine
encore. Au rythme attendu des taux de
croissance de l’économie projetés, il nous sera difficile, dans les prochaines
années, d’inverser la courbe du chômage. Par ailleurs, notre modèle sociétal
est sur une corde raide d’après ce que l’on voit sur le terrain. Il nous semble
qu’on s’achemine vers la consolidation d’Ennahdha sur le terrain avec la bénédiction de Nidaa ou de ce qu’il en reste
et qu’on l’aura au Pouvoir pour plusieurs années encore.
Par quelle baguette magique
les nouveaux partis parviendront-ils à
inverser ces tendances, à rétablir rapidement les équilibres financiers du pays,
à booster l’investissement en commençant par le national, à arrêter la chute du
Dinar, à rééquilibrer nos caisses sociales déficitaires et à engager les
réformes tant attendues dont celle de la
justice, de la fiscalité, de l’administration sans occulter une lutte véritable contre le
fléau de la corruption ?
Tous les partis crées et à
naître connaissent l’amère situation du pays et n’ont nullement besoin de
réaliser des études approfondies. Mais comme leur véritable objectif inavoué est d’accaparer
le Pouvoir, ils font tout pour hâter sa chute.
Sachant qu’il sera ma foi
difficile pour les nouveaux partis de réunir un électorat significatif ex
nihilo, en peu de temps, à la manière de Nidaa de BCE à ses premières heures,
ils vont essayer de grignoter sur l’électorat des autres partis centristes qui réagiront à
leur manière pour se défendre. Il est à craindre que les manœuvres électorales, non
démocratiques, vont se développer
crescendo.
C’est pourquoi je dis que l’intérêt
supérieur du pays nous commande de faire l’économie de ces luttes intestines
pour le Pouvoir.
Si les intentions de toutes les parties sont
véritablement bonnes, à gauche comme à droite, c'est-à-dire tirer le pays du
marasme dans lequel ses enfants l’ont plongé, il faudrait plutôt unir leurs
efforts au lieu de contribuer à leur dispersion.
C’est le rôle dévolu
normalement à une ARP issue réellement
d’un mode de scrutin qui exprimerait la
volonté populaire des différentes couches de la population ce qui n’est pas le
cas actuellement.
Si le régime choisi eut été
un régime présidentiel, avec les gardes fous nécessaires, peut-être ne
serions-nous pas dans cette situation.
Pour remédier à cette
déficience du Pouvoir qui ne manquera pas de s’accentuer si la couleur de l’ARP
deviendrait demain différente de celle de l’exécutif, la société civile doit de se mobiliser pour impulser les changements nécessaires.
Les adhérents aux partis politiques en place qui
ne sont pas contents de la façon dont sont conduites les affaires de l’Etat et
ceux qui pensent adhérer à de nouveaux partis à créer, pourraient se réunir en Congrès
pour arrêter les choix qui s’imposent et les mesures concrètes à prendre.
Dans ce Congrès on y
trouvera non pas une gauche irréaliste, une droite tenant à ses privilèges, ou des
partisans d’idéologies désuètes, mais
des citoyens républicains patriotes
faisant réellement passer l’intérêt du pays avant le leur et donc prêts à des concessions.
Je crois qu’une UGTT, expurgée de ses éléments extrémistes, pourrait avoir la force
de jouer ce rôle de sauveur de la République en parrainant cet aréopage .
L’histoire de l’UGTT, lorsqu'elle était guidée
par Farhat Hached, s’est montrée à la
hauteur des événements.
A une date plus récente, l’aboutissement du dialogue
social qui a sauvé la pays de la guerre civile et a été justement récompensé
par le Prix Nobel de la Paix, est la preuve que l’histoire peut se répéter.
Pour l’élite responsable
l’heure n’est pas à la multiplication
des partis pour détenir les rênes du Pouvoir et défendre certains intérêts,
mais à l’Union des énergies que nous impose le choix de ce régime hybride
caractérisé par une déficience au niveau de la gouvernance.
La société civile, avec à sa tête l'UGTT, se doit intervenir pacifiquement, cela s’entend, pour opérer les redressements
qui s’imposent.
Que voulons-nous au
juste ? L’intérêt du pays ou la prise du Pouvoir à des fins
personnelles? Un militantisme pour sauver la barque avec tout ce qu’elle
transporte ou la poursuite de gains personnels éphémères?
Le bon sens nous commande d' œuvrer pour
rassembler les énergies pour sauver le pays.
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