Le pays est déjà rentré, qu’on le veuille ou non, dans la campagne
électorale, à quelques mois du rendez-vous de fin 2019. On use déjà de certains
médias et on étrangle même des voix sous des prétextes divers. Que
présente-t-on ou que présentera-t-on à l’électeur? des promesses
d’actions politiques et économiques, voire des programmes qui ramèneraient la
prospérité à un peuple dans sa majorité exsangue. L’électeur peut y croire.
A force de matraquage médiatique, les plus réticents pourront finalement y
croire. On pourra leur faire miroiter monts et merveilles. N’avons-nous pas
entendu, lors des précédentes campagnes, certaines voix nous faire espérer la
réduction drastique du chômage ou la liaison de notre pays à l’Italie par
viaduc ou par voie sous-marine ? Certains y ont cru mais ont été déçus et ont
boudé les partis politiques pour les promesses non tenues.
Qui vous dit que les programmes des partis politiques ne seront pas, à
nouveau, un miroir aux alouettes ?
Afin de prévenir cette déconvenue fatale, il importe, à mon humble avis, de
s’entourer de certaines précautions et de compter sur le courage, la compétence
et la responsabilité de nos élites dans la société civile.
Je m’adresse surtout à nos experts pour leur dire que l’électeur attend de
vous de l’éclairer, de faciliter son choix et d’insuffler en lui l’espoir du
renouveau car notre pays est dans une grave crise qui risque de l’enliser
davantage et de lui faire perdre même sa souveraineté.
Comment ? C’est assez simple.
Messieurs Mohamed ben Romdhane (La démocratie en quête d’Etat),
Hechmi Aleya ( Le modèle tunisien), Mustapha Kamel Nabli ( j’y crois toujours..), Tawfik Baccar (Miroir et horizons, Ciped) ont
pris la peine de consigner, récemment , dans leurs écrits, leurs analyses de la
situation économique du pays et ont esquissé, chacun à sa façon, les voies et
moyens de sortir de la crise aigüe que nous traversons et qui est appelée
à s’aggraver si des mesures à très court terme ( et bien entendu à moyen
terme ) ne seraient pas prises sans compter les répercussions sur le processus
démocratique et la Paix sociale.
Je suggère à ces experts, et à d’autres qui voudraient bien s’y joindre, de
se réunir et de tracer clairement et avec précision une analyse succincte
de la situation, chiffres à l’appui, et de dresser les mesures que le
gouvernement élu devra réaliser. Pourquoi pas aussi un ou deux scenarios
?
Ce document commun, à publier, servira de feuille de route pour les futurs
gouvernants. Il servira aussi à l’autorité législative pour suivre la politique
du gouvernement. Par la pertinence de son analyse et ses propositions
cohérentes Il aura l’avantage de redonner la confiance à tous et de faire
renaitre l’espoir d’une reprise économique qui profitera à tous et
surtout aux personnes et aux régions défavorisées.
Donc plus de miroir aux alouettes car la voie du redressement est
toute tracée sans démagogie par nos experts. C’est la voie, la plus globale, la
plus cohérente, la plus courte et la moins onéreuse pour ce peuple qui a tant
souffert. C’est une voie unique.
Si les organisations nationales et les partis politiques y adhéreront
la réussite est assurée.
Mais dans ces nouvelles conditions qui améliorent certainement la
visibilité, pour qui l’électeur votera-t-il, puisque le « programme » est clair
?
L’électeur sera amené à choisir le parti politique qui aura bien entendu
accepter cette feuille de route et surtout qui aura présenté le staff
gouvernemental le plus crédible pour l’exécuter.
La bataille sera donc placée sur le plan de la compétence, de
l’expérience et des mains propres.
La balle est d’abord, dans le camp de nos experts qui devront dépasser
leurs égos et faire taire leurs éventuels parti pris pour se réunir dans un
atelier de travail ouvert. Elle est aussi dans le camp des organisations
nationales qui devront se ressaisir pour tout ce temps perdu .Elle est enfin
dans le camp des médias qui devront abriter les débats contradictoires entre
les partis sur le contenu de la feuille de route et surtout la
composition de leurs équipes au moins dans les principaux postes clés de
l’économie.
Il y a au moins un parti qui a ouvert ses portes aux experts pour
ajuster et enrichir son « programme » contrairement à d’autres qui
sont frappés, jusqu’à ce jour, d’un certain autisme ou d’une certaine
suffisance, tous deux destructeurs.
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