jeudi 30 mai 2013

Le pays n'en peut plus!





2013-05-15
 Publié dans Leaders
http://www.leaders.com.tn/images/images-v2/icone_visite.png1238 Visites au 30 /05/2013

Nous sommes à tout point de vue dans une situation des plus difficiles. Nul besoin d’être versé dans l’économie et la finance pour constater que l’économie  tarde à repartir d’un bon pied, ce qui ne contribue en rien à résoudre les problèmes sociaux  et les disparités régionales qui ont été à l’origine, à titre principal, de  l’insurrection du 14 janvier 2011.

Des dossiers lourds attendent des réponses rapides et efficaces aux problèmes rencontrés par les principales  unités industrielles exportatrices et bien d’autres secteurs de l’économie tel le lancinant problème de la Caisse de compensation, le déficit en fonds propres de  certaines entreprises publiques, le déficit des caisses de sécurité sociales qui fait peser un gros risque sur les pensions de retraite des uns et des autres ou encore la mise en place d’une justice transitionnelle.

L’obstacle à la reprise  économique serait dû à l’incapacité de ce Gouvernement, sans doute très mal conseillé, à prendre les décisions qui s’imposent sur le plan politique et économique pour  rétablir la confiance  des investisseurs privés puis étrangers, laquelle demeure tributaire notamment du rétablissement de la sécurité et d’une plus grande visibilité en matière économique.

Oui, l’investisseur qui voudrait bien  investir a un cruel besoin d’être convaincu qu’à moyen et long terme la situation politique, économique et sociale sera satisfaisante.
Mais à vue d’œil, le Dinar continue de perdre de sa valeur. Le déficit commercial et celui de la balance des paiements se creusent, l’inflation se maintient à un niveau élevé et les réserves de change diminuent et le pays s’endette de plus en plus.
Que faudrait-il de plus pour que le Gouvernement Ennahdha change de politique ?

C’est là un constat d’échec que les ministres occupant les postes économiques assument à titre principal.

Que faudrait-il faire ?
La parole est à nos nombreux experts et universitaires et aux organisations patronales (UTICA, UGTT).
Les propositions ne manquent pas pourvu que ce Gouvernement prenne la peine de les écouter.
A mon humble avis, Il faudrait tout simplement commencer par remanier ce Gouvernement au niveau des postes économiques en recrutant des technocrates ayant pignon sur rue.

 Le pays en compte plus d’une personnalité en mesure d’introduire les changements nécessaires.

Oui, il faudrait s’engager à réviser notre modèle économique de manière à ce que le taux de croissance puisse atteindre, pourquoi pas, deux chiffres ou presque, avec les sacrifices nécessaires.

J’estime aussi que le Gouvernement devrait prendre en parallèle certaines mesures sur le plan politique.

Convenir avec l’opposition, l’UGTT et l’ANC de:
  • La fixation, par voie législative, de la date précise des élections pour fin 2014.Cette date donnera le temps nécessaire à toutes les parties pour préparer des élections transparentes dignes de la Tunisie .Le climat politique sera plus serein et tout le monde pourra consacrer assez de temps pour le rétablissement de la sécurité et la relance de l’économie sur la base de la concertation.
  • L’activation de la mise en place du cadre juridique et des conditions matérielles pour la réalisation de prochaines élections transparentes.
  • L’engagement  résolu de toutes les parties à éradiquer la violence sous quelle que forme que ce soit.
  • L’arrêt des formes de grèves qui bloquent la production et la réintroduction de la culture du travail et du travail bien fait.
  • La Continuité d’assurer aux forces de sécurité et à l’armée leur neutralité active.
  • L’amélioration du contenu des textes juridiques parus ou à paraitre et  notamment celui de la Constitution qui se révèle ne pas être un chef d’œuvre avec mes respects pour ceux et celles qui ont participé à son élaboration. L’avis de nos constitutionnalistes devrait être retenu et il n’y a aucun mal à cela si chacun met de côté son orgueil et les petits calculs du parti  auquel il appartient.
Sachons, une fois pour toutes, que le pays n’en peut plus et que nous craignons pour notre présent et l’avenir de nos enfants!
Mokhtar El Khlifi

Le saut dans l'inconnu




2013-05-06
Publié sur Leaders.com.tn 411 Visites au 16 mai 2013

Plus d’un citoyen constate aujourd’hui que son pays traverse une période des plus difficiles.
Plus d’un d’entre nous est inquiet devant la violence qui y sévit.

Le pays est entré dans la phase des assassinats politiques ( feu Lotfi Nagdh etChokri Belaid ) et des premières victimes du terrorisme islamiste jihadiste.

 L’image du jeune soldat amputé de sa jambe ou bien de celui qui a perdu la vue à la suite de la déflagration de mines,   resteront gravées à jamais dans notre esprit.

Les services de sécurité nous ont  appris qu’ils ont mis la main, ici et là, sur des armes, parfois même très sophistiquées, et sur des dépôts d’armes à Médenine et  même dans la banlieue  de Tunis, à  Douar Hicher.
Aujourd’hui, personne ne croit plus qu’il s’agit de « simples opérations de transit d’armes » depuis l’identification du  camp d’entrainement à  Echaanbi. Ce camp,  et les autres camps qui ne manqueraient pas d’être découverts, sont destinés à former des agents pour des actions violentes à l’intérieur du pays.
Ces islamistes jihadistes qui se préparent militairement sur notre sol à tuer leurs concitoyens, ou au moins à leur faire peur, sont encouragés et financés par qui ?

C’est là une question fondamentale à laquelle le Pouvoir se doit de répondre.

Et si ces agents visaient à empêcher que l’opposition ne parvienne au Pouvoir  à la suite des prochaines élections?

Et si ces agents visaient aussi à « réislamiser » par la force les tunisiens à la mode wahabite ?
C’est un sujet de crainte sur le devenir de notre modèle de société et sur la volonté réelle de poursuivre le processus démocratique engagé tant bien que mal.

L’opposition et la société civile doivent se manifester pour que le Pouvoir en place mette les moyens nécessaires pour arrêter cette dérive dangereuse.

Face à ces camps d’entrainement et aux actions violentes des LPR soutenus par Ennahdha, wafa  et le CPR , il est plus qu’urgent que le Pouvoir en place parvienne à convaincre le peuple qu’il n’est pour rien dans l’implantation de ces foyers insurrectionnels  et dans toutes les autres formes de violence.

 Nous ne demandons que cela pour tourner cette page noire de notre histoire.

Concrètement ,si le Pouvoir en place n’a rien à se reprocher, il devra démontrer qu’il est réellement pour le transfert du Pouvoir d’une manière démocratique, qu’il est effectivement pour un Etat civil qui garantit les libertés fondamentales dont la liberté pour chaque citoyen de choisir   sa religion et la façon de la pratiquer, qu’il est pour une Constitution expurgée des «  incohérences et même de certaines aberrations »selon les termes de l’Association tunisienne de droit constitutionnel et l’Association de recherche sur la transition démocratique.
 La porte doit être fermée à double tour contre toute velléité de l’émergence  d’un Etat théocratique ou de toute autre forme de dictature.

Le Pouvoir est appelé à  laisser les mains libres aux forces de sécurité,  aux forces militaires et aux médias  de faire leur travail en toute transparence, jusqu’à la maitrise complète de ces foyers insurrectionnels et la mise au pas des LPR.

Les mesures à entreprendre sont connues de tous, mais la volonté politique manque à nos dirigeants qui continuent de croire, dur comme fer, qu’ils sont seuls aptes à diriger le pays sans le concours de l’autre moitié de la population qui n’a pas voté pour eux.

Le recadrage politique, économique, religieux et social, combien nécessaire et urgent, ne peut résulter que d’un dialogue nationalavec la participation de toutes les forces vives du pays et que le peuple appelle de tous ses vœux.

Répondre rapidement et sincèrement à l’appel au dialogue national tant attendu est la seule manière de ramener la sérénité au cœur des tunisiens, de les convaincre que les prochaines élections ont un sens et que l’abstention électorale qui se profile à l’horizon sera freinée,.

De ce dialogue franc et sincère qui met l’intérêt du pays au-dessus de celui des partis et des égos devra résulter un accord sur un dénominateur commun.

Ce dénominateur commun pourrait comporter, en priorité, la neutralisation de tout foyer insurrectionnel à commencer par Echaambi, l’arrêt de toutes les formes de violence d’où qu’elles viennent, l’engagement  ferme du pouvoir à terminer sans détour le processus démocratique dans toutes ses composantes, la résolution des problèmes que traverse la CPG, le groupe chimique et certaines autres unités industrielles, la lutte sans merci contre la contrebande d’armes et de produits entre  la Tunisie et  la Libye, ce qui pourrait justifier la suspension  provisoire des revendications salariales  et l’engagement des forces syndicales à créer les conditions propices à la relance économique. 

C’est avec cette unité nationale autour de ce dénominateur commun que les ennemis du pays seront mis hors d’état de nuire et que le pays s’acheminera vers la reprise économique génératrice d’emplois et des élections transparentes.

Il incombe à Ennahdha de peser de tout son poids pour imprimer cette nouvelle orientation à la vie politique et économique du pays et de prendre ses responsabilités historiques faute de quoi ce sera le saut dans l’inconnu préjudiciable à tous.
Mokhtar El Khlifi

mercredi 8 août 2012


2012-08-05
4374 Visites au 18 aout sur Leaders.com.tn
  
      
La presse  a reproduit succinctement  les paragraphes qui lui ont paru utiles dans le dernier rapport du FMI.
 Le Chef du Gouvernement a brandi un rapport en arabe à la face du journaliste et  qui pourrait constituer en fait  une mouture de ses services.
Ce qui m’a le plus choqué, c’est la flèche dirigée à l’encontre de l’ancien Gouverneur de la Banque Centrale.
Pour remettre les pendules à l’heure, je me suis dit que rien ne vaut, par respect de l’intelligence de nos concitoyens, de leur livrer ce que le FMI  a effectivement écrit.

« Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. 

De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays »

Sur la base de la Note d’information au public (NIP) n° 12/96 le 3 août 2012 faisant suite à la mission du FMI, au titre de l’article IV, et qui a pris fin le  25 juillet 2012, voici ce que le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a notamment écrit. 

Informations générales

«La Tunisie a connu une grave récession en 2011 accompagnée de troubles intérieurs et dans la région. Le PIB s’est contracté de 1,8 % en termes réels, en raison d’une forte baisse du tourisme et des investissements directs étrangers. En conséquence du repli économique et du retour des travailleurs tunisiens qui étaient en Libye, le chômage a fortement augmenté pour atteindre 19 % en 2011, le chômage des jeunes se situant à 42 %. La position extérieure de la Tunisie s’est affaiblie, le déficit du compte courant se creusant nettement, à 7,3 % du PIB en 2011, et les réserves officielles diminuant, de 9,5 milliards de dollars EU fin 2010 à 7,5 milliards de dollars EU à fin 2011.

Après une décélération à 3,5 % en 2011, l’inflation a augmenté pour atteindre 5,7 % en avril 2012 (en glissement annuel).

Les autorités ont suivi une politique expansionniste pour répondre aux revendications sociales et soutenir l’économie. 

Dans un contexte de hausse des dépenses budgétaires courantes en raison de l’augmentation de la masse salariale, de l’augmentation des subventions aux produits alimentaires et énergétiques et de nouvelles mesures sociales ainsi que de l’accroissement des dépenses d’investissement, et nonobstant une hausse marquée des recettes, le déficit budgétaire global est passé de 1,1% en 2010 à 3,5 % du PIB en 2011.

En conséquence, le ratio d’endettement public, après une baisse pendant la dernière décennie à 40 % du PIB en 2010, est remonté à 44,5 % du PIB fin 2011. 

La politique monétaire a soutenu le crédit bancaire, en injectant d’importantes liquidités et en abaissant le taux d’intérêt directeur.

La contraction de l’activité économique, particulièrement dans le secteur du tourisme, a affecté la qualité du portefeuille des banques. Face à cette situation, la banque centrale a assoupli ses exigences réglementaires. 
Elle a autorisé les banques à rééchelonner les prêts accordés aux entreprises touchées par la récession et a injecté d’importantes liquidités dans le système bancaire pour aider les banques dans un environnement de baisse de la performance des actifs.

En conséquence, la plupart des banques sont devenues très dépendantes du refinancement de la banque centrale.

Des signes d’un rebond de l’activité économique sont apparus au début de 2012 : au premier trimestre, le PIB a crû en termes réels de 4,8 % (d’une année sur l’autre) et le tourisme et les investissements directs étrangers sont en hausse.

Une reprise de la croissance du PIB en termes réels serait aussi soutenue par une importante expansion budgétaire. 

Toutefois, les risques à court terme sont élevés et plutôt orientés négativement, dont une récession plus grave que prévu en Europe qui pèserait lourdement sur les exportations, une augmentation des tensions sociales dans le pays qui découragent les investissements domestiques et étrangers, des contraintes de capacités et des retards dans les financements qui risqueraient de freiner la relance budgétaire envisagée pour soutenir la croissance. 

Le potentiel de croissance économique de la Tunisie à moyen terme reste favorable, mais pour libérer ce potentiel, il est nécessaire d’adopter un programme de réformes structurelles pour promouvoir les investissements privés.

La réalisation d’une croissance plus forte et plus inclusive à moyen terme est nécessaire pour diminuer le chômage élevé, particulièrement parmi les jeunes, et pour réduire les disparités sociales et régionales. 
La croissance en termes réels devrait progressivement atteindre 6 % en 2017 dans un scénario de référence prenant pour hypothèse la poursuite de la stabilité macroéconomique, l’amélioration de la gouvernance et du climat des affaires, des réformes du marché du travail et du système éducatif afin de remédier aux asymétries en termes de formation professionnelle, et le renforcement du secteur financier.

Pour obtenir une croissance plus forte, il faut aussi mobiliser d’importants financements extérieurs, sous forme notamment d’investissements directs étrangers et d’emprunts par le gouvernement et les entreprises.

Évaluation par le Conseil d’administration

-Les administrateurs notent qu'après sa transition politique, la Tunisie aura des défis économiques et sociaux urgents à relever, notamment un taux de chômage élevé et des disparités régionales.

-Les administrateurs soulignent la nécessité de jeter les bases de la transformation de l'économie et de la promotion d'une croissance plus solide et plus solidaire.

-Compte tenu des risques auxquels se heurte la reprise économique à cause de l’instabilité de la situation économique et de la faiblesse de l'environnement mondial, les administrateurs estiment qu'il convient d'appuyer l'activité économique, tout en sauvegardant la stabilité macroéconomique.

-Les administrateurs estiment que la politique budgétaire pourrait appuyer la croissance et l'emploi à court terme. 

-Globalement, ils considèrent que l'expansion ciblée prévue des investissements publics — s'accompagnant d'une maîtrise des dépenses courantes — est appropriée.

 -À cet égard, ils saluent les efforts déployés par les autorités pour rationaliser la passation des marchés publics et améliorer l'exécution des programmes d’investissements.

-Les administrateurs soulignent que le rééquilibrage des finances publiques devrait reprendre à moyen terme afin de préserver la viabilité du budget et de la dette et mettent en exergue la nécessité d'un plan clair de rééquilibrage.

- Ils se déclarent favorables aux réformes fiscales prévues en vue de renforcer les recettes et de rendre le système fiscal plus équitable et favorable à la croissance.

-Ils insistent aussi sur la nécessité de maîtriser les dépenses publiques à moyen terme, notamment la masse salariale, et de réformer le système de subventions et des pensions.
-Les administrateurs sont favorables au resserrement de la politique monétaire pour contenir l'inflation et se félicitent que la banque centrale soit prête à relever le taux directeur si les pressions inflationnistes subsistent.

-Ils soulignent l'importance du renforcement du cadre institutionnel pour la politique monétaire, de même que de la coordination des politiques monétaire et de change.

-Les administrateurs signalent qu’une souplesse accrue du taux de change pourrait contribuer à préserver les réserves de change. 

-Ils soulignent la nécessité d'assurer l'indépendance de la banque centrale dans la conduite des politiques monétaire et de change, de même que pour la supervision bancaire.

-Les administrateurs encouragent les autorités à remédier aux vulnérabilités du secteur bancaire identifiées dans l’ESSF. 

-Ils rappellent qu'il est nécessaire de s'attaquer aux questions des prêts non productifs et de la recapitalisation bancaire, et d'améliorer la gouvernance des banques publiques.

 -Ils rappellent aussi l'importance d'aligner la supervision bancaire sur les normes internationales.

- Les administrateurs encouragent la banque centrale à élaborer une stratégie de sortie pour retirer progressivement son important soutien à la liquidité des banques, tout en continuant à satisfaire leurs besoins de liquidités.

-Les administrateurs considèrent que des réformes structurelles exhaustives sont requises pour réorienter l'économie tunisienne et exploiter son potentiel pour réaliser une croissance plus élevée et plus inclusive.

-Eu égard à la nécessité de réduire le chômage, la réforme du marché du travail et du système d'éducation sera cruciale. 

-Il sera aussi important d'améliorer le climat des affaires et la gouvernance pour accroître les investissements dans le secteur privé.

-Le développement de secteurs à haute valeur ajoutée contribuera à absorber la main-d’œuvre qualifiée.

-Les administrateurs mettent en exergue la nécessité de hiérarchiser les réformes, tout en améliorant la capacité de mise en œuvre. »

La lecture de ce rapport  me conforte dans l’idée que l’ancien gouverneur de la BCT et le Ministre des Finances avaient raison et ont accompli leur mission correctement.

C’est aussi un message pour le nouveau Gouverneur pour sauvegarder l’Indépendance de la Banque Centrale, s’il veut mériter notre respect et surtout notre estime.

Mokhtar el khlifi

- L’italique qui n’émane pas du FMI est destiné à faciliter une lecture rapide

samedi 14 juillet 2012



2012-07-09

Par Mokhtar El Khlifi
  
       
je n’adhère pas à votre parti, mais je vous respecte pour deux raisons. La première est d’avoir fait évoluer votre parti vers ce qu’est Ennahdha aujourd’hui, un parti de masse, bien organisé et bien structuré et dont l’idéologie n’est plus celle que le peuple tunisien a connue dans les années qui vous ont valu les mesures de répression et les dures années d’exil.
 La seconde raison réside dans votre intelligence et votre pragmatisme politique qui ont fait que vous avez enfin accepté la reconduction de l’article premier de la Constitution de 1959 et avez opéré  la volte face  historique et courageuse que vous avez faite suite aux évènements d’El Abdelia en revenant sur votre décision, prise publiquement, de manifester, évitant ainsi au pays  un bain de sang.

Vous auriez qualifié le Gouverneur  de la BCT « d’empereur » traduisant le peu d’estime dans lequel vous tenez ce dernier. Ce sentiment a été renouvelé, le 6 juillet sur la 2 lorsque vous avez affirmé maladroitement  que le Gouverneur de la Banque Centrale n’est pas également  irremplaçable, traduisant votre méconnaissance de l’homme et  surtout de l’Institution dont il a pris la lourde charge. En dépit de tout cela, je vous demande d’administrer, encore une fois, la preuve du sens de la  responsabilité politique en revenant sur votre décision de révoquer injustement le Gouverneur, ou au moins, en demandant à vos troupes de ne pas voter en bloc comme d’habitude, mais de le faire librement, en leur âme et conscience lorsque votre projet de révocation sera examiné prochainement par l’Assemblée Nationale Constituante (ANC).

L’ANC, surtout après la conférence qu’a tenue Monsieur le Gouverneur ce Vendredi,  devra faire face également à ses responsabilités. Elle devra d’emblée définir les critères de révocation d’un Gouverneur qui est loin d’être un simple fonctionnaire. En effet, un Gouverneur ne pourra être révoqué de ses fonctions que dans des cas limitativement énumérés telles que  l’incompétence, la faute professionnelle lourde, la corruption, la maladie…motifs qui devront obligatoirement figurer dans la prochaine constitution.

 En l’absence de ces griefs, l’ANC doit refuser de révoquer le Gouverneur. Si par malheur des députés votent, par esprit partisan, pour la révocation, en dépit de l’absence de reproches objectifs à faire au Gouverneur, ils devront en assumer toutes les conséquences vis-à-vis de l’opinion publique. Il n’est pas exclu que le gouvernement issu des « prochaines élections » pourrait, à juste titre, leur demander des comptes. On ne peut, en effet, condamner impunément un responsable qui n’a rien à se reprocher et ce dans un Etat de droit qui sanctionne tout excès de pouvoir.

Ne perdons pas de vue que lorsqu’il y va de l’intérêt national et en l’absence de motif réel de révocation, il est toujours possible d’engager les bons offices des uns ou des autres pour provoquer une rencontre entre vous, Monsieur le Président de la République et  Monsieur le Gouverneur pour dissiper tout malentendu et tourner la page.
Le pays a besoin de personnalités qui ont fait leur preuve sur le plan professionnel et  dont l’intégrité et le patriotisme ne peut être contesté, de la trempe de si Nabli. Notre pays qui aspire à plus de stabilité et de continuité vous en sera reconnaissant. Puisse Dieu éclairer votre lanterne !