samedi 10 août 2013

Tunisie: Sortie de crise


2013-07-28
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La crise politique, économique et sociale est là quoiqu’en dise certaines personnalités politiques gouvernementales. 
 
On ne peut se voiler la face sans perdre la considération du citoyen.

L’étendue de la crise

Sur le plan politique, les discussions sur le projet de constitution achoppent sur certains points fondamentaux qui jettent un sérieux doute sur la finalité de ce projet vu les ambigüités qu’il renferme. C’est l’avis de nombreux experts tunisiens en droit constitutionnel. C’est l’avis de la commission de Venise et de certaines organisations étrangères dont Human Rights watch.
 
Certes, les commissions relatives aux médias et à la justice ont enfin, vu le jour, après une opération au forceps et une perte de temps considérable. Mais le résultat est loin d’être parfait.
 
Au lieu de reconduire l’ISIE tout en introduisant d’éventuelles retouches, l’ANC a pris le parti, comme toujours, de travailler sur  une feuille blanche et peine encore à  s’entendre sur la composition du  staff de la nouvelle ISIE.
Mais déjà des doutes planent sur son indépendance une fois constituée.
 
En apparence, la sécurité s’est améliorée, mais derrière ce calme, les événements de Chaanbi ont révélé que le terrorisme est bien sur notre sol et que des cellules dormantes attendent le moment propice pour agir comme l’a déclaré le Chef des trois armes, parti à la retraite, déclaration qui vient d’être confirmée dans les faits. En effet, Brahmi vient d’être  assassiné et le grave phénomène de la voiture piégée a fait son apparition dans notre pays.
 
Curieusement, ce Gouvernement était au courant qu’il y a eu des entrées et des stockages d’armes dans certains points du pays et autour de la capitale.
 
Mais, qu’a fait ce Gouvernement pour réactiver le service des renseignements, ce qui aurait pu localiser tous les lieux de stockage d’armes et identifier les cellules dormantes?
 
Le gouvernement laisse faire son Ministre des affaires religieuses et plus d’une mosquée est devenue un lieu de propagande politique sans parler de ce qui se fait au niveau des jardins d’enfants.  On destitue un Mufti connu pour son indépendance pour le remplacer par quelqu’un qui justifie le discours politique dans  les mosquées.
 
Les ligues de « protection de la Révolution » continuent de menacer publiquement et exclusivement certains partis politiques  de l’opposition et d’user de violence pour les empêcher de tenir leurs meetings, bénéficiant ouvertement de la protection du principal parti au pouvoir, du CPR et de Wafa. Cette impunité explique l’éclosion de « ligues de protection du citoyen ». A quand la confrontation de ces mouvements hors la loi ? 
Sur le plan économique, l’investissement ne reprend que timidement, le tourisme bat de l’aile et le problème de la CPG  et du groupe chimique n’est pas encore fondamentalement résolu. La production industrielle redémarre lentement et les exportations n’ont pas encore atteint leur vitesse de croisière.
 
Les réserves de change sont au plus bas, le déficit commercial est plus prononcé, la balance des paiements est déficitaire d’où le recours à plus d’endettement et le Dinar continue sa dépréciation par rapport au dollar et à l’Euro et l’inflation se maintient à un niveau élevé.
 
Il faudrait être frappé de cécité politique pour ne pas reconnaitre que tout ne va pas dans le meilleur des mondes et qu’on ne peut continuer à gérer les affaires de l’Etat seuls et de la même façon. Est-ce  l’orgueil qui pousse les hommes au Pouvoir pour ne pas reconnaitre que la situation est grave ?
 
La situation économique et sociale peu réjouissante et l’incapacité de l’Etat à faire face à ses responsabilités, on favorisé le réveil des cellules terroristes dormantes. 
 
L’incapacité  à maitriser le phénomène salafiste jihadiste, par incompétence, voire par complaisance, pour des raisons électoralistes, a fait que les terroristes n’ont pas hésité à assassiner Chokri Belaid. Abou yadh ne court-il pas toujours ?
 
L’assassin principal de Chokri Belaid, est encore libre et le commanditaire de cet assassinat  n’est pas encore connu, du moins par le public, ce qui a certainement encouragé ces terroristes à exécuter Mohamed Braham en choisissant le jour de la commémoration de la fête de la République attestant par là qu’ils ne croient nullement dans les valeurs de la République. Parmi les faucons d’Ennahdha, il y a un qui a recommandé aux tunisiens de ne pas hisser le drapeau national ?
 
Entre quelqu’un qui affiche une attitude contraire aux valeurs républicaines et les terroristes qui ont osé assassiné en plein jour Mohamed Braham le jour de cette commémoration, n’y a-t-il pas une complicité ? L’histoire le déterminera. 
 
Sous d’autres cieux, et pour beaucoup moins que cela, les Gouvernements et les ministres qui se respectent ont eu la décence et le courage de s’éclipser et de laisser la place à d’autres.

Comment sortir de la crise actuelle ?

L’opposition démocrate considère que l’ANC et ce Gouvernement n’existent plus et qu’elle n’a plus besoin de demander leur dissolution. Je ne crois pas à l’épouvantail  du « vide politique » pourvu qu’il y ait une solution de rechange savamment préparée par l’opposition, ce qui n’est pas le cas actuellement. Cependant, les solutions issues d’un consensus politique véritable sont de loin préférables et comportent moins de risque pour le pays. L’union fait la force et ce serait la meilleure façon de répondre au terrorisme local soutenu financièrement par des parties étrangères qui veulent faire avorter l’expérience originale tunisienne qui vise à allier la démocratie et l’Islam.
 
Pour ma part, je suis pour la dissolution de ce Gouvernement par l’ANC qui devra être maintenue. 
On pourrait y arriver par une pression pacifique accentuée de la rue et le refus des élus démocrates à continuer à siéger à l’ANC.
 
L’ANC devra élire un nouveau chef de gouvernement, en dehors des partis politiques, mais avec l’accord de ces derniers. Ce chef de Gouvernement composera son nouveau staff avec des personnalités qui ne devront pas se porter candidates aux élections.
 
Ce Gouvernement ne pourra pas comporter ni l’actuel ministre des affaires religieuses, ni celui de la justice, ni celui de l’intérieur.
 
Toutefois, l’ANC devra limiter son activité au vote de la Loi de Finances, à l’achèvement de la rédaction de la Constitution et  à la définition du cadre juridique devant entourer l’opération électorale et ce à l’intérieur d’un délai à fixer.
 
La rédaction de la constitution devra intégrer les amendements proposés par les experts tunisiens en droit en constitutionnel et les suggestions de la commission de Venise et  de certains organismes étrangers dont Human Rights Watch. 
 
Ce Gouvernement  préparera la loi de Finances et expédiera les affaires courantes. Il devra préparer la transparence des élections en  purgeant l’administration des nominations partisanes à l’échelle nationale (ministères) et locale (gouvernorats, délégations et omdas). Il aura aussi la mission de  neutraliser les ligues de protection de la révolution qu’elles soient anciennes ou nouvellement crées.
 
Cette sortie de crise a le mérite de préserver la « légitimité » issue des urnes à laquelle le Pouvoir en place tient encore et de tenir compte des doléances pressantes de la rue. Il appartient à Ennahdha, parti dominant, et à l’opposition de s’entendre enfin, et dans les plus brefs délais, sur cette sortie de crise et de la mettre en œuvre  très rapidement pour débloquer la situation.

Après le Général Ammar?


2013-06-25
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Le  Général Ammar a choisi une émission, une chaine et une heure  de  grande audience pour faire passer un message direct  au peuple tunisien.

Il a préféré  transgressé les lois de la hiérarchie et annoncé lui-même son retrait de l’armée ce qui est hautement significatif.

Il nous a  laissé entendre, je crois, que les mauvais coups se sont multipliés et qu’on ne veut plus de lui, d’où son refus de rester encore davantage au-delà de ses droits à la retraite.
 Le peuple est maintenant bien averti directement par le Chef des trois armées qu’un  danger réel et bien actuel de renversement de l’Etat,  par la force des armes, existe et ne désarmera pas de sitôt et qu’il va falloir combattre.

C’est « el Quaida » qui serait derrière ces putschistes ? De quelle protection ces terroristes jouissent-ils, dans le pays et à l’étranger ?

 A notre avis, pour combattre ce mouvement  qui semble bien enraciné dans le pays et comportant des cellules dormantes travaillant, selon un plan et un calendrier bien définis, la mobilisation générale est de mise.
La société civile doit donc faire pression sur l’Etat pour qu’enfin le peuple sache qui est véritablement derrière ces groupuscules rampants, qui les finance  et les couvrent de son manteau protecteur, pour s’en prémunir efficacement.

Si l’Etat n’est pour rien, dans ce terrorisme rampant, il devra démontrer sa bonne foi, pour rétablir la confiance d’une grande partie du peuple dans ses structures. A cet effet, six mesures, au moins, doivent être prises, à mon sens :
La première, est d’amener tous les partis politiques et toutes les associations à se prononcer, sans ambiguïté, sur la non-violence sous toutes ses formes. La Loi doit être appliquée en cas de violation par les contrevenants, sans aucune distinction.

La seconde, est de revenir sur les désignations faites par le Pouvoir, au sein de l’Administration, particulièrement au niveau régional. Nous venons d’apprendre le rôle combien efficace réalisé par les « omda » pour repérer les « brebis galeuses ». Les nouveaux omda ne semblent pas s’être acquittés de ce rôle puisque la zone protégée d’Echaanbi a été investi par les terroristes au vu et au su de tout le monde.

La troisième mesure est de réactiver la cellule de renseignements destiné à collecter et à étudier les informations sur l’identité, la structure, les circuits de financement  et la stratégie de ces groupuscules qui minent insidieusement notre société. A cet égard, les agents de la sécurité, exclus par Rajhi, doivent reprendre leurs fonctions après avis des syndicats de police.

La quatrième mesure à prendre est de mettre la main sur tout terroriste reconnu comme tel par la justice tunisienne ou internationale et dont la libération n’aurait dû pas se réaliser. A cet effet, l’ANC doit amender sans tarder la  loi d’amnistie qui doit exclure de son champ d’application ces individus.

La cinquième mesure est de s’attaquer, selon un plan efficace, à toutes les formes de trafics et de contrebande d’armes et de produits.

La sixième mesure est que les médias commencent à faire leur autocritique et arrêtent leur propre code de déontologie. L’excès de liberté nuit à la liberté en commençant par ne pas publier les fausses informations et par le choix de ce qu’on doit publier.

Si le Général Ammar va enfin partir à la retraite, suivant ainsi, de quelques mois, la démission de Monsieur Zbidi, le Ministre de la Défense, c’est le signe qu’il a rencontré de sérieuses résistances dans son combat, et des attaques injustifiées qui ne l’encouragent pas à poursuivre son sacrifice. Cet homme avait l’air de nous dire, le cœur serré, qu’il a en a marre, devant notre ingratitude !

Son successeur, aura-t-il l’étoffe,  le souffle nécessaire et l’appui  clair de la société civile, des médias et des partis politiques  pour faire aussi bien, voire mieux, tout en restant à cheval sur les principes d’une armée républicaine ? L’avenir nous le dira.

jeudi 30 mai 2013

Rebâtissons ensemble notre économie



30/05/2013
Article publié dans Leaders.com.tn
 

 La décision prise par l’UGTT d’engager de nouvelles négociations en vue de nouvelles augmentations salariales  pourrait satisfaire les uns qui, à juste titre, constatent que ce qu’on leur a donné d’une main a été repris de l’autre du fait de l’inflation. Le phénomène est connu et de triste mémoire. D’augmentations en augmentations et sans une maitrise de  l’économie, celle-ci se dégrade et emporte tout le monde.
Oui, la Centrale syndicale avait prévenu le Gouvernement et a conditionné son accord par la nécessité d’une maitrise de l’inflation.
 Mais, ce Gouvernement pouvait-il le faire  et en si peu de temps ? En avait-t-il les moyens et la capacité ? Toute la question est là.
 Lorsqu’on relève que déjà le budget de l’Etat est obéré par une masse salariale colossale faite  au détriment du budget d’investissement, on se demande vraiment si la requête de l’UGTT est opportune.
Alors que l’investissement privé tarde à redémarrer sérieusement et que l’investissement public rencontre sur le terrain des difficultés de réalisation, que  la production et  l’exportation n’ont donc pas encore repris leur élan, on se demande s’il est politiquement et économiquement réaliste de discuter de nouvelles augmentations salariales,  lorsque l’on sait, a priori, qu’elles seront en fait virtuelles.
A quoi joue-t-on ? à faire pression sur le Gouvernement pour qu’il s’attelle à résoudre les problèmes politiques qui entravent le développement ? Ou parce que sa base lui échappe en partie ?
Nous avons été heureux de constater la mise en place, il y a quelques mois, d’une formule originale de dialogue entre l’UGTT, l’UTICA et le Gouvernement. C’est cet espace qu’on aurait dû activer avant d’annoncer aux salariés que de nouvelles négociations  salariales vont être engagées. Dans ce bras de fer, pourquoi l’entreprise ferait-elle les frais d’une telle démarche ?
Pour qu’enfin le pays voit le bout du tunnel, il faudrait que d’un côté comme de l’autre on soit responsable et donc conscient des risques encourus.
Une balance commerciale profondément déséquilibrée, un budget  en déficit bien au-delà des normes admises (3%), une balance des paiements qui demande un appel de fonds en devises et l’immixtion du FMI dans notre gestion  , des réserves de change en deçà du palier admis ( 100 jours  d’importations environ ), une inflation élevée et une monnaie qui se déprécie vis-à-vis de nos partenaires, autant de signes qui appellent à l’unité des efforts de tous, sans aucune exception, pour redresser à temps la barre.
Face à ce péril, les problèmes politiques devraient normalement, aux yeux de nationalistes responsables, être résolus et assez rapidement, et en premier lieu la sécurité.
On s’interroge sur la réticence du Pouvoir à prendre conscience de la gravité de la situation économique et de l’urgence qu’il y a à mettre au second plan certains problèmes politiques avec l’opposition. L’heure ne souffre plus  l’attente et la perte de temps. Nous devons tous agir.
Nous avons commis la bêtise d’opter pour une ANC en refusant  d’amender la loi de 1959 et nous revoilà aujourd’hui commettant à nouveau des erreurs notamment en trainant les pieds à présenter une constitution avant-gardiste et un cadre électoral transparent.
 Dans l’intérêt du pays, pourquoi ne reconduirait-on pas purement et simplement l’ISIE au lieu d’en créer une autre, de toute pièce, et qui  de surcroit ne semble pas emporter un large consensus d’où le risque d’un nombre élevé d’abstentions.
Que cherche-t-on à vouloir tout remettre en cause et à s’entêter à vouloir tout reconstruire  à nouveau mais en moins bien ?
 Dans le cadre d’un dialogue national, le plus large possible, oh combien nécessaire, le Gouvernement doit parvenir à un recadrage consensuel de sa politique économique et sociale.
 Il pourra s’appuyer  sur toutes les bonnes volontés soucieuses de l’intérêt du pays et disposées à prêter bénévolement leurs concours chacun dans le domaine de sa compétence. Elles n’attendent , j’en suis plus que convaincu, que le feu vert de l’état-major politique pour mettre la main à la pâte pour baliser la trajectoire pour le court et même le moyen terme.
Dans ce contexte le droit de grève qui est un droit conquis de longue date par les forces ouvrières dans tous les pays du monde doit être prévu et protégé dans notre constitution. Mais, Il est un autre droit dont on ne parle pas assez, ou timidement, c’est le droit à la production et à la productivité. Nous en avons tant besoin dans les circonstances que nous traversons. Ces droits vont de pair.
A cet égard, Instruisons-nous de l’exemple de la Corée du Sud, l’un de ces dragons de l’Asie, qui était hier sous développée  tout comme nous et qui, aujourd’hui, est une nation industrielle développée avec un niveau de vie bien plus élevé que le nôtre.
 Là-bas l’ouvrier fait grève mais la production ne s’arrête pas. C’est l’une des raisons essentielles du miracle. C’est un exemple à méditer par nos syndicalistes et nos entrepreneurs.
 Suffit-il de solliciter des augmentations salariales sans tenir compte de la réalité de nos entreprises ?
Mais, là-bas aussi, lorsque l’ouvrier manifeste pacifiquement son mécontentement, il est rapidement entendu par son employeur qui engage immédiatement avec ses représentants un dialogue constructif à l’avantage des deux parties.
 Nous devons avoir aussi cette culture de l’entreprise combinée à un respect des droits du salarié.
C’est donc en changeant de mentalité que nous pourrions rebâtir ensemble notre économie.
Par les temps qui courent, avons-nous besoin de changer notre modèle de société ? Avons-nous besoin de « réislamiser » le pays en commençant déjà par les écoles coraniques ? Avons-nous besoin de diviser une société unie, en factions qui se haïssent et sont sur le point de s’entretuer puisque les armes ont fait leur apparition dans le pays avec des camps d’entrainement ?Avons-nous le droit de perdre du temps ?
Mais, La « révolution » n’a chargé personne pour s’atteler à ces tâches. Elle  a demandé plus de droits, de liberté et de justice. Rien que cela.
Il est temps que certains abandonnent leurs illusions et donnent la priorité à tous les enfants de ce pays pour rebâtir ensemble une économie au profit de toutes les couches sociales et les régions.

Mokhtar el khlifi

Le pays n'en peut plus!





2013-05-15
 Publié dans Leaders
http://www.leaders.com.tn/images/images-v2/icone_visite.png1238 Visites au 30 /05/2013

Nous sommes à tout point de vue dans une situation des plus difficiles. Nul besoin d’être versé dans l’économie et la finance pour constater que l’économie  tarde à repartir d’un bon pied, ce qui ne contribue en rien à résoudre les problèmes sociaux  et les disparités régionales qui ont été à l’origine, à titre principal, de  l’insurrection du 14 janvier 2011.

Des dossiers lourds attendent des réponses rapides et efficaces aux problèmes rencontrés par les principales  unités industrielles exportatrices et bien d’autres secteurs de l’économie tel le lancinant problème de la Caisse de compensation, le déficit en fonds propres de  certaines entreprises publiques, le déficit des caisses de sécurité sociales qui fait peser un gros risque sur les pensions de retraite des uns et des autres ou encore la mise en place d’une justice transitionnelle.

L’obstacle à la reprise  économique serait dû à l’incapacité de ce Gouvernement, sans doute très mal conseillé, à prendre les décisions qui s’imposent sur le plan politique et économique pour  rétablir la confiance  des investisseurs privés puis étrangers, laquelle demeure tributaire notamment du rétablissement de la sécurité et d’une plus grande visibilité en matière économique.

Oui, l’investisseur qui voudrait bien  investir a un cruel besoin d’être convaincu qu’à moyen et long terme la situation politique, économique et sociale sera satisfaisante.
Mais à vue d’œil, le Dinar continue de perdre de sa valeur. Le déficit commercial et celui de la balance des paiements se creusent, l’inflation se maintient à un niveau élevé et les réserves de change diminuent et le pays s’endette de plus en plus.
Que faudrait-il de plus pour que le Gouvernement Ennahdha change de politique ?

C’est là un constat d’échec que les ministres occupant les postes économiques assument à titre principal.

Que faudrait-il faire ?
La parole est à nos nombreux experts et universitaires et aux organisations patronales (UTICA, UGTT).
Les propositions ne manquent pas pourvu que ce Gouvernement prenne la peine de les écouter.
A mon humble avis, Il faudrait tout simplement commencer par remanier ce Gouvernement au niveau des postes économiques en recrutant des technocrates ayant pignon sur rue.

 Le pays en compte plus d’une personnalité en mesure d’introduire les changements nécessaires.

Oui, il faudrait s’engager à réviser notre modèle économique de manière à ce que le taux de croissance puisse atteindre, pourquoi pas, deux chiffres ou presque, avec les sacrifices nécessaires.

J’estime aussi que le Gouvernement devrait prendre en parallèle certaines mesures sur le plan politique.

Convenir avec l’opposition, l’UGTT et l’ANC de:
  • La fixation, par voie législative, de la date précise des élections pour fin 2014.Cette date donnera le temps nécessaire à toutes les parties pour préparer des élections transparentes dignes de la Tunisie .Le climat politique sera plus serein et tout le monde pourra consacrer assez de temps pour le rétablissement de la sécurité et la relance de l’économie sur la base de la concertation.
  • L’activation de la mise en place du cadre juridique et des conditions matérielles pour la réalisation de prochaines élections transparentes.
  • L’engagement  résolu de toutes les parties à éradiquer la violence sous quelle que forme que ce soit.
  • L’arrêt des formes de grèves qui bloquent la production et la réintroduction de la culture du travail et du travail bien fait.
  • La Continuité d’assurer aux forces de sécurité et à l’armée leur neutralité active.
  • L’amélioration du contenu des textes juridiques parus ou à paraitre et  notamment celui de la Constitution qui se révèle ne pas être un chef d’œuvre avec mes respects pour ceux et celles qui ont participé à son élaboration. L’avis de nos constitutionnalistes devrait être retenu et il n’y a aucun mal à cela si chacun met de côté son orgueil et les petits calculs du parti  auquel il appartient.
Sachons, une fois pour toutes, que le pays n’en peut plus et que nous craignons pour notre présent et l’avenir de nos enfants!
Mokhtar El Khlifi

Le saut dans l'inconnu




2013-05-06
Publié sur Leaders.com.tn 411 Visites au 16 mai 2013

Plus d’un citoyen constate aujourd’hui que son pays traverse une période des plus difficiles.
Plus d’un d’entre nous est inquiet devant la violence qui y sévit.

Le pays est entré dans la phase des assassinats politiques ( feu Lotfi Nagdh etChokri Belaid ) et des premières victimes du terrorisme islamiste jihadiste.

 L’image du jeune soldat amputé de sa jambe ou bien de celui qui a perdu la vue à la suite de la déflagration de mines,   resteront gravées à jamais dans notre esprit.

Les services de sécurité nous ont  appris qu’ils ont mis la main, ici et là, sur des armes, parfois même très sophistiquées, et sur des dépôts d’armes à Médenine et  même dans la banlieue  de Tunis, à  Douar Hicher.
Aujourd’hui, personne ne croit plus qu’il s’agit de « simples opérations de transit d’armes » depuis l’identification du  camp d’entrainement à  Echaanbi. Ce camp,  et les autres camps qui ne manqueraient pas d’être découverts, sont destinés à former des agents pour des actions violentes à l’intérieur du pays.
Ces islamistes jihadistes qui se préparent militairement sur notre sol à tuer leurs concitoyens, ou au moins à leur faire peur, sont encouragés et financés par qui ?

C’est là une question fondamentale à laquelle le Pouvoir se doit de répondre.

Et si ces agents visaient à empêcher que l’opposition ne parvienne au Pouvoir  à la suite des prochaines élections?

Et si ces agents visaient aussi à « réislamiser » par la force les tunisiens à la mode wahabite ?
C’est un sujet de crainte sur le devenir de notre modèle de société et sur la volonté réelle de poursuivre le processus démocratique engagé tant bien que mal.

L’opposition et la société civile doivent se manifester pour que le Pouvoir en place mette les moyens nécessaires pour arrêter cette dérive dangereuse.

Face à ces camps d’entrainement et aux actions violentes des LPR soutenus par Ennahdha, wafa  et le CPR , il est plus qu’urgent que le Pouvoir en place parvienne à convaincre le peuple qu’il n’est pour rien dans l’implantation de ces foyers insurrectionnels  et dans toutes les autres formes de violence.

 Nous ne demandons que cela pour tourner cette page noire de notre histoire.

Concrètement ,si le Pouvoir en place n’a rien à se reprocher, il devra démontrer qu’il est réellement pour le transfert du Pouvoir d’une manière démocratique, qu’il est effectivement pour un Etat civil qui garantit les libertés fondamentales dont la liberté pour chaque citoyen de choisir   sa religion et la façon de la pratiquer, qu’il est pour une Constitution expurgée des «  incohérences et même de certaines aberrations »selon les termes de l’Association tunisienne de droit constitutionnel et l’Association de recherche sur la transition démocratique.
 La porte doit être fermée à double tour contre toute velléité de l’émergence  d’un Etat théocratique ou de toute autre forme de dictature.

Le Pouvoir est appelé à  laisser les mains libres aux forces de sécurité,  aux forces militaires et aux médias  de faire leur travail en toute transparence, jusqu’à la maitrise complète de ces foyers insurrectionnels et la mise au pas des LPR.

Les mesures à entreprendre sont connues de tous, mais la volonté politique manque à nos dirigeants qui continuent de croire, dur comme fer, qu’ils sont seuls aptes à diriger le pays sans le concours de l’autre moitié de la population qui n’a pas voté pour eux.

Le recadrage politique, économique, religieux et social, combien nécessaire et urgent, ne peut résulter que d’un dialogue nationalavec la participation de toutes les forces vives du pays et que le peuple appelle de tous ses vœux.

Répondre rapidement et sincèrement à l’appel au dialogue national tant attendu est la seule manière de ramener la sérénité au cœur des tunisiens, de les convaincre que les prochaines élections ont un sens et que l’abstention électorale qui se profile à l’horizon sera freinée,.

De ce dialogue franc et sincère qui met l’intérêt du pays au-dessus de celui des partis et des égos devra résulter un accord sur un dénominateur commun.

Ce dénominateur commun pourrait comporter, en priorité, la neutralisation de tout foyer insurrectionnel à commencer par Echaambi, l’arrêt de toutes les formes de violence d’où qu’elles viennent, l’engagement  ferme du pouvoir à terminer sans détour le processus démocratique dans toutes ses composantes, la résolution des problèmes que traverse la CPG, le groupe chimique et certaines autres unités industrielles, la lutte sans merci contre la contrebande d’armes et de produits entre  la Tunisie et  la Libye, ce qui pourrait justifier la suspension  provisoire des revendications salariales  et l’engagement des forces syndicales à créer les conditions propices à la relance économique. 

C’est avec cette unité nationale autour de ce dénominateur commun que les ennemis du pays seront mis hors d’état de nuire et que le pays s’acheminera vers la reprise économique génératrice d’emplois et des élections transparentes.

Il incombe à Ennahdha de peser de tout son poids pour imprimer cette nouvelle orientation à la vie politique et économique du pays et de prendre ses responsabilités historiques faute de quoi ce sera le saut dans l’inconnu préjudiciable à tous.
Mokhtar El Khlifi