samedi 27 juin 2015

Le préalable au dialogue social : le rétablissement de la confiance


25/06/2015
La Tunisie est passée par une période difficile, une véritable crise politique qu’elle a su surmonter grâce au dialogue social initié à force de patience et de persévérance par L’UGTT, l’UTICA, la Ligue de défense des droits de l’homme et l’Association des avocats.
Aujourd’hui, il semble que le courant ne passe plus entre d’une part, l’UGTT et l’UTICA et d’autre part, l’UGTT et le Gouvernement.

Il s’agit essentiellement d’une crise sociale à soubassement économique  que la Tunisie n’a pas encore pu résoudre.

Tous les secteurs ou presque, publics ou privés, exigent une revalorisation des salaires vu le renchérissement du coût de la vie.

L’employeur public après avoir cédé, sous la pression des syndicats, en concrétisant des engagements pris par les gouvernements précédents, refuse aujourd’hui d’aller davantage pour satisfaire de nouvelles doléances, faute de ressources adéquates, ce que conteste la Centrale syndicale.

Mais, après avoir ouvert la boîte de Pandore peut-il reculer?

Selon l’UGTT, l’argent existe. Il s’agit de le dénicher. Elle estime que la refonte de la fiscalité qui tarde à être engagée ainsi qu’une plus grande transparence dans la gestion des affaires de l’Etat peuvent permettre de satisfaire les revendications salariales pourvu que l’Etat s’y mette.

Le commerce parallèle gangrène le pays et elle ne voit pas encore le bout du tunnel. Quant aux ressources du pays elles pourraient aussi être mieux gérées avec une meilleure administration.
L’Etat répond que si ses engagements précédents ont pu être satisfaits, c’est grâce à l’endettement extérieur qui devrait financer plutôt l’investissement et qu’il y’a des limites à ne pas dépasser si on ne veut pas hypothéquer l’avenir.

On est déjà à plus de 50% du PIB!

Sur sa lancée l’UGTT veut maintenant revaloriser le SMIG et le SMAG et ajuster les salaires dans le secteur privé.

 L’UTICA traine les pieds estimant que la poule aux œufs d’or est malade et que la priorité est au redressement des entreprises et au retour aux valeurs d’antan, celle du travail et de la productivité.

 Le PIB est à 1,7% et les prévisions pour l’exercice 2015 seraient en deçà.

 Peut-on distribuer ce qu’on n’a pas encore produit?

Un véritable dialogue de sourds entre les diverses parties que le bon sens n’arrive pas à admettre et la patience de bien des tunisiens est à bout.Ils commencent à douter de l’envergure des parties prenantes.

Or il n’y a d’autres solutions pour rétablir la confiance et faire redémarrer la machine économique en panne que le dialogue constructif.
Comment le rétablir surtout que chacun, semble avoir ses raisons?

Je pense que les chiffres réels de notre situation économique sont les seuls à amener les parties à un consensus.
Comme chacun tire de son tiroir ses chiffres qui ne concordent pas ceux des autres parties, alors que la réalité économique est la même, on ne pourra pas par conséquent s’entendre.

Il est donc urgent que les « experts » des diverses parties s’assoient autour d’une table pour décortiquer leurs chiffres. Entre techniciens, et avec un minimum de bonne foi, ils pourraient s’entendre.

A cet atelier de techniciens qui ne doit durer que quelques heures, voire quelques jours ( je suppose que des gens qui prétendent  bien diriger ce très petit pays ont déjà leurs chiffres !) devraient participer, l’UGTT, l’UTICA, le Gouvernement et deux ou trois experts de la société civile. Les partis politiques, surtout de l’opposition, devraient également participer à cet atelier.

Le rapport purement technique qui devrait répondre à la situation chiffrée réelle du pays et à la définition des mesures urgentes et moins urgentes lierait toutes les parties et sera rendu public.
Il devra constituer l’étape préliminaire à suivre pour rétablir la confiance et engager le dialogue social destiné à dépasser les choix politiques et économiques qui se posent au pays et qui n’est pas du ressort des techniciens cela va de soi.

Mis à part le déficit de confiance, rien ne peut réellement s’opposer à la reprise du dialogue entre les diverses parties.

Que ces diverses parties sachent que plus d’un Tunisien en a ras le bol.


samedi 23 mai 2015

Mon conseil pour les jeunes (et les autres) : suivez les émissions de Youssef Seddik

22/05/2015
Je ne puis m’empêcher de vous faire part d’une émission radiophonique, relativement nouvelle ( 3aal ALLAH ) dans laquelle M. Mohamed Salah Labidi invite, chaque vendredi, dans une causerie religieuse, à 14 heures, Youssef Seddik.
Je souhaite longue vie à ce savant qui nous aide à « lire » le Coran, dans un langage accessible.
Le témoignage de la femme, l’héritage, le voile et bien d’autres questions, qui taraudent notre jeunesse sans qu'elle soit en mesure d'y répondre parce qu’elle  fait une lecture superficielle et littérale du Coran.
 Les causeries de Youssef Seddik peuvent les y aider grâce à sa connaissance approfondie du sens des mots, des idées et  surtout de l’environnement qui les a vus naître.
N’avons-nous pas besoin, dans ces circonstances tumultueuses ou tout est remis en cause par ceux qui prétendent tout connaître, d’une  lecture de la « sunna » et surtout du Coran faite par l’un de nos éminents savants ?
 Que Dieu lui accorde longue vie pour qu’il ait le temps de faire justice de certaines informations reçues et véhiculées par certains, surtout que son argumentaire reflète la culture, la profondeur de vue et la logique ce qui vous conforte dans le choix que vous avez fait de votre religion, qui vous en rapproche davantage et crée une passerelle entre les musulmans et les autres.
Mon idée n’est pas de faire du prosélytisme religieux mais d’attirer l’attention, surtout des jeunes, et même des moins jeunes, sur cet espace qui s’adresse beaucoup plus à la raison.
 Libre à chacun de croire ou non, cela va de soi, mais cela n’est pas mon propos.
En effet, c’est par ces actions en profondeur que nous pourrions prévenir la jeunesse des dérives qui conduisent  à  l’intolérance, à la violence et au terrorisme car la seule action sécuritaire est à elle seule insuffisante.
En attendant que les autorités daignent enfin mettre en place une télévision culturelle, j’adresse un appel à la ministre de la culture et aux dirigeants des chaines de TV pour que ce genre d’émission, et particulièrement celle de Monsieur Youssef Seddik, ait une plus large audience car elle contribue incontestablement à éradiquer le terrorisme à sa base. 
Nous n’avons pas de temps à perdre pour que ce savant ait le loisir d’exposer sa lecture du coran avant qu’il ne soit trop tard.

Souhaitons-lui longue vie.




lundi 4 mai 2015

Et si tout le monde aidait le Gouvernement Essid ?

Et si tout le monde aidait le Gouvernement en place?
Rien ne nous empêche de le faire si chacun de nous avait pour seule préoccupation, l’intérêt national, surtout que le pays est exsangue et que les réformes structurelles deviennent de plus en plus urgentes. Sans réformes, le recours à l’emprunt extérieur qui a déjà atteint un niveau important, dépasserait le standard européen des 60% de Maastricht.
Les syndicats ne peuvent plus demander, sous la pression de grèves, surtout avec des arrêts de travail, parfois très importants, des augmentations salariales  quoique justifiées par le renchérissement du coût de la vie mais qui occultent le fait qu’une frange de la population est en dessous du seuil de pauvreté ou est au chômage.
Ils ne peuvent accepter que ces augmentations soient financées  par un endettement extérieur de moins en moins soutenable et une production et une productivité en baisse. A vouloir trop tirer sur la corde, elle risque de se briser.
Ce qui a été donné d’une main sera repris nécessairement par l’autre car l’inflation sera au rendez-vous.
Je pense que les économistes de l’UGTT le savent et l’appréhendent. C’est donc pour eux une raison suffisante de réviser leur conception de la grève qui ne doit plus se manifester exclusivement par des arrêts du travail.
Je crois que le pays est à la croisée des chemins et, le Gouvernement, l’UGTT et l’UTICA le savent fort bien.
A cet égard, les discours du premier mai  tenus par les divers responsables sont  assez révélateurs  car il faut aller bien  au-delà de certaines attaques verbales qui se révèlent être d’un passé que nous espérons révolu.
La tiédeur apparente de ce Gouvernement, entendez par là l’absence de mesures structurelles lourdes de conséquences sociales, s’explique, à mon point de vue, par le fait qu’il n’a pas trouvé de soutien politique pour les engager.
Je suis sidéré par l’attitude d’une certaine opposition qui se prétend socialiste qui crie déjà à l’échec de la politique de ce Gouvernement. Certains prédisent sa refonte prochaine, voire sa chute d’ici la fin de l’année, mais personne ne semble penser aux conséquences néfastes sur l’économie et le bon déroulement du processus démocratique qui a besoin d’être consolidé.
J’y vois-là, malheureusement, un manque de maturité politique qui cache une volonté d’accaparer le Pouvoir pour en faire je ne sais quoi car les problèmes seront toujours là mais avec certainement plus d’acuité.
L’image du trio sur le quotidien « le Maghreb »,  avec BCE posant  le bras sur les épaules de H.Abassi , en présence d’Essid, me laisse penser que le Président de la République  a usé de son Pouvoir moral pour que la centrale syndicale réincarne un brin de nationalisme à la « Hached » dans son combat légitime pour améliorer les conditions des salariés.
Le retour au dialogue a été, je pense, consacré par la rencontre du 1er mai et des décisions qui ont été prises, à savoir la réactivation du Pacte national (social ?) et la création d’une sorte de « Conseil économique et social ».
Cette nouvelle dynamique devrait être consolidée par les médias qui devraient, toutes tendances confondues, privilégier tout ce qui rapproche les organisations nationales,  tout ce qui concourt à  assurer une large diffusion de l’esprit de dialogue, d’entente, et des valeurs du travail en perte de vitesse, malheureusement, dans notre pays.
En attendant la formation du « Conseil économique et social » convenu, nos experts qui nous ressassent, à longueur de journée, que la situation du pays est catastrophique tout en omettant  de faire état des progrès réalisés, si minimes soient-ils, devraient, s’asseoir autour d’une table avec ceux de la Centrale syndicale, des organisations patronales (UTICA & CONNECT), ceux du Gouvernement et des principaux partis politiques, pour s’accorder, une fois pour toutes, sur les chiffres de notre économie et les mesures urgentes qu’il y a lieu d’entreprendre.
En effet, rien ne vaut un diagnostic précis de la situation pour s’entendre sur les mesures qu’il y a lieu de proposer avec force au Gouvernement.
La priorité serait donnée, à mon avis, à tout ce qui peut engendrer du cash, à savoir la reprise immédiate de la production et des exportations de phosphates et de ses dérivés.
A cet égard, la  franche collaboration de l’UGTT et des élus  locaux de gauche (Hajji, Amroussia ) est des plus précieuses. Elle est requise et serait un révélateur de la bonne foie de toutes les parties.
Le tourisme générera aussi du cash.
A cet égard, le citoyen devrait soutenir les efforts des municipalités pour que, au moins, les espaces visités par les touristes redeviennent propres. Nous remarquons déjà des efforts engagés, dans ce sens, réalisés par des groupes de jeunes qu’il y a lieu de soutenir, d’encourager et de multiplier.
Nous ne perdons absolument rien à garder propres les rues où nous avons élus domicile et nous abstenir d’y jeter tout ce qui peut les polluer (mégots, sachets en plastiques, bouteilles vides, piles, objets divers etc) en attendant que les contrevenants soient sanctionnés pécuniairement comme cela se fait sous d’autres cieux.
Les médias sont appelés à réviser les informations données sur le terrorisme en ramenant les faits à leur réelle valeur et en les  accompagnant, si besoin est, d’une carte qui indique le lieu où les faits terroristes se sont produits, tout en rappelant à des journalistes étrangers aux aguets, amis ou non, que les lieux touristiques sont bien loin, sont hautement sécurisés et que l’incident du Bardo  est clos puisque les visites du musée ont repris de plus belle.
Une campagne vidéo pourrait être réalisée.
C’est en joignant l’image à l’écrit et au son que les médias, dans un élan national,  pourraient booster un tourisme moribond plutôt que de ressasser que la saison touriste est perdue d’avance ce que nous refusons d’admettre.
La « révolution » n’a pas encore pu engendrer l’élan qui lui est propre qui porte le citoyen, digne de ce nom, à se remettre en cause et à retrousser ses manches plutôt que d’être à l’affût des informations pétillantes sur tel ou tel personnage politique et de s’en tenir là. Nous avons été  assez gavés de ce genre d’informations superficielles qui parfois touchent à la dignité des uns et des autres et cela ne nous fait plus ni rire, ni sourire.
Pour faire du buzz, cherchez ailleurs!
Nous  sommes capables de cet élan. N’avons-nous pas défendu nos rues et ruelles au lendemain du 14 janvier 2011 sans que personne ne nous y incite à le faire ? Notre vie et celle de nos enfants étaient en jeu me diriez-vous?
Elle l’est aujourd’hui s’il n’y a pas de relance économique. Cela doit être clair dans nos esprits.
Les urnes ont dégagé une majorité qui est au Pouvoir. Elle a désigné la personne idoine qui pourrait diriger les affaires du pays. En bons démocrates acceptons le choix des urnes. Suivons-la dans ses pas pour qu’aux prochaines élections elle rende des comptes.
Pour le moment, nous n’avons d’autres choix que de soutenir l’équipe en place pour qu’enfin l’économie redémarre car il y va de l’intérêt de tous et ce serait bien dommage que le capital confiance que les pourvoyeurs de fonds et nos partenaires  ont mis dans notre pays soit dilapidé par une cécité politique,  une avidité excessive et avant terme  du Pouvoir ou simplement par la rancune politique du perdant.


jeudi 16 avril 2015

Je suis inquiet pour ma Tunisie


Je suis inquiet sur le sort de mon pays. Je souhaite être le seul à l'être. Loin de moi l’idée d’incriminer les personnalités, qui à tous les niveaux, ont la charge de diriger mon pays. Je le vois. Elles se démènent, elles travaillent, elles contactent le peuple, elles parlent, elles décident…mais je ne vois pas cette lueur d’espoir qui me tranquillise sur le devenir de mon pays, lorsque je vois chaque problème abordé.
J’ai l’impression qu’il n’y a pas de capitaine à bord et donc pas de ligne et de cadres directeurs qui me permettent de savoir que nous sommes sur le bon chemin.
Je ne perçois pas la main de fer dans le gant de velours dont le pays a cruellement besoin.
J’ai l’impression qu’on ne sait pas où nous allons. J’ai l’impression que le diagnostic n’a pas encore été fait. J’ai l’impression que les mesures qu’on prend ici ou là ne répondent pas aux véritables besoins et qu’on ne distingue pas bien l’urgent du moins urgent car tout urge.
 Peut-être que le Plan de développement qu’on concocte nous permettra de voir plus clair et nous servira de fil d’Ariane pour sortir du tunnel sans grands dommages.
J’impute ce malaise, notamment, au choix du régime politique que la «troika» a imposé au pays sous le couvert d’une légitimité politique acquise par les urnes. Je crie haut et fort que notre pays n’est pas mûr pour un régime parlementaire et qu’il fallait reconduire le régime présidentiel moyennant l’instauration de garde-fous.

 C’est trop tard?

Je crois qu’avec un Président fort, bien des décisions auraient pu être prises sans trop de palabres. Le pays a besoin beaucoup plus d’actions que de délibérations à n’en plus finir. Plus on discute et plus la situation devient inextricable.

Les exemples abondent. Je ne citerai, par exemple, que celui des problèmes du bassin minier par lequel il fallait commencer vu son urgence.

 Avons-nous encore besoin de plus de plus d’un mois pour tenter d’esquisser des solutions? Les gouvernements précédents n’avaient-ils pas étudié la question? L’avaient-ils mal étudiée? Avaient-ils opté pour des solutions inappropriées?

Aujourd’hui, croit-on résoudre les problèmes de production et d’exportation en créant deux nouveaux postes de responsables sur place, qui viendront alourdir, outre mesure, les charges de la CPG sans que leur action puisse ouvrir de nouveaux horizons pour la CPG, le bassin minier et le pays? Je ne le pense pas.

Il fallait commencer par convoquer les éléments sur place qui ne font que jeter l’huile sur le feu pour des raisons, je crois, politiques et les mettre devant leur responsabilité.

 Il faut qu’ils soient amenés à demander, d’abord, aux ouvriers de reprendre leur travail.
Un gouvernement ne doit pas discuter sous la menace des mouvements de foule devenus légion dans ce pays.

L’Etat conviendra avec les salariés qui ont repris le travail que la CPG sera auditée sur le plan social, administratif, financier et technique sans que cette opération ne doive s’éterniser et que s’il  y aurait des responsabilités avérées, des sanctions immédiates seront immédiatement prises.

L’audit dégagera des propositions d’aménagement au niveau de la gestion à tous les niveaux (équipements à renouveler, limitation du personnel, encadrement, problèmes liés au transport du phosphate par chemin de fer…).
Au nombre des propositions devra figurer, en bonne place, l’ouverture du capital de la société aux salariés sous forme d’avances sur les recettes à produire.
Une fois la CPG, sans sureffectif, sera en mesure de produire, de vendre et d’exporter, une partie importante des bénéfices, devra servir à développer la région du bassin minier.

 L’Etat devra s’y engager.

Lorsqu’on a une entreprise qui est proche de la faillite et qui perd quotidiennement de l’argent faute de production, l’Etat n’a rien à perdre en faisant participer les salariés à la gestion de la CPG et en consacrant  une grande partie de ses revenus à la région qui a tant souffert.

 Ces revenus serviront à  l’amélioration de l’environnement sanitaire, la construction et l’équipement d’un hôpital, l’alimentation de la région en eau et le développement de l’agriculture là où on pourrait le faire.

Qui refuserait-il ce deal? A-t-on besoin d’un génie pour faire cela ? Le temps urge et cette bombe à retardement risque d’éclater, car il y a certainement des pêcheurs en eau trouble et d’amateurs de populisme politique qui peuvent presser sur le bouton.

Article publié dans Leaders.com le 15/04/2015
mokhtar el khlifi


samedi 21 mars 2015

Un mini plan Marshall pour vaincre le terrorisme

Notre pays vient de vivre un drame terrible. Nous avons perdu des personnes qui nous ont fait l’honneur de visiter notre pays des Colombiens, des Polonais, des Australiens, des Italiens et des Français qui auraient pu devenir nos meilleurs ambassadeurs de leurs pays respectifs.
Venus à pieds, ils rentreront chez eux dans des cercueils. A cet égard, Il n’y a rien de pire pour un Arabe que son hôte soit maltraité, ou, pire encore, assassiné sous ses yeux !
Nous avons perdu aussi un de nos valeureux combattants parmi les forces de sécurité à qui nous rendons, encore une fois, un vibrant hommage tout en invitant ceux qui nous gouvernent pour se décarcasser et donner, enfin le jour, aux textes de lois qu’ils attendent. Leurs familles ont été trop patientes, un peu trop.
Nous avons perdu bêtement une mère de famille frappée par une balle perdue alors qu’elle vaquait à ses occupations quotidiennes.
Nous leur rendons tous, ici, un vibrant hommage posthume.
Aux familles étrangères, nous leur adressons nos sincères condoléances et invitons leurs ambassades respectives à les leur présenter en notre nom.
Pourquoi ne pas ouvrir, à cette fin, un livre de condoléances dans leurs ambassades ?
Pourquoi ne pas ériger une statue commémorative,  au Bardo, là où ils ont été « descendus » par une rafale de kalachnikov, pour éterniser leurs souvenirs ?
Le terrorisme ne frappe plus au mont Sammama et au Chaanbi.
Il passe à la vitesse supérieure en tuant des civils alors que jusque-là il visait les forces de sécurité.
Nous n’avons pas peur. On ne meurt qu’une fois. On restera debout pour combattre le terrorisme et toutes les formes de violence.
Cette fois, la cible a été malheureusement bien étudiée révélant une intelligente  volonté de nuisance diabolique.
C’est la capitale qui est visée cette fois. C’est un musée recélant des trésors de notre riche histoire. C’est  un édifice limitrophe du siège de notre parlement qui a vécu la réussite du processus démocratique.
C’est un mercredi de vacances scolaires offrant à nos enfants une occasion de s’instruire en s'immergeant dans leur riche histoire carthaginoise, romaine et arabe et d’affluence de visites de touristes venus également contempler ce haut lieu de l’histoire de la Tunisie.
Je parie que s’ils avaient eu le temps ils auraient attaqué le siège du parlement  qui s’apprête à voter la nouvelle loi sur le terrorisme et détruit le musée comme ils l’ont fait en Irak, car ils étaient bien armés (explosifs, Kalachnikov et grenades)!
Aux Tunisiens responsables de tirer les leçons de ce drame pour qu’il ne se reproduise plus en s’unissant face au danger et en se remettant au travail.
Les querelles entre partis politiques peuvent être remises dans les tiroirs car le pays est en péril.
La croissance économique doit reprendre son élan grâce à la contribution de la force du travail équitablement rémunérée et du capital conscient que le paiement d’un impôt raisonnable est une obligation incontournable.
Sur l’UGTT repose l’obligation d’adapter immédiatement ses formes de revendication qui ne doivent plus freiner la production et la productivité, car les caisses de l’Etat sont vides et qu’on ne peut distribuer que ce que nous avons produit.
Sur l’UTICA repose l’obligation d’inviter ses adhérents à avoir des comptes transparents, à s'acquitter de leurs devoirs fiscaux,  à être moins réticents à investir et à faire participer les salariés à la gestion et aux fruits de la croissance en fonction de leur productivité.
Sur l’Etat repose l’obligation immédiate « d’exploiter » le drame que le pays vient de vivre pour que les pays frères et amis qui se disent prêts à nous aider, participent effectivement à la mise en place d’un mini plan Marshall, à volet économique et militaire, qui permettra de consolider le processus démocratique engagé en circonscrivant les poches de pauvreté et d’exclusion qui ont servi de terreau à l’éclosion du terrorisme sur notre sol.

C’est le moment ou jamais.

mardi 17 mars 2015

Le pays a besoin d’un Hédi Nouira bis


J’ai attendu avec impatience, comme presque tous les Tunisiens, le discours à la Nation de Monsieur le Chef de Gouvernement. J’ose dire, que je suis resté sur ma faim. 
Certes, c’est pour la première fois qu’un Chef de Gouvernement reconnaît publiquement, chiffres à l’appui, que la situation économique est difficile.
Mais, Je m’attendais à l’annonce des premières mesures immédiates à prendre, si douloureuses soit-elles, pour arrêter les dégâts et engager le pays vers la voie du redressement.
 La concrétisation des mesures à réaliser dans les 100 jours est, certes, nécessaire, mais à elles seules, elles ne peuvent insuffler la confiance et faire repartir l’investissement privé local resté dans l’expectative mis à part quelques efforts timides enregistrés ici ou là.
Est-on condamné à attendre l’élaboration d’un plan de développement prévoyant un taux de croissance ambitieux de 7% pour que l’horizon soit enfin éclairci  et que la machine redémarre?
Je pense que le pays ne peut plus attendre et qu’il y aurait lieu de revoir notre gouvernance à tous les niveaux.
L’un des points faibles de feu Bourguiba était de ne rien comprendre à l’économie. Sans son ignorance de la chose économique, il n’aurait pas cautionné la triste expérience des coopératives qui nous a fait perdre un temps fou, de l’argent et des vies.
Il a fallu recourir à feu Hédi Nouira pour redresser la barre. Ce fut un bon choix sur le plan économique.
Aujourd’hui, nous devons oser reconnaître que nous avons besoin d’un Hédi Nouira bis. Oui, il faut avoir le courage de ses opinions dans cette phase difficile que traverse notre pays
J’appelle donc NidaaTounes et le Président de la République d’introduire, le plus rapidement possible, des aménagements au niveau de la Direction des affaires de l’Etat car le poids des problèmes et des défis sont multiples et énormes et ne peuvent reposer sur les seules épaules de Monsieur Essid.
Il a besoin d’un collaborateur compétent et efficace au-dessus de ses ministres.
Ma proposition est simple et claire. Faire entrer au gouvernement un poids lourd de l’économie et des Finances en la personne de Monsieur M.K.Nabli. 
Monsieur Essid lui confiera les pleins pouvoirs en matière économique et financière et se réservera la coordination des activités du Gouvernement et la maîtrise surtout des affaires de sécurité sans laquelle il n’y aurait pas de développement économique.
Avec la sécurité et l’économie entre deux bonnes mains, la Tunisie sera mieux armée et verra le bout du tunnel.
Le temps presse. La pression sociale est grande. L’Egypte avance à pas sûrs et notre pays piétine.
Faisons ce remaniement.
Mokhtar el khlifi
17 /03 /2015
 


mardi 3 mars 2015

Lettre ouverte ouverte à la nouvelle «Troika»


Entendez par « Troika », l’ARP, le Président  de la République et le chef du Gouvernement.
De grâce, messieurs et mesdames, ne croyez pas aux dernières statistiques de fin février 2015, qui vous laissent croire que 52% du peuple  est content de ce que vous êtes en train de faire et que tout est dans le meilleur des mondes.
J’ai la prétention de dire que ce n’est pas vrai. D’ailleurs, depuis qu’on a introduit les analyses d’opinion dans le pays personne ne m’a demandé un jour mon opinion et ce depuis quatre ans. Je ne suis pas le seul. L’échantillon de mille personnes ne nous représente donc pas et je crie haut et fort qu’on est sur une pente dangereuse au vu de ce que déclare notre élite.

Face aux revendications salariales, je suis frappé par le silence assourdissant de la « TROIKA ».Je n’entends que la voix des syndicalistes qui tiennent le haut du pavé et prennent en otage nos enfants.
J’ai entendu un commentateur politique, célèbre par ses interventions « en trois points », affirmer que les élèves n’ont pas à critiquer durement leurs enseignants, sinon on leur fera perdre leur aura.
Il a, cependant, omis de dire que par leurs revendications salariales, dans les circonstances que traverse le pays  et la prise des élèves en otage, ces professeurs se sont déjà déconsidérés aux yeux de ces élèves, de leurs parents et de l’opinion publique.
Lisez « facebook »
Personne ne conteste le droit sacro-saint de revendiquer et  d’user, si besoin est et dans les formes légales, du droit de grève, pour tout corps de métiers.
 Mais chaque citoyen responsable a aussi le droit de crier haut et fort que ces revendications ne doivent en aucun cas se traduire par des arrêts de travail surtout dans les secteurs vitaux, tels que l’éducation, la santé, le transport, les  phosphates…
Les responsables syndicaux feignent d’ignorer la situation réelle du pays au point de vue sécuritaire et économique et tiennent, dans ce bras de fer, à mettre le Gouvernement à genoux.
Ils feignent d’ignorer que ce qui leur serait donné d’une main, par la force, leur sera repris de l’autre main.
Pire encore, si le Gouvernement s’amuserait à donner satisfaction à ceux qui ont la chance de s’unir dans un syndicat et peuvent crier plus fort, que le sort de la Grèce nous attend et nous croulerons tous.
J’appelle la « Troika » à se réunir d’urgence et à nous dire, en toute franchise, si le pays peut répondre aux revendications salariales après s’être concertée avec nos élites de la société civile, prêtes à collaborer à l’établissement d’un diagnostic précis de la situation du pays.
Si les finances publiques permettent de faire face au flot ininterrompu des revendications salariales, sans recourir à des crédits extérieurs venant accroître notre endettement et destinés, en principe, à l’investissement, que l’Etat y réponde illico presto.
Dans le cas contraire, il n’y a qu’une seule réponse courageuse à faire par ce Gouvernement.
Il doit faire une intervention à la TV pour rappeler,  au peuple qui détient la souveraineté, la situation dans laquelle son pays se trouve et les nombreux  défis à relever par ordre de priorité et lui demander, en conséquence, son soutien sans faille pour mener le processus de redressement à son terme.
Il doit lui énumérer les sacrifices qu’il est appelé à consentir. Je souhaite que les syndicalistes comprendront alors que l’heure n’est pas à l’augmentation des salaires mais à leur diminution.
A cet égard, une manifestation monstre de soutien au Gouvernement doit descendre dans toutes les principales villes du pays pour siffler la fin de la récréation. 
Les syndicalistes auraient-ils l’audace de s’y opposer ? Si oui, le peuple comprendra alors que leurs desseins sont autres.
Pour faire cette déclaration publique, il faut avoir la volonté et le courage politique de le faire. Ayons cette volonté et ce courage.
Oui, la plaisanterie a assez duré. Ne soyons pas la risée du bon sens.
Remettons-nous au travail et serrons nos ceintures.
Article publié dans Leaders.com le 03/03/2015