lundi 11 janvier 2016

Lettre ouverte à Monsieur Sadok Belaid

Article publié dans Leaders.com.tn
31/12/2015
Je tiens tout d’abord à remercier le Président de la République d’avoir répondu à «  l’appel des 42 » manifestant ainsi sa volonté d’être à l’écoute de l’élite et le Professeur Sadok Belaid d’avoir accepté de donner à Leaders un bref compte rendu de la rencontre de Carthage à laquelle il a été convié avec quelques personnalités de ce groupe qui comprendrait plus de trois cents adhérents environ.
Je ne fais pas partie de ce groupe n’ayant pas la prétention d’être un Universitaire ou de faire partie de l’élite du pays.
Mais un proverbe de chez nous dit qu’on peut  trouver dans les oueds ce qu’on ne peut trouver dans la mer.
Il y aurait donc lieu d’élargir l’assiette de ce groupe dont la composition devrait être pluridisciplinaire et de montrer une prédisposition à recueillir les propositions concrètes susceptibles d’être retenues par  le Président d’où la nécessité de s’organiser pour les recueillir, les trier, les discuter se les approprier et rédiger un rapport à remettre au Chef de l’Etat sur lequel s’engagera le dialogue.
Si vous permettez, je soumets à votre comité les vingt propositions suivantes:
Chapitre           Propositions politiques
§  Fixer avec votre partenaire au Pouvoir une charte qui délimite les lignes rouges à ne pas franchir. Ceux qui ont voté pour Nidaa et BCE comprennent que le rapprochement avec Ennahdha a été dicté par le résultat des élections qui n’ont pas donné à Nidaa une majorité confortable, mais ils n’acceptent pas que le caractère civil de l’Etat soit remis en question, que la Constitution qui contient des ambigüités, voire des contradictions puisse être exploitées par ce parti pour un retour à une politique de réislamisation, une fois au Pouvoir avec une majorité confortable. La solution adoptée pour le choix de l’Imam de la mosquée de Sfax dérange plus d’un et laisse planer des doutes sur les véritables intentions de ce parti. Son interférence dans les choix des responsables dans l’Administration qui devrait être Républicaine est un autre exemple. Sa volonté de s’immiscer dans la réforme des programmes éducationnels est un troisième exemple. La Charte ne suffit pas. Il faudrait que le Congrès de ce parti se tienne enfin et que les congressistes décident que la religion et la politique ne vont pas ensemble. Cela est d’autant plus urgent que le départ du Chef d’Ennahdha peut donner lieu à une implosion de ce parti favorisant l’émergence de la fraction radicale.
§  La crise à l’intérieur de Nidaa ne sera résolue que si les deux protagonistes décident, par eux-mêmes, ce qui est souhaitable, ou sous la pression du Président fondateur, de se désister de la course politique et de la reporter aux prochaines élections présidentielles. Nidaa  est nécessaire pour maintenir un rapport de forces qui lui reste favorable sans lequel Ennahdha reprendra le Pouvoir et s’y maintiendra avec tous les risques que cela comporte.
Chapitre           Propositions administratives
§  Le processus de réforme de la justice au sens large devrait être engagé. La lenteur de la justice, la paperasse en l’absence de numérisation des documents et des archives, le nombre limité des juges, la concentration des pouvoirs aux mains de quelques juges d’instruction, l’absence de protection des juges en charge des dossiers de terroristes, la non-actualisation des textes de loi désuets ne favorisent pas l’instauration d’une justice rapide et équitable.
§  On doit veiller à ce que la composition des Institutions de la deuxième République doivent comprendre des personnalités compétentes et indépendantes des partis politiques et des conflits d’intérêt
§  Créer une commission composée de juges et d’avocats à l’effet de réaliser une concordance des textes législatifs et réglementaires en vigueur avec les dispositions de la Constitution sans attendre que le citoyen à l’occasion d’un procès soulève leur inconstitutionnalité.
§  Réactiver le conseil économique et social qui, par son avis, permettra une meilleure élaboration des textes par l’exécutif et pourra  même éclairer les commissions parlementaires.
§  Veiller à mettre en place un Ministre ou un secrétaire d’Etat chargé de, non de l’information, mais de la communication. Il permettra d’aider le citoyen à suivre l’activité de l’exécutif. Outre un site électronique et un livre blanc périodiquement actualisé, les services de ce département pourront intervenir en direct, à chaud, pour  corriger les fausses assertions constatées  sur les plateaux télévisés et sur les chaines radiophoniques.
Chapitre           Propositions idéologiques
§  Lancer une chaîne satellitaire avec l’aide des pays européens à l’effet de combattre le terrorisme à la base et contrebalancer ainsi les effets dévastateurs d’autres chaines. Le musulman en Europe et en Afrique du Nord pourra avoir une référence pour un islam « modéré ».Cette chaîne abritera des débats contradictoires avec d’imminents spécialistes des questions religieuses. Une relecture de notre histoire religieuse, de notre Coran et de notre Chariaa  nous permettra d’entrer de plein pieds dans le xxi siècle. Pourquoi ne pas solliciter le concours de monsieur Youssef Essedik ?
§  Réformer la formation de nos Imams. Si le vendredi, chaque Imam parvenait à nous expliquer une sourate, ou une partie d’une sourate, en la remettant dans son contexte et en ayant le sens véritable des mots et de la syntaxe, nous pourrions  contrecarrer la violence religieuse.
Chapitre           Propositions de nature prospective
§  Notre pays connaîtra une pénurie d’eau de plus en plus aiguë si des mesures ne sont pas prises telles que la multiplication des barrages et leur interconnexion pour éviter que l’eau d’un barrage trop plein n’aille à la mer, la multiplication des lacs collinaires et le reboisement des hauteurs impropres à l’agriculture.
§  Notre pays souffre d’un déficit énergétique alors que le soleil est là toute l’année ou presque. Instruisons-nous de l’exemple du Sud de la France, de l’Espagne et du Maroc qui investissent dans le solaire.
§  Pour capitaliser l’expérience du Pouvoir, il serait indiqué de créer une institution qui regrouperait, de plein droit, les Présidents de la République, les Premiers ministres et les ministres, les Gouverneurs de la BCT et les gouverneurs des régions qui ne sont plus au Pouvoir. L’exécutif aux commandes pourrait recueillir leurs avis sur des questions particulières et sur le déroulement des affaires de l’Etat réalisant ainsi une  certaine continuité.
Chapitre           Propositions socio-économiques
§  Réactiver le PDR (programme de développement rural) qui permettra à des familles rurales démunies, surtout les femmes, à disposer de quelles bêtes pour avoir du lait, des œufs et de la viande. Son effet sur l’élimination de la faim est immédiat.
§  Ressusciter le 26/26  en le confiant à un organe transparent et en modifiant son appellation.
§  Vendre à crédit à long terme des lots de terrains agricoles contigus à des jeunes sortant des écoles d’agriculture sous réserve de constituer entre eux une coopérative de services  qui  leur permettra d’avoir des outils de production sans avoir à les louer et de transporter leur bétail et leur production sur les marchés réglementés.
§  Exiger de la Banque Centrale de Tunisie qu’elle remette en vigueur son ratio de crédits à moyen terme à l’investissement  à satisfaire par les banques pour qu’elles  accèdent en partie à son refinancement. Ces crédits sont ceux consentis aux PME qui constituent l’essentiel de notre tissu industriel et qui connaissent des difficultés. Mieux vaut faire repartir une entreprise appelée à s’étendre et qui a des marchés que de créer ex nihilo une nouvelle.
Chapitre           Proposition militaire
§  Examiner la possibilité de revoir les conditions d’achat des hélicoptères US si le fournisseur russe est en mesure de nous les livrer immédiatement et à un moindre prix et si leurs engins répondent à nos besoins spécifiques ( vision par tout temps, diurne et nocturne) pour ratisser nos hauteurs et éradiquer les quelques terroristes qui nous narguent depuis au moins cinq ans, ce qui est insupportable.
Chapitre     Propositions diverses
§  Pour encourager la recherche scientifique , créer un Prix à décerner à nos lauréats en matière de recherche fondamentale, de santé, d’invention et d’innovation et de technologie agricole et industrielle.
§  Organiser des visites de travail, et non de villégiature, dans les pays qui nous devancent ou qui ont connu certains des problèmes que nous connaissons pour savoir comment ils les ont traités (éducation, santé, agriculture, énergie, pénurie d’eau etc).
§  Donner plus d’autonomie à nos Universités.
§   l'engagement de l'Etat dans la résorption graduelle du déficit abyssal des caisses de sécurité sociale,
§  la construction d'un centre d'hébergement et de rééducation des revenants des centres de tension dans le monde en attendant leur traduction devant la justice
§   la réforme de notre Constitution en vue de lever certaines ambiguïtés et opter pour un régime présidentiel avec les garde fous nécessaires vu que le régime parlementaire ne cadre aucunement avec la situation grave de notre pays et la mentalité du tunisien

Voici une modeste contribution à toutes fins utiles.
Respectueusement



mercredi 23 décembre 2015

Et si HCS se désistait ?


J’ai à développer deux points. Le premier concerne l’insuffisance de communication du Gouvernement en place. Le second a trait à la crise que traverse Nida.
Il est pour moi incontestable que  ce Gouvernement, fait de son mieux, mais il y a une insuffisance de communication patente.
Le citoyen ne  se rend compte de ce que  fait ce Gouvernement, qu’occasionnellement, lors d’un événement  particulier.
A titre d’exemple, je n’ai pu me rendre compte du programme ambitieux de réforme à engager par le Ministère de la santé à partir de janvier 2016, qu’à l’occasion du regrettable décès de cette concitoyenne de Tataouine qui faute de la présence d’un gynécologue à l’hôpital à été transportée d’un hôpital à un autre pour mourir en fin de parcours laissant deux enfants en bas âge.
 Le déplacement d’un médecin vers elle à Tataouine était-il possible et aurait-il pu la sauver? Peut-être.
Le second événement a été  le cinquantenaire de la création de l’hôpital d’enfants, de Bab Saadoun.
 j’ai vu hier sur la une, un hôpital très bien entretenu, pimpant neuf, et très bien équipé en matériel de pointe avec un personnel dévoué et de haut niveau dont le pays peut être fier mais souffrant d’une exiguïté et d’une surcharge de travail qui va cependant être résolue par l’implantation d’un second hôpital quelque part dans le pays.
 Là aussi le ministre de la santé est revenu sur son programme pour améliorer les services de santé à dispenser au citoyen en remédiant à la déficience des spécialités d’anesthésistes et de réanimateurs, en affectant  des spécialistes dans les hôpitaux qui en sont dépourvus, et en renforçant les services de première ligne qui désencombreront les hôpitaux.
Il a eu aussi le mérite, le courage et l’honnêteté d’endosser la responsabilité du décès de la dame de Tataouine qui n’est pas la seule femme enceinte à mourir bêtement.
Que ce Gouvernement continue à travailler mais en pensant à bien soigner la communication qui doit toucher tous les départements et se caractériser par la continuité.
Un ministre, un site et un livre blanc actualisés sont, je crois indispensables.
Ce qu’il faut aussi, c’est que ce Gouvernement soit soutenu par ceux qui l’ont porté au Pouvoir. Celui de Nida fait  particulièrement défaut occupé dans ses luttes internes pour le Pouvoir.
Oui,  et c’est là une vérité qu’on ne peut cacher au citoyen, chacun, à sa façon,  veut tenir les rênes du parti, car qui tiendrait ces rênes, tiendrait la machine électorale et donc la présidence de la République à laquelle tout le monde lorgne.
La solution ne réside nullement dans ce comité un peu bizarre des 13 qui prétend ne favoriser personne mais qui va déboucher sur un congrès consensuel d’où  émergera, il faut s’y attendre, HCS, comme le principal responsable du parti.
Si tel est l’objectif de BCE en qui plus d’un citoyen, et surtout les femmes, ont placé leur confiance pour qu’il soit là où il est malgré son âge, ce sera là une erreur politique.
Je n’ai personnellement rien à reprocher à son fils. Il pourrait être doté des qualités politiques nécessaires à la conduite des affaires de l’Etat, mais ces qualités seront estompées par le lien de parenté qui le lie à BCE. Le sacrifier politiquement, quoique injuste ; est nécessaire.
Que BCE se rappelle du traitement injuste que Bourguiba a infligé, à son fils Bourguiba junior qui a fait pourtant ses preuves en diplomatie.
 Il l’a  même obligé de vendre la villa qu’il a achetée moyennant un crédit bancaire pour lever toutes les suspicions.
 Il faudrait être de la trempe de Bourguiba pour se conduire politiquement ainsi.
Dans l’intérêt de Nida qui va imploser, si ce n’est déjà fait, et surtout celle de l’équilibre des forces politiques, HCS se doit de se retirer de la course politique et de la remettre à plus tard, c'est-à-dire une fois le mandat de son père achevé. Je lui serais  très reconnaissant.
Si HCS serait incapable de prendre seul, cette décision courageuse et injuste, il appartient à son père de l’y obliger moralement à le faire.
Seule cette décision permettra de sauver le parti de la déconfiture et d’achever la consolidation du processus démocratique.
Merkel, en osant intervenir auprès de BCE pour lui suggérer de replâtrer Nida, a vu juste, car elle ne peut continuer à apporter son appui à notre pays sans un équilibre des deux principales  forces politiques, seul garant de la préservation d’une stabilité politique et sociale propice à l’investissement.

Je garde un certain optimisme pour que la famille BCE sauve encore une fois le pays par son sacrifice.

mardi 1 décembre 2015

Tunisie:un pays franchement ingouvernable

(Article publié dans Leaders.com.tn le 01/12/2015)
Tout le monde a bien remarqué, sans doute, la multiplicité des réactions négatives au bref discours du Président de la République tunisienne, dans les journaux, la radio et les  réseaux sociaux. Rares ont été les réactions positives. Ce constat étonne et inquiète lorsque les réactions émanent d’intellectuels, d’analystes politiques et d’hommes politiques.
Je ne suis pas de Nidaa mais j’ai voté pour lui. Agé de 73 ans, ou presque, je n’aspire plus à rien. Mon seul vœu est que mon pays se remette de cette crise profonde qui le secoue sur le plan sécuritaire, politique et économique, avant que je ne quitte cette vie d’ici-bas. Je n’adore pas les hommes fussent-ils des Bourguiba. Je les juge sur ce qu’ils ont fait de bien ou de mal à leur pays.
Lorsque vous entendez un « responsable politique » évaluer le temps qu’a consacré BCE aux trois problèmes urgents et graves qu’il a traités, dans son discours, a savoir le terrorisme, la Paix sociale et la crise qui secoue Nida pour lui reprocher d’avoir trop parler de Nida et ne pas avoir fait état des nouvelles mesures concrètes envisagées pour combattre le terrorisme, je demeure pantois. 
S’attend-il, sérieusement, à ce que BCE, lise  publiquement, les nouvelles mesures qui seraient prises dans peu de temps ?
Concernant l’épineuse question de la crise qui frappe Nida, il lui a été reproché de ne pas respecter la Constitution en intervenant directement dans les affaires d’un parti qu’il a quitté. Hier, on lui demandait  pourtant de se dépêcher d’intervenir pour user de sa force morale afin que les frères ennemis s’entendent enfin et nous épargnent leurs querelles publiques.
Lorsqu’il s’agit du premier parti qui a remporté les élections et sur lequel pèse la lourde responsabilité d’instaurer un équilibre des Pouvoirs en vue de parachever le processus démocratique, de s’engager sur la voie ardue du développement  et de mener une action de soutien, de mobilisation des énergies et de contrôle de l’action du Gouvernement, il faudrait être, irresponsable ou  de mauvaise foi, pour ne pas le  faire, car il y va de la stabilité de l’Etat et de sa crédibilité.
N’avons-nous pas intérêt tous, nidaistes ou non, à ce que ce contrepoids à Ennahdha perdure pour la pousser à réaliser plus de concessions sur la voie de sa transformation en parti séparant le politique du religieux  et à tenir, à cette fin, son Congrès au plus tôt?
Dans l’opposition nous ne percevons pas de soutien franc à l’action d’un exécutif,  issu pourtant d’élections transparentes et faisant de son mieux, sur le terrain, avec quelque lenteur, il est vrai.  
Il est vrai que le Pouvoir refuse, à ce jour, de ressusciter le Conseil économique et social  qui pourrait réunir toutes les tendances politiques, à coté des experts, pour aider, par ses avis techniques consultatifs, et le Gouvernement et l’ARP.
Pourquoi cette opposition se cantonne-t-elle dans un dénigrement systématique, refuse de mettre la main à la pâte  et s’évertue à mettre en exergue, publiquement, la moindre défaillance, à des fins électoralistes?
Par exemple, même si le lancement d’un appel d’offres péchait par une certaine défaillance, avait-on besoin  d’étaler l’affaire en public et de traiter un ministre, de menteur, en plein débat parlementaire?
Un élément constitutif de Nida a osé, en cette période délicate, éditer une vidéo, pour ajouter certains éléments qui auraient été retranchés à son intervention dans une série télévisée publique dominicale, pour remettre, à nouveau, en cause, la santé du Président, créant ainsi le doute dans l’esprit du citoyen et introduisant un facteur supplémentaire d’incertitude sur la finalisation du processus démocratique ce qui pourrait accentuer la lenteur de certains pays à nous aider franchement à relever les défis qui se posent au pays.
Rappelez-vous que  cette même personnalité avait parlé de Brutus côtoyant BCE.
Au «groupe des 31» qui reproche à BCE de n’avoir pas tenu ses promesses électorales en se rapprochant d’Ennahdha, je dis que votre action pourrait cacher, tout simplement, la volonté de certains d’entre vous de préparer l’après BCE, car celui qui sera aux premières loges du Congrès et donc du parti, pourra aspirer, demain, ou en cas de vacances, à mettre la main sur la machine électorale et donc sur le Pouvoir.
Ces frères ennemis qui se disputent, sans aucune pudeur et en public et qui usent parfois de moyens violents sensés être révolus, ont  crée l’environnement favorable  pour que l’UGET soit battue à plate couture par la partie adverse, chose qui est passée en silence et qui préfigure une défaite de Nida aux élections municipales.
Il faudrait être frappé d’une cécité politique, d’un égoïsme sans borne, d’une irresponsabilité absolue pour laisser Nida descendre cette pente glissante.
Nida n’a pas besoin de nains politiques et il se doit de nettoyer ses rangs. Le plus tôt sera le mieux.
Cette atmosphère délétère ne fait que renforcer Ennahdha à laquelle certains prétendent  s’opposer à son hégémonie, suite à sa participation au gouvernement, ignorant, a dessein,  qu’une large frange de l’électorat a voté pour elle.
Les courants extrémistes  qui  la traversent et qui sont actuellement contenus, resurgiront, en cas de défaillance de Nida, et une fois au Pouvoir, ils mèneront leur politique de « réislamisation » du pays. Ce sera trop tard pour les en empêcher.
Faut-il être un génie pour comprendre ces enjeux?
Pour ce qui est de l’établissement d’une Paix sociale à laquelle BCE porte de gros espoirs, l’UTICA et l’UGTT doivent remettre leurs pendules à l’heure et être au rendez-vous de l’histoire, car le pays est à un tournant difficile et à bout de souffle.
Il faut savoir trancher, courageusement et dans le vif. Cela  a trop duré!
Si l’UTICA  se réfugie, à tort, derrière le taux officiel de l’inflation, il faudrait être  techniquement stupide, ou  carrément de mauvaise foi, pour ignorer que le panier et les pondérations qui servent au calcul du taux de l’inflation, ne collent plus à la réalité et  gagneraient donc à être actualisés.
Si l’UTICA, aidée par l’INS, faisait ce calcul du taux de l’inflation réel, à deux chiffres je pense, elle pourrait faire un pas vers l’UGTT, nonobstant le fait que la décision a déjà été prise pour servir des augmentations salariales dans le secteur public ce qui était une erreur économique grave.
Par ailleurs, les chefs d’entreprises, adhérents ou non, à l’UTICA, se doivent de prendre pour exemple, un certain entrepreneur, qui  a pu investir  récemment, à Sidi Bouzid, sans attendre le rétablissement de la sécurité ou, la promulgation du nouveau code des investissements, mu surtout par l’esprit d’entreprendre, le courage et le nationalisme.
Ce déficit dans l’esprit d’entreprendre, créateur de nouveaux emplois, doit être comblé avant de demander à l’étranger d’investir.
En contrepartie, l’UGTT se doit d’œuvrer à mettre, enfin, un frein aux pressions excessives de sa base, traversée par un courant puissant de gauche, et empêcher ces grèves lourdes de conséquences économiques pour nos entreprises ou ne les réaliser qu’à l’intérieur d’un intervalle de temps restreint, pour ne pas freiner, ni la production, ni les services, sans oublier qu’elle doit tout faire pour que la productivité reprenne dans tous les secteurs, publics et privés, car en Tunisie, elle est des plus basses dans le monde.
La Tunisie était, à un moment donné, au même niveau de développement que la Corée du Sud. Voyez ce qu'elle est devenue aujourd’hui.
Oui, ce n’est pas hélas, le même peuple, la même mentalité ouvrière, le même profil d’entrepreneurs et  les mêmes  dirigeants.
La « révolution » n’a rien modifié sur ce plan!
Enfin, nos médias gagneraient à abandonner la recherche du buzz à des fins  de renflouement de leur trésorerie et se concentrer sur les véritables  problèmes du pays et de sa renaissance.
L’Etat devrait les aider financièrement pourvu que le secteur  entame une action de formation  de ses journalistes et s’en tienne, vis-à-vis du public, à une charte déontologique qui respecte, dans les faits, le droit à une information libre, vraie, courageuse  et puisée à la source et relève le niveau des débats et donc des animateurs et des intervenants dans plus d’un cas.
Oui, ce pays est difficilement gouvernable.

Ni ce régime parlementaire qui a été imposé, ni ses acteurs politiques et médiatiques,  ni sa justice n’ont été au rendez-vous de l’histoire.
Combien avons-nous encore de temps pour remettre les pendules à l’heure, dans un dernier sursaut de patriotisme, avant que les flots n’engloutissent la barque et ses occupants ?

mardi 24 novembre 2015

Le cri d'alarme de Nessim Soltani

23/11/2015 (Publié dans Leaders.com.tn)
Plus d’un tunisien a entendu le récit poignant, courageux, direct et clair de Nessim Soltani, cousin de Mabrouk Soltani que des mains sauvages ont décapité sauvagement après avoir sacrifié plus d’une chèvre pour satisfaire leur faim.
Nous avons vu, à la TV, une camionnette pleine de matelas en mousse, aux abords des habitations des Soltani , offerts par la délégation de la région.
Sans doute d’autres menus besoins ont été satisfaits.
Nous avons vu aussi, à la Présidence, Si Belhaj, consigner les besoins de ces villageois après leur réception par BCE.
Ces actions immédiates sont louables quoique tardives.
Le problème est que sur toute la frontière qui nous sépare de l’Algérie, d’autres groupements humains ont besoin de l’aide de l’Etat et de la société civile.
 Faudrait-il que pour qu’on s’en aperçoive, quelqu’un d’autre soit décapité, ailleurs, et qu’il ait la chance de rencontrer les médias qui ont eu le mérite de lever le voile sur l’isolement, le dénuement, la peur que font peser sur eux cette bande de sauvages que nous avons été incapables jusqu’ici de maitriser?
Outre le récit pénible et émouvant du calvaire dans lequel ces frontaliers arrivent, tant bien que mal à survivre, Nessim a affirmé que les autorités n’ont jamais mis les pieds chez eux et que nos politiciens n’ont jamais eu la peine de voir, quoiqu’ils nous informent, à longueur de journée, au cours de leurs campagnes électorales, qu’ils ont ratissé le pays, du Nord au Sud !
Ces villageois étaient-ils déjà sous terre ?
Il faut donc que les autorités locales quittent leurs bureaux pour effectuer le recensement des concitoyens qui se trouvent dans leur omda et dresser l’inventaire détaillé de leurs besoins pour en informer, l’Etat d’abord, ainsi que la société civile dans toutes ses larges composantes.

Pour éviter d’agir en rangs dispersés et répartir inéquitablement les efforts d’aide, il est plus qu’urgent de créer une structure transparente pour apporter un soutien efficace, soutenu et durable à tous ces concitoyens pour faire face, dans la mesure des moyens, à l’infrastructure défaillante et à la création de sources de revenus permanentes.
Il faudrait être sourd à l’appel de Nessim qui a affirmé qu’il faudrait éviter, à tout prix, que certains, sous la pression de la faim et qui n’ont à manger parfois que de l’herbe,  soient recrutés aisément par les terroristes ou soient amenés à leur offrir leur soutien.
Un de ces villageois, sous la menace, n’a-t-il pas avoué leur avoir donné à manger ?
Une caserne existait et certains ont cru bon de la supprimer. Du temps où régnait la Paix dans ce pays, c’est concevable, mais aujourd’hui ça ne l’est plus.
A défaut de casernes ou de campements militaires, il y a lieu d’aménager des chemins carrossables facilitant l’accès à ces zones, même par mauvais temps, permettant à l’armée et à la garde nationale de multiplier les rondes et aux villageois de se déplacer facilement et de transporter leurs malades au dispensaire le plus proche, encore faudrait-il qu’on prévoie un moyen de transport.
Il va de soi que ces habitants doivent être sensibilisés à informer les services de sécurité au moindre mouvement douteux après leur avoir donner les moyens de le faire.
La structure permanente de soutien précitée pourrait être calquée sur le PDR (programme de développement rural), ou le 26/26, mais en assurant des garanties de bonne gestion et surtout de transparence.
Des femmes issues de la société civile ayant acquis une expérience dans l’action caritative pourraient veiller au bon fonctionnement de cette structure dont les ressources comprendraient une dotation budgétaire, les dons de nos concitoyens personnes physiques et morales, les aides extérieures et celles des associations caritatives.
Ses comptes seront soumis semestriellement à une certification des comptes et seront publiés.
Enfin, l’impression que plus d’un citoyen a des chaines montagneuses qui nous séparent de l’Algérie est que c’est une véritable passoire pour les terroristes.
La coopération algéro-tunisienne n’a pas encore permis de resserrer d’un côté comme de l’autre l’étau sur les infiltrations de ces éléments ?
Ne pouvant pas le faire tout le long de la frontière et en une seule fois, ne pourrait-on pas agir par tronçons de frontière et assurer la sécurité des zones libérées ?
La densité des forets échappe-t-elle aux moyens technologiques qui tardent à venir des USA? Les moyens humains manquent-ils cruellement ? La volonté de l’une ou des deux parties fait-elle défaut ?
Oui, nous aimerions avoir une réponse à ces questions.
Parallèlement à l’action de soutien des populations, il est plus que nécessaire de maîtriser la situation de cet espace malgré son étendue et son escarpement , car il demeure une source de revenus pour les villageois limitrophes.

Ils doivent pouvoir faire paître leurs animaux, ramasser du bois pour le chauffage et la cuisson et élever des ruches d’abeilles en toute sécurité car on ne peut négliger ces sources de revenus en attendant une sédentarisation, souhaitable, mais encore bien lointaine et bien coûteuse, de nos concitoyens.

mercredi 21 octobre 2015

Le Prix Nobel point de départ à une nouvelle politique?

09 /10/2015
A travers le «quartet» la Tunisie vient de recevoir le prix Nobel pour la Paix auquel aspire plus d’un.
Le monde a les yeux fixés sur notre petit  pays qui a administré la preuve que par le «Dialogue National» entre les forces vives, il est possible de surmonter les difficultés rencontrées dans la fondation du processus démocratique.
Le mérite en revient à celui qui l’a initié et à nos «deux vieux» qui ont eu l’intelligence, le pragmatisme politique et  le sens du devoir national de le soutenir pour qu’il débouche sur des résultats tangibles.
Oui, le dialogue national nous a permis d’écrire une Constitution moderne et de réussir des élections législatives et présidentielles transparentes.
C’est là, certes, une étape importante dans la voie de la démocratie mais ce n’est pas tout.
Une autre étape, aussi importante, nous attend, c’est celle de la consolidation de ce processus démocratique sinon tout tombera à l’eau. Nous avons à achever de mettre en place nos institutions, à concilier notre droit avec la constitution et à relancer immédiatement  une économie aux abois.
Le jury des Nobel semble envoyer un message à toutes les forces vives et à chaque tunisien et que nous devons tous saisir.
De grâce, ne nous décevez pas!
Ne vous arrêtez pas en cours de route!
Tunisiens, érigez le «Dialogue National», que vous avez eu le bon sens et l’intelligence  d’instituer,  en une règle de conduite pour consolider votre processus démocratique en mettant en place vos institutions et  en engageant votre pays sur la voie du développement économique et social.
Une lourde responsabilité pèse particulièrement sur les deux  principales composantes du «quartet», a savoir,l’UGTT et l’UTICA pour qu’elles s’entendent rapidement sur les problèmes  qui les opposent et  qui retardent l’instauration de la Paix sociale condition sine qua non pour maîtriser le terrorisme et relancer l’économie.
Elles sont condamnées à s’entendre et n’ont plus le droit à l’erreur sous peine de se discréditer aux yeux du citoyen et de l’opinion internationale qui a les yeux fixés sur notre pays et qui suit nos pas hésitants.
A l’opposition de participer à l’effort de développement et de ne plus être une source de blocage.
Qu’on donne à cette opposition l’occasion de mettre la main à la pâte dans des structures permanentes à mettre en place (conseil économique et social...)
Au tunisien de retrousser ses manches et de se remettre au travail.

Nous avons perdu trop de temps et le doute commence à s’emparer de nous.

mardi 29 septembre 2015

La Tunisie a un capitaine à bord


24/09/2015  (Article publié dans Leaders.com.tn)

Plus d’un d’entre nous attendait que le Président de la République s’adresse, enfin, au peuple pour mettre les  choses au clair, car le doute sur le devenir de la Tunisie a commencé à  s’incruster dans l’esprit de certains.
Plus d’un s’est permis de dire que le navire n’avait pas de capitaine à bord, car les mesures structurelles de redressement de l’économie tardaient à être prises.
 Certains, envieux, voulant prendre la relève avant terme ou n’ayant pas accepté le jeu démocratique, travaillaient en sourdine à renverser l’équipe au pouvoir en bloquant ses rouages.
Plutôt  que de résoudre les gros dossiers, l’exécutif  se trouvait confronté à résoudre les affaires courantes et à répondre aux revendications salariales  alors que les caisses sont vides  et ce des les premiers jours du gouvernement.
Imaginez  l’activité d’un groupe chimique connu pour ses importantes recettes en devises, bloquée pendant prés d’un mois ou plus, car des citoyens de la région ne pouvant plus supporter le chômage et la misère et encouragés également par certains ont voulu, contre tout bon sens, être recrutés par la CPG (Compagnie des phosphates de Gafsa).
Le groupe chimique a repris son activité  ce qui est à mettre à l’actif de ce gouvernement qui, par ailleurs, est en train de débloquer les projets dont le financement est disponible et à réaliser des travaux d’infrastructure.
Il ne se passe pas un jour où il est question de contrôle des prix, de contrôle de la qualité des produits et de saisie de produits de contrebande.
Mais l’investissement,  surtout nouveau, ne repart pas au rythme souhaité et qui dit investissement, dit création de nouveaux emplois.
Peut-on espérer qu’avec un PIB de 1,5%  et qui pourrait être bien en deçà  pour l’exercice 2015, résoudre, au moins partiellement, le lancinant problème du chômage, surtout des jeunes, lorsque l’on sait qu’avec un point de PIB, on ne peut aspirer qu’à créer environ 15 milles emplois ?
 BCE ( Béji Caid Essebssi , Président de la République) nous a confirmé, hier, ce qu’on savait déjà, que les investisseurs tant privés qu’étrangers rechignent  à  réaliser des investissements tant que le climat social  et sécuritaire ne sera pas stabilisé.
Sur le plan sécuritaire les choses s’améliorent de plus en plus grâce notamment aux concours de certains pays dans la formation et la fourniture d’équipements à nos forces de sécurité et à nos forces armées  et il ne se passe pas de semaine sans apprendre que des terroristes ont été arrêtés et que des cellules dormantes ont été découvertes grâce à la vigilance de nos enfants et au concours du citoyen qui a appris à dénoncer tout ce qui lui parait louche.
Avec la tenue prochainement d’un atelier sur le terrorisme et l’arrivée des hélicoptères sophistiqués, achetés aux USA, il y a fort à parier que le terrorisme sera maîtrisé et, peut être, éradiqué, si toutefois, la crise libyenne sera résolue.
Nous venons d’apprendre que grâce aux bons offices de BCE  un compromis vient d’être réalisé entre l’UGTT( organisation salariale) et le Gouvernement pour qu’une trêve sociale soit enfin réalisée dans le secteur public au cours de ce qui reste de l’année 2015 ainsi qu’en 2016 et 2017.
Une trêve dans le secteur privé pointe à l’horizon malgré des débuts difficiles entre l’UGTT et l’UTICA ( organisation patronale ) car en dehors de la concertation et du dialogue, rien ne peut être résolu dans ce pays.
Sur le plan politique BCE a défendu le choix qu’il a fait d’associer Ennahdha ( parti à fondement religieux)  au Pouvoir en dépit des réticences de la base du parti qu’il a créé et qui l’a mené au Pouvoir.
 Il a été le premier à comprendre, et c’est le rôle d’un chef, que le pays ne peut être gouverné sans la deuxième force du pays.
 Il a pu convaincre  son principal dirigeant qu’elle  a sa place sur la scène politique pourvu qu’elle abandonne certaines de  ses positions qui la rattachent à des idéologies religieuses extérieures.
 Est sourd celui qui ne veut pas entendre. Est aveugle celui qui ne veut pas voir.
Ne constate-t-on pas qu’Ennahdha a bien changé?
Ceux qui sont  encore réticents devront attendre les conclusions de son prochain congrès.
 Le pragmatisme politique de BCE, lui a valu les critiques de ceux qui ont voté pour lui.
Certains  ne croient plus dans le parti qu’il a crée ce qui pèsera lourdement dans les prochaines élections si des mesures ne seront pas prises pour faciliter l’ingestion de cette pilule amère, mais combien  nécessaire.
 Ne dit-il pas qu’en politique, seuls les résultats comptent ?
En d’autres termes un politicien qui se respecte doit avoir le courage et l’obligation de modifier sa position initiale si cette  modification lui permet d’atteindre l’objectif fixé, à savoir la sortie du pays de l’ornière.
Personnellement, je préfère de loin ce pragmatisme à l’entêtement de d‘une gauche qui continue de croire dans une idéologie désuète ce qui explique son refus de collaborer avec la « droite » et l’attitude  de ses partisans au sein de l’UGTT qui, depuis quelque temps, ne semble plus tenir compte des impératifs nationaux.
BCE a réussi le défi de rétablir la stabilité sociale prélude nécessaire à la mise en place d’un plan de développement  économique qui sera sans doute discuté avec toutes les parties concernées, y compris l’opposition.
BCE réussira sans doute à faire passer son projet de loi relatif à la réconciliation  qui touche les agents administratifs ayant exécuté des ordres sans pour autant bénéficier de faveurs en contrepartie.
Il touchera également les hommes d’affaires qui reconnaîtront leurs torts en remboursant à l’Etat les faveurs accordées majorées de 5%.
Tout en déniant à quiconque de recourir à la pression de la rue pour rejeter ou amender ce texte, BCE accepte , cependant,  les modifications décidées par l’ARP,  seul organe légitime, pour examiner les projets de textes du chef de l’Etat.
Que l’opposition sache qu’elle doit inscrire son action politique dans le cadre de la légitimité démocratique et ne pas essayer de la contourner en recourant à la rue parce qu’elle serait minoritaire au sein de l’ARP.
 Le message a sans doute été bien reçu par les parties concernées.
Le pays, en difficulté, est, aujourd’hui, à la croisée des chemins.
L’UGTT et l’UTICA ont eu enfin le sens des responsabilités pour inscrire leurs actions dans le cadre du dialogue et de la concertation tout en ayant pour objectif commun, la sortie du pays de l’ornière.
Reste l’opposition.
Que ceux qui veulent prendre la relève, démocratiquement, bien entendu, aient la patience  d’attendre les prochaines élections.
 En mettant la main à la pâte, toutes les forces vives du pays, plutôt que de se cantonner dans des idéologies désuètes, des critiques superficielles et des dénigrements systématiques, pourront convaincre le futur électeur de  leur utilité, sinon celui-ci, composé surtout de jeunes et de femmes, les balaieront pour toujours, laissant la place à deux grands partis, Ennahdha qui est en train de collecter de nouveaux suffrages et Nidaa s’il arrive, toutefois, à se désempêtrer de ses faux problèmes.
BCE semblait dire hier aux tunisiens, sans distinction, que l’exécutif a fait ce qu’il a pu sur le plan interne et à l’international et qu’il a besoin d’achever son œuvre  si tous les tunisiens le soutiennent et se remettent au travail.
Les actions entreprises démontrent que la Tunisie a un capitaine à bord contrairement à ce que certains essaient de nous faire croire.
L’opposition, toutes couleurs confondues, est face à un choix historique.  Participer activement et positivement à la reconstruction du pays qui a besoin de leurs concours tout en acceptant honnêtement le jeu démocratique, ou continuer de nager à contrecourant en étant la source de certains blocages qui peuvent concourir à précipiter  le pays dans sa descente aux enfers.
Que la raison, l’amour du pays et le pragmatisme politique triomphent enfin !
A bon entendeur salut.

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vendredi 4 septembre 2015

Aylan Kurdi, l’enfant syrien rejeté par la mer


Article publié le 04/09/2015 par Leaders.com
Oui, qui d’entre nous n’a pas été ému par cette image d’un enfant de 3 ans rejeté par la mer la face contre le sable ?

Cette triste image continue de faire le tour du monde et d’émouvoir ceux qui ont un brin d’humanité et peuvent, sans remords, se regarder dans un miroir.

 Il y a aussi, cet autre image d’un enfant syrien, plus âgé, qui s’exprime dans un anglais hésitant pour expliquer aux Hongrois qui ne veulent pas d’eux et qui ont barricadé leur frontière de fils barbelés qu’ils doivent plutôt stopper la guerre car il ne demande qu’à rentrer dans son pays.

Ce qui est étonnant, c’est que des dizaines, voire des centaines d’enfants syriens sont morts et meurent encore sous les bombes, les tonneaux de dynamite, les immeubles qui s’écroulent et les balles perdues ou non et ce depuis pas mal de temps sans qu’aucun mouvement de sympathie international similaire ne se soit manifesté!

Pourquoi, le monde, aujourd’hui , semble prendre conscience de l’horreur de cette guerre ?

Est-ce que tous les médias ont joué, pour Aylan, le rôle qui est le leur ? Est-ce que le phénomène migratoire a atteint une ampleur exceptionnelle et va s’amplifiant ? Est-ce que l’Europe se sent menacée par ce péril à ses frontières ? Est-ce parce que l’Europe qui peine à sortir de la récession et  qui est de surcroît traumatisée par le terrorisme des islamistes craint d’être envahie par la marée des musulmans ? Est-ce parce que, Madame Merkel, la Chancelière allemande, dont le pays n’est pas impliqué dans tous ces foyers de tensions ,a été la première à ouvrir ses portes aux migrants alors que des pays arabes riches et certains pays européens ne l’ont pas fait?

Toutes ces interrogations me taraudent l’esprit.

 Je ne me sens pas fier d’appartenir à ce monde plein d’antagonismes, de contradictions, d’intérêts matériels sordides, d’idéologies désuètes, de nationalismes exigus, de volonté de domination du plus faible ou de celui qui ne partage pas vos valeurs et  pour tout dire un monde où l’humanité tend à se perdre.

Le monde d’aujourd’hui est menacé de s’autodétruire sans que ces fichus politiciens n’aient eu le courage de trouver un consensus, certes difficile et douloureux, mais combien nécessaire pour revoir leur conception des rapports entre les Etats.

C’est à cette assemblée mondiale prestigieuse créée au lendemain de la première guerre mondiale, à savoir, la SDN puis l’ONU, pour préserver, tenez-vous bien, la Paix dans le monde, que l’enfant Syrien Aylan, et par sa bouche, tous les enfants du monde, s’adressent, pour que les rapports mondiaux changent dans le bon sens, pour qu’ils aient le droit à la vie, à la nourriture, à l’instruction et à la culture, à la santé et à la Paix.

Il est temps que l’ONU se réveille de sa profonde léthargie.

Elle doit être dirigée par quelqu’un de la trempe du défunt Dag Hammarskjoeld et non par un simple administrateur aux ordres d’un pays ou d’un groupe de pays puissants ,avec un conseil de sécurité qui doit représenter équitablement l’ensemble du monde et non les cinq pays les plus puissants.

De timides tentatives ont été faites pour intégrer l’Allemagne et l’Inde dans le conseil de sécurité, parmi les membres permanents, mais sont demeurées lettre morte.

Cette révolution de l’ONU qui ne pourra être faite que sous la pression de la rue de tous les pays du monde, ne pourra être conduite que par l’Allemagne et la Suède qui ne cessent de montrer qu’ils sont les moins deshumains de ce monde.

De grâce, laissez-moi poursuivre encore mon rêve en souhaitant que cette nouvelle ONU, défende effectivement certaines valeurs et principes.

Outre la Paix dans le monde, la protection de l’environnement au sens large du terme, la réparation des injustices politiques commises par certains pays au détriment de certains peules (le peuple palestinien, le peuple kurde…) et qui minent la coexistence des peuples, la reconnaissance des richesses dans le monde comme étant un bien commun à toute l’humanité ainsi que leur juste répartition, la liberté de  circulation des personnes, des biens et des capitaux, la liberté de conscience, le bannissement du racisme, la défense des valeurs démocratiques et la coopération des Etats dans tous les domaines, devraient être ses objectifs principaux.

Aurions- nous besoin de tous ces arsenaux militaires entre les mains de nains politiques prompts à de nouveaux Nagasaki et de nouveaux Hiroshima ?

Ne pourrions-nous pas reconvertir cette puissance destructrice dans la reconstruction d’un monde que nous sommes en train de détruire à petit feu ?

Avons-nos  besoin de nouveaux Aylan Kurdi pour nous ressaisir et transformer nos rêves et nos espoirs en une réalité ?