mardi 15 mars 2016

L’autre danger : l’islamisme rampant



C’est en regardant, hier, la fameuse émission « Limen yajraou fakat » du 13 mars 2015 que j’ai eu l’idée d’écrire cet article.
Nous avons tous suivi l’itinéraire de cette dame qui a perdu ses deux grandes filles, et à un moindre degré leurs cadettes,  qui ont été happées par l’extrémisme religieux  qui a su profiter du désaccord au sein du couple et de la sévérité de la mère pour les embrigader et abuser de leur jeunesse.
Il a suffi d’un laps de temps, fort court, pour que deux grandes filles qui n’ont pas atteint la puberté  endossent l’une après l’autre, l’habit religieux et adoptent le langage des extrémistes qu’elles ont appris dans les tentes de prédication et les brochures distribuées, au vu et au su de l’Etat. Elles ont fini  par atterrir en Libye à Syrte et peut-être pour l’une d’elle en Syrie.
Il y a eu aussi le cas de ce jeune homme qui a réussi ses études supérieures mais n’a pas trouvé du travail. Bien que bénéficiant du soutien matériel de ses parents, ce qui n’est pas le cas de la famille précédente, il  s’est métamorphosé, en très peu de temps, en endossant la jellaba  et en changeant de langage. Nonobstant le fait que le brave père lui ait monté un projet rentable, clefs en mains, il a fini par quitter le pays pour la Libye.
Cela se passait sous la « Troika » et plus précisément sous Ennahdha.
Ces victimes du terrorisme ne sont pas les seules. Elles se comptent par milliers.
Ce grave dérapage vers l’extrémisme s’est fait avec la bénédiction du Pouvoir en place sous le couvert d’une « révolution » qui n’a réclamé que plus de justice sociale et de dignité et non la remise en cause de notre modèle social.
 Il va  falloir, un jour, déterminer les responsabilités des uns et des autres.
 Si ce n’est pas la justice transitionnelle, plutôt préoccupée par le leg de Bourguiba, ce sera l’Histoire et son verdict sera des plus sévères.
Nous ne voulons plus que ces dérives se répéteront un jour.
Aujourd’hui, nous constatons tous qu’Ennahdha,  qui prépare son Congrès, a viré de de langage de180 degrés. Vous êtes étonnés par les prises de position adoptées par ses dirigeants au point qu’on ne distingue plus celui qui appartient à Nida, ou ce qu’il en reste, et celui qui défend Ennahdha.
Il serait naïf de croire que leurs convictions intimes se soient transformées, du jour au lendemain, suite à la fameuse rencontre de Paris qui a scellé le destin du pays.
Ma conviction intime est que le Premier responsable d’Ennahdha, politicien intelligent, pragmatique et savant attendre, a opéré un repli tactique simplement pour ménager l’avenir  de son parti et asseoir solidement son emprise sur le pays.
En fait, si les dirigeants ont, pour le moment, suivi leur chef, c’est moins sur pour la base du parti.
On aura beau nous dire que le prochain Congrès fera la séparation entre le politique et le religieux ce qui avec la Constitution, telle que rédigée actuellement, le caractère civil de l’Etat sera garanti. Mais tout le monde sait que cette Constitution résultant de tractations et de concessions, contient des ambiguïtés qui peuvent être exploitées dans un sens ou dans l’autre.
Quant au parti, une fois au Pouvoir, une branche dont elle serait issue interférera dans le religieux et ainsi la forme sera sauvée. Cette dérivée comportera, sans conteste, Cheikh Mourou qui a confié, rappelez-vous bien, à l’homme qui prêche l’excision des femmes, sans doute mécontent, que notre « action » doit cibler les jeunes car leurs parents ont pris le mauvais pli et il n’y a à attendre d’eux.
L’avenir de ce pays dépend donc de l’opportunité qu’il y aurait de laisser à des émanations d’un parti le soin de réislamiser  la Tunisie par ses prêches ce qui nous ramènera à la case de départ.
Doit-on accepter ce principe ? Où doit doit-on réserver le domaine religieux à l’Etat, c'est-à-dire au Ministère des affaires religieuses, une fois un cadre d’actions mis en place ? Ou à la limite à une autorité indépendante de L’Etat et de tous les partis politiques ?
Toute la question est là.
C’est pourquoi je m’adresse au Ministère des Affaires religieuses pour lui demander d’expliciter la politique qu’il entend suivre en matière religieuse durant cette législature.
Le cadre d’actions pourrait comporter plusieurs points à respecter :
-Le Coran qui  demeure notre texte de base doit être lu d’une manière uniforme. A cet égard, pourquoi ne pas éditer une nouvelle mouture Coran qui comprendra soit des renvois, soit en annexe des compléments explicatifs qui lèveront toutes les erreurs de lecture et d’interprétation?
Ce travail  serait confié à une commission qui comprendrait outre les cheikhs zeitouniens,  nos penseurs éclairés. ( Mr Youssef Essedik et autres…)
-Assurer une formation complète des nouveaux Imans et  recycler les anciens qui seraient prédisposés à le faire,
-Suivre le prêche de nos Imans, opérer les redressements qui s’imposent et écarter de nos mosquées les imams extrémistes.
-Lancer une Chaîne de télévision à caractère historique, civilisationnel et religieux, à audience maghrébine et européenne, à l’effet de diffuser un discours religieux expurgé de toute fausse interprétation et de tout extrémisme et ouverte aux débats contradictoires.
-Revoir les manuels scolaires et réviser à la hausse les coefficients des matières religieuses.
Ce cadre, s’il était mis en place, servirait de rempart à l’islamisme rampant. Il n’y aurait plus de justification pour que des partis politiques prennent leurs bâtons de pèlerin pour nous « reislamiser » à leur façon en créant leurs branches religieuses.
Le second garde fous consiste à ce que la société civile qui a montré son dynamisme et sa maturité trouve le cadre idoine et une structure pour faire passer ses messages au citoyen et à ceux qui nous gouvernent, surtout.
Oui, ceux qui nous gouvernent croient, à tort, détenir, seuls, la vérité et ont montré qu’ils ne tenaient aucunement compte de la position de la société civile bien qu’elle soit en avance sur eux.
Aussi, de même qu’il y a un « Parlement pour les enfants », la société civile a un cruel besoin d’un Parlement bien à elle.
 Y feront partie, les associations, nos penseurs, poètes, artistes et écrivains, nos experts et vieux routiers de l’Administration et des entreprises, nos entrepreneurs dans les divers secteurs de l’activité économique dont les avis peuvent être utiles et nous faire gagner du temps.
L’exécutif et le législatif seront tenus, par la loi, de consulter ce nouvel organisme et de justifier leurs prises de position contraires à l’avis émis.
Mokhtar el khlifi
14/03/2016


vendredi 11 mars 2016

Ben guerdene « Médinet el Abtal » et… après ?

10 /03/2016
On ne peut que féliciter notre armée et nos services de sécurité pour leur bravoure et leur aptitude à maîtriser, pour la première fois, les combats de rue, et de continuer leurs opérations de ratissage pour venir à bout de cette vermine.
On ne peut, hélas, que s’incliner devant nos nombreux martyrs surtout parmi les civils tombés au champ d’honneur.
On ne peut que féliciter les habitants de Ben Guerdene, mais pas tous, qui ont aidé, d’une manière ou d’une autre, les forces de sécurité à maîtriser cet assaut terroriste.
Mais, il y a des questions qui méritent une réponse. Ces terroristes se sont comportés dans Ben Guerdene comme un poisson dans l’eau.
Ils connaissaient bien la ville puisqu’ils sont allés tout droit vers des personnes qui les ont combattues, pour les assassiner froidement, chez eux. Ils étaient lourdement armés et disposaient de caches d’armes. Ils  ont pu se procurer des provisions fraîches comme en témoigne les pots de yaourt trouvés dans un réfrigérateur.
Etaient-ils arrivés dans les deux ou trois 4x4  qui seraient venues de Libye, la semaine dernière, pour la première opération du 07 mars 2016 ? Le nombre des morts (une cinquantaine) laisse penser qu’ils étaient plus nombreux.
Trois 4x4 sont-elles suffisantes pour les transporter avec leurs équipements et leurs armements ?je ne le pense pas.
Il est probable qu’ils se soient infiltrés de Libye, et d’ailleurs, mais au fil des jours pour constituer, au bout d’une certaine période, cette armada.
Il est curieux et intriguant que personne ne se soit pas aperçu ! Il n’y a qu’un pas pour déduire qu’ils bénéficient de complicités, à Ben Guerdene  et /ou ailleurs.
Il n’est pas exclu aussi que des cellules dormantes existent déjà à Ben Guerdene et ailleurs et qu’elles ont prêté leur appui aux quelques éléments qui se sont  récemment infiltrés de Libye.
Attendons patiemment les résultats de l’enquête et ce qu’on voudra bien nous dévoiler.
Nous avons vu le soutien d’une partie de la population aux forces de sécurité mais il faut que nous soyons sûrs, à la fin de ces ratissages, que les terroristes ne trouveront plus aucun appui, si minime soit-il.
D’autres Ben Guerdene ne sont pas à exclure, ailleurs, dans notre pays, tant qu’il y a des « cellules dormantes ».C’est le risque majeur que nous courons.
Après Ben Guerdene, qu’elles seraient  les mesures qu’on pourrait suggérer de prendre ?
§  Mener une campagne pour dénicher précisément les « cellules dormantes » implantées dans tout le pays. Le renseignement est capital. A cet égard, le rôle des omdas, des propriétaires de locaux destinés à la location et du citoyen sur qui repose l’obligation de porter à la connaissance des services de sécurité tout fait qui lui paraitrait douteux là où il habite et ,ailleurs, sur son parcours, est nécessaire. Une campagne de mobilisation, pendant un mois, avec le concours des médias serait très utile. On le fera rationnellement de façon à couvrir tout le pays, du Sud au nord et d’ouest en Est. Je ne sais si ce travail de fourmis, à mener au sol, devrait recevoir l’appui d’hélicoptères équipés de moyens technologiques sophistiqués. Pour les moyens, une contribution financière légale obligatoire provisoire, sur les salariés, les entreprises et les activités libérales devra rapidement  être instituée et dont le produit sera versé dans un fonds budgétaire soumis au contrôle de la cour des comptes. C’est là une manifestation concrète de  solidarité qui vaut son pesant d’or de loin préférable aux manifestations de rue qui sont inopportunes. Au gouvernement et à l’ARP de frapper le fer tant qu’il est chaud et d’édicter les textes.
§  Construire un camp destiné à recueillir tous les terroristes, y compris ceux provenant des zones de tension au lieu de les laisser se promener dans la nature avec une surveillance molle, ou de les emprisonner avec les autres catégories de prisonniers.
§  Exclure, si possible, de l’amnistie certaines têtes brûlées.
§  S’atteler à mettre en place des imams compétents, acquis à ce pays, pour développer un discours religieux non extrémiste surtout à l’attention des jeunes. Une TV spéciale devrait prendre en charge le discours religieux à tenir
§  Prêter une attention particulière aux zones frontalières à l’effet de créer  des emplois aux jeunes et de les mettre ainsi à l’abri du besoin et donc des tentations extrémistes. Qu’attend-t-on pour réactiver le 26/26, tout en prévoyant les contrôles nécessaires ?
§  Tarir les sources de revenus des terroristes par un contrôle efficace des transferts de fonds en provenance de l’étranger via les banques ou sous forme liquide. La révision des textes concernant les associations tardent à être effectuée.
Sur le plan politique, le Président de la République, pourrait réunir tous les responsables politiques et ceux des organisations ouvrières  et patronales, sans exception aucune, à l’effet de les mettre face à leur responsabilité et d’exiger d’eux qu’ils soutiennent l’action de l’exécutif dans le cadre de la Constitution, des résultats des élections  et des textes en vigueur.
Ce serait là une occasion de lever les malentendus et les ambiguïtés à travers les échanges qui se feront et de faire accepter, à certains, les règles élémentaires de la démocratie. Il est souhaitable que les médias soient présents.
Ce qui nous unit est de loin plus important que nos divergences sur certains points surtout en matière de conduite de la politique économique et sociale.
Il n’est pas difficile d’actualiser l’action du Gouvernement en la matière moyennant des concessions de part et d’autre. Est-il si difficile pour les experts qui représentent cet aréopage de s’entendre,  au bout de quelques jours, certes, sur les bases de la reprise économique avec un objectif de croissance permettant de résorber un nombre plus important de chômeurs et surtout de donner une lueur d’espoir sur l’avenir de ce pays ?
Cet objectif ne pourrait être atteint que si les organisations salariales et patronales finissent par s’entendre sur l’urgence de mettre fin aux revendications comportant des arrêts intempestifs du travail et donc de la production et d’un autre côté sur la disposition du capital à admettre enfin que l’ère des grands écarts de salaires entre ce que perçoit le salarié et l’entrepreneur, est révolue, si on cherche vraiment la Paix sociale et l’intérêt du pays.
Quand évoluera-t-on, par exemple, vers une participation du salarié au capital de l’entreprise ?
Amusez-vous à comparer ce que perçoit un PDG d’une banque privée et le cadre supérieur ou encore le simple employé sur lesquels repose en réalité le travail. Vous constaterez que c’est insoutenable et que cela doit changer.
Sur un autre plan, notre diplomatie se doit de nous prémunir contre ce qui touche à notre sécurité.
Certes, les terroristes, de tout poil, se sont cassés les dents à Ben Guerdene qui loin de céder, comme hier Mossoul, a brillamment résisté à leur lâche agression et les a exterminé grâce à la bravoure de nos soldats et de nos forces de sécurité aidés par la population locale et le pays tout entier.
Mais, c’est le gain d’une bataille car la guerre n’est pas finie. Il est attendu qu’ils referont leurs calculs, se prépareront davantage et nous agresserons de nouveau si rien n’est fait sur le plan de nos alliances militaires.
Si notre pays était fort militairement il serait en droit de répondre à cette lâche agression par une attaque des sites terroristes et ne resterait pas les bras croisés en attendant leur nouvelle attaque.
Il est donc impérieux d’exploiter cette agression pour constituer une alliance militaire avec des tierces parties à l’effet de neutraliser, en territoire libyen, ces agresseurs de tout poil.
La stabilité de notre pays dépendra des frappes chirurgicales qu’il y aurait lieu de porter à ces terroristes.
Comme je suis sceptique sur l’attitude des occidentaux  dont les desseins ne sont pas les nôtres et qui visent plutôt à déstabiliser la région en mettant la main et sur la Libye et surtout sur l’Algérie, je suis partisan d’une alliance avec l’Algérie, la Mauritanie, le Maroc et l’Egypte.
Daesch n’était-il pas venu de Syrie au vu et au su des occidentaux pour s’implanter en Libye ? Ont-ils bougé le petit doigt pour les arrêter ?ils n’ont tué que certains individus recherchés.
Formons donc cette alliance et finissons-en de cette vermine. Le plus tôt sera le mieux. Tout le monde trouvera son compte y compris le peuple libyen qui ne manquera pas de nous soutenir au sol.


jeudi 4 février 2016

Comment créer le plus d’emplois possibles?


03 /02/2016
La création de nouveaux emplois est un lancinant problème qui préoccupe le Chef de Gouvernement au point d’avoir eu des ennuis de santé que nous souhaitons passagers et sans gravité.
Il se doit, je crois, de tirer les conclusions de cet incident de santé.
A sa place, et si je tiens à rester, je nommerais un technicien super ministre ayant fait ses preuves dans le passé sur lequel reposerait l’instruction des dossiers importants.
 Le rôle de Chef de Gouvernement, serait de s’entretenir avec les courants politiques  et sociaux et les forces productives, de fixer les objectifs, de les actualiser, de contrôler ce que font ses ministres, surtout sur le terrain, et de trancher et d’arbitrer en cas de besoin.
Voir tout soi même peut être la source de lenteurs et d’épuisement physique sans grande efficacité pour le pays. L’équipe au Gouvernement travaille mais certains résultats tant attendus tardent à venir. Il faudrait y remédier.
Comment mettre le  pays sur les rails de la croissance et donc de l’investissement ? Voilà une grande question à laquelle il est difficile d’y répondre.
Même après la  consultation récente des partis politiques, le citoyen n’a pas décelé des propositions concrètes neuves et réalisables sur le terrain. Tout le monde se cherche encore.
Je pense qu’il y aurait lieu que le Président de la République et le Chef du Gouvernement commencent par faire une brève déclaration  d’intention devant l’ARP visant à redonner confiance au peuple, aux forces vives du pays et aux investisseurs étrangers après en avoir discuté avec les chefs des blocs parlementaires.
Ils n’auront pas à renvoyer l’auditoire à la fameuse «feuille d’orientation», ni au «Plan en cours d’élaboration» dont le contenu échappe à plus d’un d’entre nous.
D’abord, Ils brosseront, un bref état chiffré, des principaux agrégats sans oublier ni la situation alarmante des caisses de sécurité sociale, ni le nombre des sans emplois, ni le  nombre de familles au-dessous du seuil de pauvreté.
Ils attireront l’attention de tous sur la situation critique que traverse le pays et les risques encourus si l’investissement ne repart pas.
Oui, sans investissements surtout privés, il n’y a point de salut.
Ils fixeront un cadre économique clair à l’attention des investisseurs locaux et étrangers et à l’opposition qui ne cesse de nous rabâcher que le Gouvernement navigue à vue et inviteront les investisseurs à retrousser leurs manches.
A cet égard, tout le monde doit savoir, une fois pour toutes, qu’aucun Gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche, n’est  en mesure de diriger le pays.
Seul un Gouvernement de centre gauche est acceptable pour la majorité des tunisiens.
Ce gouvernement s’engagera à respecter la propriété privée des moyens de production et à reconnaître que la liberté d’entreprendre est la règle, mis à part quelques secteurs stratégiques (à préciser) qui resteront du domaine de l’Etat.
 En contrepartie de cette liberté, le capital partagera avec le salarié les fruits de la croissance grâce à une fiscalité juste qui n’obère pas cependant l’équilibre des entreprises et  les dissuade d’entreprendre et même une participation symbolique au capital de l’entreprise qui les emploie.
L’Etat  jouera le rôle  de planificateur, d’arbitre ainsi que de soutien aux plus démunis.
Que faire pour relancer l’investissement et créer des emplois?

L’investissement public

Il semble que l’Etat aura à booster la réalisation des investissements programmés et qui piétinent en dépit de l’existence de leur financement pour lequel le pays est en train de payer des intérêts. Il aura à réaliser aussi l’enveloppe prévue par la loi de Finances pour 2016.Ces investissements, à eux seuls, ne résorberont pas le chômage. Il est possible que l’Etat puisse, si la volonté politique existe, mobiliser localement de nouvelles ressources sans augmenter la pression fiscale.
 La réforme fiscale, la lutte contre l’évasion fiscale grâce à l’informatisation et l’unification des procédures administratives, la lutte sérieuse contre le commerce parallèle, l’irrespect des textes en vigueur et l’amélioration de la gouvernance doivent être des priorités pour ce Gouvernement.
Les fonds recueillis pourraient être consacrés à l’investissement. Mais il faudrait surtout que l’investissement privé reparte. Trop d’ateliers, de rencontres, de déclarations  des hommes d’affaires mais pratiquement rien sur le terrain.
On subordonne tout à la parution à la maîtrise du terrorisme et à la parution du nouveau code des investissements.
L’Etat ne pourrait-il pas s’engager à faire bénéficier l’investisseur des avantages que prévoirait ce nouveau code à tout investissement réalisé avant sa parution?

L’investissement privé

L’investissement privé étranger, avec ou sans, la participation d’investisseurs locaux ne viendra que si l’investissement privé local repart.
Pourquoi voulez-vous qu’un étranger investisse dans un pays, si l’investisseur local n’a pas confiance dans ses institutions et dans ceux qui le gouvernent?
La Paix sociale et le sauvetage du processus démocratique engagés, à grand prix, demeurent donc tributaires de la bonne volonté des investisseurs privés.
Aujourd’hui, le devenir du pays repose surtout sur les organismes professionnels tels que l’UTICA et la CONECT qui doivent entreprendre un effort accru de mobilisation et lever les réticences de leurs adhérents.
Ces organismes se doivent de prendre conscience du défi qui repose sur leurs épaules. C’est le moment de faire plus de sacrifices s’ils veulent préserver les investissements qu’ils ont pu réaliser, car le mécontentement populaire qui gronde et que l’Etat essaie de comprimer par des amuse gueules, attend le moment de tout ravager sur son passage, encouragés par des politiciens partisans de la « révolution » à outrance.
Ceux qui ont bloqué Le Groupe chimique durant des mois et fait perdre au pays 1700 MD ou même plus est un exemple à méditer.
Je crois que le moment est venu pour que le Capital mette la main à la poche pour réaliser des investissements créateurs d’emplois. La recherche de placements dans l’immobilier et les opérations de spéculation doivent s’arrêter. 
Sans demander à l’investisseur de se faire harakiri, J’aime répéter l’exemple d’un industriel bien connu sur la place,  qui n’a pas attendu la parution du nouveau code des investissements, ni la maîtrise du terrorisme  pour investir à Sidi Bouzid.
C’est là un exemple d’entrepreneur et un patriote.
Pourquoi ne pas suivre son exemple quitte à ce que l’Etat  et l’UGTT s’engagent à  protéger si besoin est tout investisseur menacé ? Que l’Etat prenne l’engagement de le dédommager au moins partiellement.
Qu’on sache que ceux qui ont le ventre creux, et qui ne demandent que des miettes, sont ahuris en voyant, par exemple, les résultats bénéficiaires des banques  et les honoraires perçus par leurs dirigeants. D’autres entités nagent aussi dans l’opulence rien qu’à voir leurs grosses cylindrées sillonner nos routes et leurs villas de marbre.
Une insulte au bon sens et à la solidarité sociale par les temps qui courent!
Ils nous donnent l’impression que la résorption du chômage est le dernier de leurs soucis, la rejetant sur l’Etat.
Qu’on ne me dise pas que par ce papier je tente de réveiller le démon de la lutte des classes ou de la haine. Non,  c’est mon patriotisme sincère et ma certitude que nous allons tous vers l’inconnu, qui me poussent à crier, haut et fort, que le capital doit se réveiller, dans un dernier sursaut, et gagner en esprit entrepreneurial, car cet esprit  lui manque cruellement.
Que les banquiers et les entreprises, en bonne santé,  se décarcassent un peu et sauvent la maison avant que le toit nous tombe tous sur la tête.

L’investissement dans la PME et les petits métiers

C’est là aussi un créneau porteur à encadrer et à protéger. Le tissu industriel du pays est constitué surtout par des PME. Là on a des investissements qui ont été réalisés et des engagements bancaires qui grèvent le bilan des banques mais se trouvent confrontés, dans certains cas, à des difficultés de toutes sortes.
Pourquoi ne pas examiner sérieusement, un à un,  leurs problèmes et les résoudre  sauvant ainsi  des emplois, voire en créer de nouveaux?
Il est également possible que l’Etat vende à crédit à long terme, avec quelques années de grâce, des lots de terre, à ceux qui ont les aptitudes requises (diplômés des écoles agricoles, descendants d’agriculteurs ou autres) pour travailler la terre et manifestent un intérêt  évident pour le faire, sous réserve de constituer, entre eux, une coopérative de services.
Leur coopérative louerait ses services (achats de matériels, travail de la terre, commercialisation des produits etc) au prix de revient et bénéficierait d’exonérations fiscales. Limitée à quelques hectares, cette expérience pourrait être étendue, en cas de réussite.
Pour les artisans, la difficulté réside dans le financement du local. Il faudrait que les banques  et les sociétés de leasing acceptent de le faire moyennant la garantie de l’Etat.

Le micro crédit

Je crois que le micro crédit existe chez nous mais pas sous forme institutionnalisé, si je ne me trompe.
Le micro crédit a été engagé dans notre pays par des associations telles que Anda.
Conect ,aussi, sous l’égide de Si Tarak Chérif, s’est engagée sur cette voie et on remarque que des points de vente ont déjà vu le jour ( à Ibn khaldoun par exemple, à la rue Mongi Slim à Tunis…).
Il serait donc indiqué que le Gouvernement, étudie la question avec ces précurseurs du micro crédit pour leur dispenser ses encouragements et résoudre les problèmes auxquels ils seraient confrontés.
Un organisme pourrait se spécialiser dans la préparation de projets prêts pour le financement, à remettre, en toute transparence, à des jeunes présentant la volonté et la capacité de les gérer et acceptant un coaching.
Mais, avant d’avancer, il serait indiqué de disposer de chiffres précis et détaillés concernant les demandeurs d’emplois et surtout d’études sectorielles. Les créneaux porteurs doivent être identifiés au préalable.
Va-t-on couvrir le pays de menuisiers, de mécaniciens, et de coiffeurs?
Par ailleurs, c’est, à juste titre, que les banques exigent un autofinancement et requièrent des garanties réelles pour limiter leurs risques et obéir aux règles prudentielles édictées.
Supprimer l’autofinancement et les garanties serait une grave erreur à ne pas commettre.
Si l’Etat tient à supprimer ce handicap réel, pour certains, qui il n’a qu’à créer, dans la transparence, un fond public où puiser cet autofinancement et mettre à contribution le citoyen en prélevant quelque part un impôt sur ses revenus au delà d’un certain seuil.
Il ne devra, en aucun cas, s’appuyer sur les banques publiques pour réaliser son souhait Tout au plus, l’Etat pourra-t-il demander à la BCT d’allonger la durée de remboursement des crédits bancaires octroyés, de ressusciter le ratio de crédits à moyen terme et d’exiger des banques qu’elles limitent les garanties à la hauteur des crédits octroyés, sans plus.
Je finirai ce chapitre en demandant, avec insistance, à l’Etat, et nonobstant les critiques attendues, de ressusciter le 26 /26, sous une forme transparente et dont l’action sera concentrée sur les zones frontalières.
Ses actions permettront de fixer la population, proche des lieux de tension, en lui donnant les instruments de gagner dignement leur vie tout en les reliant, par des chemins vicinaux, au réseau routier et à la population urbaine.

Telles sont quelques modestes propositions. Que le lecteur m’excuse d’avoir été un peu trop long.

lundi 18 janvier 2016

Mes réponses à Si Mohamed Talbi

18/01/2016
Plus d’un a été  surpris par le témoignage de Si Mohamed Talbi, lors de sa réapparition sur une chaîne TV ce samedi 16 janvier, à l’occasion de la parution de son nouveau livre. Un témoignage émanant d’un de nos éminents penseurs a certainement son impact sur l’auditeur. S’il est faux, son impact est négatif surtout sur les jeunes. Ceux qui n’ont jamais aimé Bourguiba, le « despote éclairé »,  ce témoignage ne manquera pas de leur apporter de l’eau à leurs moulins.
D’emblée, je lui dis qu’il n’a pas à entacher la mémoire d’un mort qu’il a pu côtoyer et lui dire de vive voix courageusement ce qu’il en pense. Talbi ne manque pas de courage.
Il ne l’a pas fait hier, mais pourquoi le fait-il aujourd’hui ?
Dieu merci, c’est une impression qu’il a cherché à fonder sur des arguments un peu trop superficiels ce qui étonne de la part d’un savant ayant écrit de nombreux livres.
Ce n’est pas parce que Bourguiba n’a pas déclaré qu’il était un musulman  qu’il serait un non musulman.
Je ne suis pas de taille à me mesurer à Si Mohamed au point de vue érudition ou de l’histoire religieuse.
Mais, par exemple, je peux contester le fait qu’il rejette en bloc la            « chariia » parce qu’elle est une œuvre humaine ce qui l’a poussé à ne croire que dans le Coran.
Il oublie, néanmoins,  que la Coran est, certes, la parole de Dieu, mais  elle a été recueillie, bien postérieurement à la mort de notre Prophète vénéré Mohamed par des hommes qui auraient, selon d’éminents penseurs, au moins, déplacé certains versets de leur place réelle.
Ces éminents penseurs nous invitent à « relire » notre Livre Sacré et ce n’est pas là un blasphème.
Que Monsieur Talbi provoque un débat public entre lui et Si Youssef Essedik et l’auditeur sera averti sur la position à prendre. Ce genre de débats manque cruellement dans ce pays.
Un livre, croyez-moi, est parfois difficile à lire !
Si les peuples « dits musulmans » veulent rattraper le monde « civilisé », ils se doivent, impérativement  de« relire » leur Chariaa et leur Coran.
Que Dieu me pardonne si j’ai pu commettre, aux yeux du lecteur, un blasphème. Fermons la parenthèse.
Peut-on affirmer que Bourguiba n’était pas musulman ? Personne ne le peut.
Je n’ai pas eu l’honneur de côtoyer Bourguiba, mais d’autres ont été ses proches collaborateurs et en particulier, Si Chédli Klibi et le Dr Amor Chédli.
Ont-ils un jour écrit ou suggéré que Bourguiba n’était pas un musulman ? Allez les interroger. Ils sont encore en vie et que Dieu le Tout Puissant les garde en bonne santé !
Mais, J’ai écouté, dans ma jeunesse, les nombreux discours de Bourguiba lesquels ont participé à ma formation politique et à ancrer au plus profond de moi-même, l’amour de mon pays, et à ce titre, je lui en suis très reconnaissant.
A aucun moment je n’ai perçu que la haute idée que Bourguiba se faisait de lui-même et son assurance, l’aient poussé à ôter à notre Prophète Mohammed son caractère sacré et à se mesurer à lui.
J’ai accepté qu’il nous rappelle que Mohamed est avant tout un homme et qu’il peut commettre des erreurs. Dans le Coran, il y a des versets où Dieu le rappelle à l’ordre ce qui ne le diminue, d’ailleurs, en rien. Il demeure pour nous tous un exemple à suivre. C’était un homme mais un homme choisi par Dieu pour porter un message.
Bourguiba,  a voulu tout simplement dire (au Palmarium ?)  que le Coran s’est adressé aux peuples contemporains de Mohammed  et que Dieu en désignant l’homme comme son seul « héritier sur terre » en le créant libre, en le dotant de l’intelligence et en faisant de Mohammed le dernier des Prophètes, a mis sur nos petites épaules une lourde responsabilité (Amana) que les montagnes ont refusée de prendre.
Pourquoi refuserions-nous ce statut privilégié que Dieu nous a confié et n’userions-nous pas de notre matière grise?
Donc, il nous appartient d’user de notre liberté et de nous adapter aux situations dans lesquelles on peut se trouver.
Cette liberté va jusqu’à permettre à chacun d’entre nous de suivre sa voie et  d’accepter les conséquences de son choix, le jour du jugement dernier ( lire  sourate El kaaf).
Dans ce cadre, Bourguiba  a eu le courage de demander à ceux qui ne pourront pas concilier l’obligation de jeûner avec celle  de continuer de travailler sans porter atteinte à la productivité, de rompre le jeûne.
Un de ses Khalifes,  a usé de cette dérogation. Vient-il à l’esprit de l’un d’entre nous de taxer Omar de non musulman ?
Bourguiba était en avance sur son siècle et son peuple intellectuels inclus. Nous vivons aujourd’hui des choix que Bourguiba aurait remis à plus tard mais la foule vous impose parfois de les faire.
J’ai retenu des discours de Bourguiba qu’il a consacré à sa jeunesse et sa vie à « vivre pour autrui »  et il aimait rappeler cette devise d’Auguste Comte. Il est mort sans le sou et a empêché, pour des raisons politiques, son fils d’acheter une villa à crédit!
N’a-t-il pas été offusqué par le discours des « Eucharistiques » qui se sont déployés avec leur croix dans l’Avenue principale et  y ont érigé une statue du Cardinal Lavigerie?
Qui nous en a débarrassé après un combat de « 25 ans de lutte pour une coopération libre » avec la France?
Rien que pour cela, Bourguiba, en évitant à ce peuple de subir la chrétienne, a montré qu’il était musulman par les actes.
Il a refusé aussi que les tunisiens naturalisés soient inhumés au jellaz, avec les musulmans. Il  y a eu des protestations qui se sont soldées par des morts et finalement, un coin, oui un coin du cimetière, a été réservé à ces naturalisés. La
Résidence Générale s’étant enfin pliée à cette demi-mesure, ce qui a contribué à arrêter le mouvement de naturalisation. Entre le changement de nationalité et de religion, il n’y a qu’un pas qui serait, à l’époque, vite franchi mais ce pas a avorté.
Au Pouvoir Bourguiba n’a ménagé aucun effort pour restaurer nos mosquées en voie de délabrement surtout si elles ont été le témoin d’une époque riche.
Il a milité pour un Islam « mitoyen » tolérant et ouvert sur l’autre.
Il a crée une structure pour qu’elle forme des Imams ouverts sur la science et l’histoire et si son effort de rénovation de la pensée islamique ne s’est pas poursuivi, la responsabilité en incombe à ses collaborateurs pour leur manque de suivi.
Il a essayé de faire parler les musulmans d’une même voix en s’accordant, en Turquie, sur la fixation  scientifique de nos cérémonies religieuses. Rien n’y fit. C’est la cacophonie et la vision du croissant qui prévaut toujours avec en plus l’hypocrisie!
Moi, je dirais que Bourguiba est un véritable musulman et, à cet égard, j’aime relire, avec un réel plaisir, un passage de la sourate de la vache ( 177) : « Etre vertueux, ce n’est point tourner sa face en priant, vers le levant ou le couchant /L’homme vertueux est celui qui croit en DIEU, au Jour dernier, aux anges, aux Ecritures, aux prophètes et qui donne de son bien, à ses proches, nonobstant l’attachement qu’il lui porte, à ses proches, aux pauvres, aux voyageurs et pour le rachat des captifs ;/c’est celui qui fait la prière et s’acquitte de l’aumône./Sont vertueux, enfin, ceux qui observent la foi jurée, font preuve de patience dans l’adversité, dans l’épreuve et face au péril./Tels sont les justes, par excellence! /Tels sont les hommes pieux ! » (Essai d’Interprétation du Coran… de Si Sadok Mazigh).
Certes, nous n’avons pas vu Bourguiba assister à toutes les prières du Vendredi et se montrer en public. Mais personne n’a exploré le fond de son cœur. C’est une affaire entre lui et son Dieu.
« Relisons notre Coran » et laissons nos morts en Paix.


lundi 11 janvier 2016

L’accord de Paris d’août 2013 : BCE devrait dire toute la vérité aux tunisiens

11 /01/2016
Article publié dans Leaders.com.tn

J’ai cru à l’explication que nous a donnée BCE à propos de son rapprochement avec Ennahdha au vu des résultats des élections qui bien que lui étant favorables, ne lui ont pas permis, néanmoins, d’avoir une majorité confortable à l’ARP, nécessaire à ses yeux pour diriger seul le pays.
Les événements qui se sont succédé viennent d’aboutir à une scission effective au sein de Nidaa qui serait couronnée par la création d’un nouveau parti le 2 mars prochain.
J’ai pensé qu’il s’agissait d’une course au Pouvoir et d’égos démesurés entre le clan Marzouk et celui de HCE et qui pouvait être résolue par la pression morale de BCE.
Mais est-ce  de cela qu’il s’agit?
Certes, la pression morale de BCE est enfin intervenue mais a favorisé, à ma grande surprise, un clan au détriment de l’autre rien qu’à voir la composition et le choix du président de la commission des 13 et la désignation des nouveaux dirigeants de Nidaa annoncée aujourd’hui.
Le Congrès «consensuel» de Sousse a fait émerger HCE comme secrétaire national, chargé de la direction exécutive. Mohamed Ennaceur, Lazhar Karoui Chebbi et Baccouche ont été écartés.
La voie est ainsi balisée pour HCE pour la Présidence du parti, voire la Présidence du pays.
Mais, est-ce la volonté  réelle  de BCE de confier à son fils les destinées du parti qu’il a crée avec quelques uns d’autres ou tient-il à réaliser, grâce à l’appui indéfectible de son fils un autre dessein?
N’a-t-il pas dit, un jour, que Nidaa, en dehors de lui, ne contient pas de grosses pointures?
L’observateur le moins averti, relève que les déclarations d’Ennahdha ne sont plus ce qu’elles étaient après le recours à la politique du consensus.
Il est parfois  difficile de trouver des différences entre les déclarations et les positions des responsables d’Ennahdha et  ceux de Nidaa. Il y a une certaine symbiose  qui saute aux yeux, à ce niveau.
Ennahdha va jusqu’à réserver des surprises au niveau des décisions de son prochain Congrès.
Certains s’attendent même à ce qu’Ennahdha décidera de trancher le cordon ombilical en séparant le politique du religieux, pomme de discorde entre ceux qui ont voté pour Nidaa et la pratique d’Ennahdha lorsqu’elle était au Pouvoir.
C’est le modèle social défendu par Ennahdha qui a motivé plus d’un d’entre nous, et surtout les femmes, à voter Nidaa et BCE.
L’accueil chaleureux réservé au Cheikh par les congressistes  ce  9 janvier et la qualification de son parti et de celui de Nida d’être « les deux ailes d’un oiseau » ce qui a irrité Affek et UPL et en vérité tout démocrate, me pousse à conclure qu’un accord écrit ou verbal aurait en fait été conclu entre BCE et Ennahdha à Paris en 2013 et que BCE serait tenu de respecter et de le faire respecter durant son mandat.
Seul son fils pourrait le faire car personne d’autre ne pourrait emporter sa confiance. Ajouter à cela  que HCE est cautionné par Ennahdha, voire Erdogan.
Ce n’est pas en fait la volonté de léguer à son fils un héritage politique, mais plutôt une obligation politique qu’il aurait prise et qu’il y a lieu de respecter, coûte que coûte, sous peine de perdre sa crédibilité.
Les USA, dans une réaction à chaud, ont retiré leur appui politique, financier et militaire à l’Egypte au lendemain de la prise du Pouvoir par Sissi se démasquant ainsi en révélant leur appui aux partis islamistes.
Rappelez-vous aussi que leur Président Obama a  été vivement intéressé par l’idée de BCE de soutenir que la démocratie  peut coexister avec l’Islam. Obama a même voulu en savoir plus en se rapprochant du siège de BCE à Washington.
Il n’y a qu’un pas pour penser que les USA ont appuyé, pour ne pas dire conditionné, leur aide à une participation d’Ennahdha au Pouvoir.
Par conséquent, la scission de Nidaa   ne peut s’expliquer, essentiellement, que par la divergence  sur la participation ou non d’Ennahdha au Pouvoir.
En vérité,cette grave crise, loin d’être un «nuage passager», ne concerne pas seulement les adhérents à Nidaa et à Ennahdha, mais tout le peuple tunisien.
Le respect qu’on doit à ce peuple justifie que l’accord  qui serait conclu entre les deux « vieux » soit publié, in extenso, pour que ce peuple sache ce qui l’attend dans les années à venir et, en particulier, les lignes rouges que les deux vieux se sont engagés à ne pas franchir.
A cet égard, l’affaire de la mosquée Sidi Lakhmi  et la désignation des Imams n’a-t-elle pas montré les lignes rouges à ne pas franchir?
Si politiquement, et pour l’essentiel, Nidaa et Ennahdha, après son Congrès, ne formeront plus, en fait, qu’un seul parti, il y a là une négation de la démocratie et un retour en fait à un parti unique déguisé.
Une élection n’a plus de sens entre deux partis qui ne forment en fait qu’un. D’ailleurs, n’a-t-on pas pensé à des élections municipales avec des listes communes?
Ceci a pour corollaire la nécessité de l’émergence d’une force politique crédible nouvelle pour faire contrepoids à ce conglomérat.
Personnellement, Je compte sur les femmes et les jeunes pourvu qu’on les motive pour qu’ils s’inscrivent aux élections et  dans certains hommes politiques qui ne se sont pas encore" mouillés", sinon je ferais mes adieux à la démocratie.
Cet accord de Paris est en outre fragile et périlleux car il  ne dépend que de la volonté de deux personnalités politiques âgées.
Pour devenir pérenne, cet accord a besoin, non pas des résultats des dernières élections qui n’ont pas en fait départagé les deux partis, mais d’un appui ou d’un rejet populaire net qui ne peut être obtenu que par voie référendaire.
Le peuple tunisien est mûr dans son écrasante majorité et ne peut accepter d’être le témoin d’un accord qui se serait fait à son insu avec toutes ses conséquences.
Je cherche à comprendre, par exemple, pourquoi mon pays à adhéré à l’accord de lutte contre le terrorisme, initié par l’Arabie saoudite et comprenant exclusivement des pays sunnites mais  d’où l’Algérie est paradoxalement absente avec laquelle nous avons pourtant 2000 km de frontières et un ennemi commun!
La confiance ne peut être rétablie dans BCE et dans son équipe que si les détails de l’accord étaient publiés.
Et au  peuple tunisien d’accepter ou de rejeter cet accord par référendum.
Pour l’instant, je ne puis donner mon appui à Mohsen Marzouk qui se propose de créer un nouveau parti tant qu’il n’aura pas fait de mise au point concernant les graves accusations portées à son encontre, successivement , par HCE, Ons Hattab et Baccouche.

Pour une fois, que les politiques  manifestent un peu plus de respect pour un peuple  qui pourrait accepter certaines contraintes pourvu  qu’on adopte la transparence et le langage de la vérité.