mercredi 13 juillet 2016

L’histoire se répète : le Pacte National


J’ai lu récemment le livre autobiographique de feu Mohamed Charfi intitulé « Mon combat pour les lumières ».
Il renferme bien des appréciations sur les faits et les hommes  politiques qui nous côtoient et nous apprend à mieux les connaitre. C’est un véritable plaisir de le lire.
Je me limiterai à évoquer ce qu’il écrit sur le Pacte National, un sujet d’actualité.
Dans la page 198 et suivante il évoque le Pacte National .Ecoutez-le.
« …C’était l’idée de Moncer Rouissi. Il l’a proposée en 1988 au président Ben ALI qui l’a chaleureusement approuvée. Il s’agissait de fêter le premier anniversaire du 7 novembre 1987 par la proclamation d’une déclaration qui résumerait la philosophie de la politique de l’avenir, une plateforme sur laquelle toutes les forces vives  de la nation s’entendraient et qui définirait les règles du jeu entre toutes les parties. Par l’intermédiaire de Hédi Baccouche, Premier Ministre, ( et véritable auteur de la fameuse déclaration du 7 novembre 1987 à laquelle plus d’un y a cru[i]) le Président me propose d’être le rapporteur de la commission qui aurait à élaborer ce pacte…
J’avoue que l’idée de pacte m’a enchanté. Il faut dire qu’à l’époque j’ai pêché par excès d’optimisme. Comme tous les tunisiens, je souffrais de l’impasse où se trouvait mon pays depuis les dernières années de Bourguiba…
J’ai aimé l’idée de pacte national, parce que je pensais et je pense toujours ( janvier 2008) que la démocratie ne peut pas naitre dans la violence et le chaos. Il est donc préférable de définir les règles du jeu et obtenir de toutes les parties qu’elles s’engagent à les respecter. Cela conduit les opposants et les dirigeants syndicaux, qui n’ont jamais participé au pouvoir, à être réalistes, à modérer leurs revendications et à n’adopter que les moyens d’action légaux et pacifiques. Et cela conduit les gouvernants, une fois rassurés, à consentir à libéraliser le système sans craindre ni la destruction de l’Etat ni les règlements de compte, à n’avoir peur ni pour le pays ni pour eux-mêmes. Malheureusement ces espérances seront déçues. Deux parties n’ont pas respecté leurs engagements. Le gouvernement n’a pas libéralisé le système. Et les islamistes ont voulu imposé leur politique hostile à la réforme du système éducatif (dont a été chargé feu Mohamed Charfi à la tête du Ministère de l’Education Nationale).Ils le feront, comme nous le verrons, avec violence, ce qui fournira le prétexte au gouvernement pour imposer un régime plus autoritaire que celui qui existait avant le 7 novembre ( date de la destitution de Bourguiba).Il n’empêche que le Pacte National, porteur d’un beau projet qui a malheureusement échoué, reste un document important auquel on se référera peut-être un jour…
Le Pacte National a été élaboré par une sous-commission composée d’Abdelwahab Bouhdiba, Touhami Nagra, Moncer Rouissi et Mohamed Charfi…Nous avons consulté tous les tunisiens qui représentaient un courant d’opinion ou les intérêts d’un groupement : tous les partis, y compris ceux qui n’étaient pas reconnus, tous les syndicats de salariés, de patrons ou d’étudiants, les ordres professionnels, certaines associations. Tout le monde a accepté volontiers de coopérer avec nous à l’exception du POCT (parti  ouvrier communiste tunisien) présidé par Hamma Hammami qui n’a  pas manifestement cru à la sincérité de la démarche. Plus tard, l’évolution de la situation politique lui donnera raison…le texte est connu. Je ne serai  donc pas long pour le commenter ici. Je dirai simplement que la Tunisie se serait portée beaucoup mieux si tout le monde avait respecté ce pacte…
La commission qui est censée avoir élaborer le Pacte national était composée de tous les partis politiques reconnus, auquel on a ajouté Ennahdha, simplement toléré, et les principales organisations nationales. En trois séances plénières réunies au grand complet sous la Présidence du Premier Ministre, la commission a a pris connaissance du projet et y a apporté quelques retouches…le Pacte a été adopté à l’unanimité des présents et a été signé par toutes les parties au cours d’une séance solennelle organisée au palais de Carthage…tous les signataires ont été appelés à apposer leurs signatures avec indication de leurs noms et de leurs qualités…j’étais heureux ;Je pensais que avec ce texte et les engagements pris par tous, la Tunisie de l’après Bourguiba était partie du bon pied. Quelque temps après, je recevais la proposition du ministère de l’Education. »
Il serait utile que Leaders publie le texte du Pacte National car ce serait vraiment utile.
Aujourd’hui 13 juillet 2016, dans un nouveau contexte et de nouveaux acteurs de la politique un nouveau Pacte à connotation surtout économique et sociale vient d’être signé à Carthage.
Osons espérer qu’il fera long feu et ne connaitra pas le sort du précédent.
Un autre vœu que je formule. Que le nouveau maitre de la Kasba n’accepte d’appliquer ce Pacte que s’il est assez précis, car c’est dans les détails que réside les éventuelles difficultés d’application et qu’il conditionnera sa prise de fonction à la condition de former librement son équipe à l’abri de toute pression  et qu’il sera le seul  à rendre des comptes de la gestion de ses ministres  à l’ARP.
 Mokhtar el khlifi
13 juillet 2016




[i] Les ajouts entre parenthèses sont de l’auteur de la note

dimanche 5 juin 2016

Un Gouvernement d’Union Nationale : La tentative de la dernière cha


Les commentaires commencent à fuser de part et d’autre à propos de la proposition de BCE relative à la constitution d’un Gouvernement d’Union Nationale.
On continue à discutailler comme si l’heure était encore aux discussions sans fin. Pour peu qu’on fasse confiance aux chiffres retraçant la situation économique, celles de nos finances et des principaux agrégats  sans occulter le chômage élevé et persistant,  la gangrène de la corruption et la mauvaise gouvernance ainsi que l’irrespect des textes, on ne peut que souhaiter qu’un capitaine à bord prenne enfin l’initiative de rectifier le tir et d’éclairer la voie. 
 Notre pays croule à vue d’œil. Et on n’a pas besoin d’être un génie pour le constater. Le mal a atteint la classe moyenne. 
BCE a fait, je crois, un peu plus que ne le permettent ses attributions, profitant de sa légitimité électorale qui lui permet de s’adresser à toutes les composantes de la société. 
L’heure est-elle aux discussions stériles ? Aux calculs politiques inopportuns ? Aux règlements de comptes ? Aux bouleversements politiques que d’aucuns prêchent depuis bien longtemps ? 
 Comme le dit si bien l’un de nos dictons, tient-on à remplacer un bulbe d’oignon par un bulbe d’ail, ou plutôt, à retrousser nos manches pour nous remobiliser et nous remettre au travail ? 
Mesdames et Messieurs, l’heure est plus que grave et notre pays ne souffre plus les tergiversations.  Le pays a besoin d’une trêve de parlotte et  de l’union de nos efforts dans l’action constructive qui a tardé à être entreprise depuis les événements du 14 janvier.  
Que demande BCE ? 
Une réelle concertation entre tous les acteurs politiques pour dégager un dénominateur commun qui les unit dans une action politique, économique et sociale  urgente, sur le court terme, qui permettrait de remettre le pays sur la voie de l’effort et du redressement et que tout Gouvernement, quelle que soit sa coloration politique, sera obligé de réaliser. 
C’est là, la tentative de la dernière chance avant la colère des laissés pour compte.
Qui oserait la  refuser hormis ceux qui se cantonnent dans leur idéologie désuète? Paradoxalement, le monde entier veut nous aider à consolider notre processus démocratique balbutiant,  à investir dans notre pays pour créer des richesses et des emplois  pourvu que  nous sachions ce que nous voulons et que nous manifestions notre disposition  à reprendre le chemin de l’effort.  
L’heure n’est plus aux discussions sur le sexe des anges et à la division, mais plutôt  à l’union et à l’effort. 
Faisons confiance à l’idée de BCE et concrétisons-là, ensemble, sur le terrain, car il s’en remet à nous pour qu’elle voie le jour suite à notre concertation. Je ne vois rien d’autre qu’’un appel désespéré à l’union de tous pour sauver ce pays de la déconfiture.
05/06/2016
Mokhtar el khlifi

mardi 24 mai 2016

Ma chère Tunisie sur une corde raide

23/05/2016
Sans même attendre les conclusions du Congrès d’Ennahdha, je dis que les deux Cheikhs ont mis le pays sur une corde raide.
Ennahdha, en apparence,  évolue, cède du terrain et se rapproche des valeurs républicaines.
Nous pourrions espérer que le pays va entrer dans une nouvelle ère d’union des cœurs, des esprits et des volontés pour le tirer enfin du marasme dans lequel il peine à sortir.
Telle est la volonté déclarée de nos deux  vieillards. Mais, résistera-t-elle à l’épreuve du temps?
La question fondamentale qui se pose est qui soutient réellement cette orientation stratégique  en dehors de ces deux personnalités politiques hors pairs que sont Ghannouchi et BCE ? les  structures qui sont derrière elles? une opposition qui n’arrive pas à se regrouper autour d’un dénominateur commun, politique, économique et social ? le peuple et surtout une jeunesse impatiente dont l’avenir est incertain?
Que Dieu garde en vie ces deux Cheikhs. Je fais ce vœu, non par amour pour ces deux personnalités, mais parce que j’ai de fortes craintes sur l’avenir incertain de mon pays.
Je ne pense pas que les bases politiques de ces deux personnalités ne  feront pas volte face aussitôt que l’une d’elle disparaîtra  de la scène politique.
Ennahdha a un parti fort et  bien structuré mais il recèle  en son sein des opposants  à cette nouvelle orientation.
La large base d’Ennahdha pourrait revenir à son credo initial à savoir l’islamisation du pays. Déjà, les «prêches»  envisagés en parallèle à l’action politique du parti augurent des intentions non avouées d’Ennahdha. A-t-on besoin de prêches?
Nidaa s’est effrité et BCE n’a plus véritablement une machine politique solide pour faire contrepoids à ce colosse. Pire, Il ne tient plus qu’avec l’appui d’Ennahdha.
Le reste des partis ne fait plus le poids avec Ennahdha avec une gauche immature, tenant toujours à une idéologie désuète, les nassériens  qui tiennent encore à des rêves nassériens bien enterrées  au pays qui les a vus naître et enfin, une opposition dite centriste, démocratique et sociale divisée par les égos et l’immaturité économique et politique.
L’avenir du pays ne tient qu’à un fil .Ma crainte est que les investisseurs surtout étrangers en seraient conscients. C’est pourquoi l’investissement  pourrait ne pas repartir  de plus belle. L’investisseur est préoccupé par la stabilité politique qui ne peut repose sur le simple pari de BCE.
La réussite du pari de BCE, que nous souhaitons, repose sur beaucoup d’impondérables. La volonté de Dieu, la « sincérité » d’Ennahdha et de sa base, le comportement de l’opposition et celui de la société civile.
Que Dieu préserve ce pays contre tous les dérapages possibles.
L’espoir, le seul peut être, serait que l’opposition se ressaisisse enfin!


Lettre ouverte au Ministre des affaires sociales et à la Direction de l’UGTT

19/05/2016
Nous avons entendu parler  que le Gouvernement envisage de prendre certaines mesures pour limiter le déficit abyssal des caisses de retraite et particulièrement celui de la CNRPS.
Au nombre de ces mesures figurerait la réduction des pensions de retraite.
Si une telle mesure portant atteinte aux droits acquis était prise, ce serait là une mesure inacceptable pour les retraités et surtout pour les foyers où seule une personne travaille.
Du jour au lendemain ce serait une chute de leur niveau de vie à la fin de leurs jours.
Certes, il y a les sans emplois et ceux qui ne sont pas bien rémunérés mais il y a aussi de hauts cadres qui ressentent la réduction de leur pouvoir d’achat et sont amenés à réduire leurs trains de vie en se privant de certains besoins essentiels pour eux et pour leurs familles.
Ceux qui échappent à ce rouleau compresseur ont eu la chance de gravir les échelons plus rapidement grâce à leur « compétence », peut être, les « services rendus » et les « parrainages ». 
Ceux qui gagnent  facilement 30000 dinars par mois, un peu moins, un peu plus, ne  ressentiront pas l’effet des mesures de réduction de leurs retraites, c’est certain.
L’état dans lequel se trouvent le secteur  bancaire, d’une manière générale, montre, si besoin est, que l’homme qu’il faut n’a pas été à la place qu’il faut. Le système de rémunération dans ce secteur devra être revu et corrigé pour diminuer les écarts patents et insupportables.
Je connais un Directeur Général (sans fonction), retraité depuis 13 ans, qui n’arrive pas à renouveler sa voiture et garde sa petite cylindrée achetée à crédit depuis 2000 ! Il ne peut accéder ni à la voiture populaire ni aux autres voitures !
Pour maintenir son train de vie accepteriez-vous qu’il songe à  vendre sa villa (comportant un rez-de chaussée) pour l’échanger contre  un logement dans un quartier populaire pour renouveler sa voiture ?
Au nom de la solidarité sociale l’Etat ne peut porter atteinte, d’un trait de plume, à la pension des retraités qui ont servi loyalement ses institutions et n’ont pas eu ni l’idée, ni le temps, de créer d’autres sources de revenus, occupés à servir.
L’Etat doit savoir, et on est tous là pour le lui rappeler, qu’il est le seul responsable du déficit des caisses et doit, par conséquent, assumer  ses responsabilités.
Je ne divulgue  pas de secret en affirmant que la question du déficit des caisses de sécurité sociale a été étudiée, en long et en large, par des commissions interdépartementales et des CIM  mais aucune mesure n’a été prise à temps pour limiter la dégringolade des déficits.
Aujourd’hui, le Gouvernement songe à réduire, par voie unilatérale, les pensions des retraités qui ne sont pour rien dans ce déficit ! C’est là une solution de facilité et de surcroit injuste.
Un de nos dictons ne dit-il pas  que la tête du chauve est proche de Dieu ?
C’est l’Etat, avant le 14 janvier 2011 et après cette date, qui a manqué de courage et de compétence  pour prendre, à temps, les mesures qui s’imposaient.
Pourquoi voulez-vous que le retraité fasse les frais de cette mauvaise gestion, passible, au moins, d’une sanction politique?
Il y a bien d’autres solutions que l’Etat devrait prendre plutôt que de se rabattre sur la réduction des retraites. 
Il ne devra pas le faire unilatéralement mais par voie référendaire car le premier intéressé aura le droit de choisir ce qu’on lui propose .Ce n’est pas une affaire de mesure réglementaire ni même de loi. Il va sans dire que les organisations salariales auront aussi leur mot à dire !
Le salarié ne peut plus accepter d’être le dindon de la farce, prêt à être plumé à chaque fois.
Certes, l’Etat s’est engagé sur la voie de la réforme fiscale dans la loi des Finances pour 2016 mais ce sont là des mesurettes et tous les experts en fiscalité s’accordent à dire que l’Etat peut faire plus, mieux et plus vite, s’il prenait le taureau par les cornes.
Il y a aussi des entreprises qui ne paient qu’une partie des cotisations à leur charge. Qu’attend l’Etat pour recouvrer d’abord ses créances ?
Enfin, voilà bientôt cinq ans que l’économie peine à redémarrer avec toutes les conséquences néfastes sur les finances de l’Etat, et  par ricochet, sur les  ressources des caisses sociales vu la diminution des cotisations alors que le nombre des retraités augmente.
Que fait l’Etat de tangible  pour que l’économie redémarre enfin ?
La résorption du déficit des caisses passe, essentiellement, par le redémarrage de l’économie, la bonne gouvernance, la réforme urgente de la fiscalité et la  révision d’un système de répartition qui a montré ses limites en le confortant par une dose de capitalisation nécessaire, par ailleurs, au développement du marché financier.
Si l’Etat tient à inclure le remodelage du mode de calcul des pensions, il se doit de respecter les droits acquis des retraités bénéficiant déjà d’une pension car ce n’est pas à cet âge qu’il est possible de pallier au manque de ressources générée par une réduction drastique des pensions.
Si le salarié savait  dés le départ que sa pension ne devrait représenter que 50% de son dernier salaire, il aurait  pris ses précautions. Maintenant c’est trop tard. 
Dans toute réforme urgente à envisager, le montant des pensions servies est une ligne rouge à ne pas franchir.
A bon entendeur salut.



lundi 9 mai 2016

Appel à la raison de nos décideurs

09/05/2016
Encore une fois, je parlerai de Si Youssef Essedik.
Je l’ai écouté, dans sa très courte émission hebdomadaire sur la radio nationale, ce vendredi 6 mai 2016, vers  14 heures. Il a émis son point de vue sur l’héritage, un livre qui a fait beaucoup de bruit livre sur les derniers jours de Mohamed, la prière du Vendredi et l’apprentissage du Coran…C’est un véritable plaisir de l’esprit.
Pour moi, Si Youssef restera un savant musulman, perspicace, courageux, animé par la volonté de réconcilier le tunisien avec sa religion.
On y voit sa volonté à vouloir remettre en cause  certains acquis qui nous ont été légués par les savants qui  nous ont précédés tout  en nous précisant ses sources que tout un chacun pourrait consulter et surtout tout en nous invitant à en débattre.
On ne peut être plus sûr et plus honnête intellectuellement.
Ses arguments sont, à mon humble avis, implacables, car ils s’adressent à la raison.
S’adressant au Cheikh Battikh qui s’abrite dérriére un verset clair et sans équivoque du Coran pour justifier certaines règles de l’héritage, il lui demande avec insistance de lui répondre sur certains autres versets, tout aussi clairs,  tel que, par exemple , celui qui parle de la libération d’un esclave pour réparer des manquements. La société actuelle compte-t-elle encore des esclaves lui dit-il ? Que faire ?
Ne devrions-nous plutôt faire fonctionner nos méninges? Dieu ne nous a-t-il pas créé libres ? Dieu ne nous a-t-il pas dit que notre prophète Mohamed est le dernier  de ses messagers ? Dieu ne nous a-t-il pas insufflé ce quelque chose de précieux qui nous distingue de tous les êtres et qui fait que nous pouvons aspirer à être ses véritables représentants  sur cette terre ?
Je crois que la renaissance de la civilisation arabo-musulmane sera conditionnée par une relecture de notre Coran car le temps des études exégétiques, faites par des hommes comme nous, est dépassé.
A chaque époque, ses savants. Sachons les écouter et tirer parti de leurs recherches.
Ce qui me tracasse c’est l’absence de volonté politique pour ouvrir, à ce savant, toutes grandes, les portes des médias surtout publics avant qu’il nous quitte prématurément.
Un programme, bien à lui, avec des débats contradictoires pourrait être une mesure courageuse et urgente à prendre à la veille du mois de Ramadhan.
Rappelez-vous que sa très courte intervention radiophonique hebdomadaire a été suspendue à la veille du mois de Ramadhan précédent. Elle n’a repris qu’au forceps.
Je crains qu’elle ne soit, encore une fois, suspendue, voire supprimée définitivement, cette année, avec ce nouveau Ministre des affaires religieuses qui n’a pas encore « nettoyé » ses mosquées et qui croit qu’en apprenant, bêtement, à nos enfants, le Coran, le pays combattra les extrémismes.
A l’appui de ce que j’appréhende, rappelez-vous ce que vient d’écrire un haut responsable d’Ennahdha dans un post « facebook ».
Oui, cet ancien ministre avait osé écrire que  les émissions de Si Youssef Essedik ne lui apprennent rien et qu’il ne perd rien à ne pas les entendre.
Voilà qui  dépasse l’entendement et qui augure d’une pente dangereuse à emprunter par ceux qui ont encore des mains qui tremblent.
Abassi ne vient-il pas de déclarer que le chef du Gouvernement est soumis à la pression de certains partis politiques qui contestent certaines de ses prises de position ?
Je pense, dur comme fer, que le pays a besoin d’un gouvernement de technocrates et non de politiciens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
Rétrécir l’accès des médias, voire supprimer leur accès à si Youssef serait une tentative trop dangereuse.
Se limiter à ses écrits, c’est retarder la libération des esprits. Oui, je préfère de loin que de son vivant  il  mette à la portée, du grand public, et surtout aux moins de 40 ans, le résultat de ses réflexions profondes.
Nous avons un cruel besoin de relire notre Coran pour nous rapprocher davantage de notre religion dont nous sommes fiers.


mardi 15 mars 2016

L’autre danger : l’islamisme rampant



C’est en regardant, hier, la fameuse émission « Limen yajraou fakat » du 13 mars 2015 que j’ai eu l’idée d’écrire cet article.
Nous avons tous suivi l’itinéraire de cette dame qui a perdu ses deux grandes filles, et à un moindre degré leurs cadettes,  qui ont été happées par l’extrémisme religieux  qui a su profiter du désaccord au sein du couple et de la sévérité de la mère pour les embrigader et abuser de leur jeunesse.
Il a suffi d’un laps de temps, fort court, pour que deux grandes filles qui n’ont pas atteint la puberté  endossent l’une après l’autre, l’habit religieux et adoptent le langage des extrémistes qu’elles ont appris dans les tentes de prédication et les brochures distribuées, au vu et au su de l’Etat. Elles ont fini  par atterrir en Libye à Syrte et peut-être pour l’une d’elle en Syrie.
Il y a eu aussi le cas de ce jeune homme qui a réussi ses études supérieures mais n’a pas trouvé du travail. Bien que bénéficiant du soutien matériel de ses parents, ce qui n’est pas le cas de la famille précédente, il  s’est métamorphosé, en très peu de temps, en endossant la jellaba  et en changeant de langage. Nonobstant le fait que le brave père lui ait monté un projet rentable, clefs en mains, il a fini par quitter le pays pour la Libye.
Cela se passait sous la « Troika » et plus précisément sous Ennahdha.
Ces victimes du terrorisme ne sont pas les seules. Elles se comptent par milliers.
Ce grave dérapage vers l’extrémisme s’est fait avec la bénédiction du Pouvoir en place sous le couvert d’une « révolution » qui n’a réclamé que plus de justice sociale et de dignité et non la remise en cause de notre modèle social.
 Il va  falloir, un jour, déterminer les responsabilités des uns et des autres.
 Si ce n’est pas la justice transitionnelle, plutôt préoccupée par le leg de Bourguiba, ce sera l’Histoire et son verdict sera des plus sévères.
Nous ne voulons plus que ces dérives se répéteront un jour.
Aujourd’hui, nous constatons tous qu’Ennahdha,  qui prépare son Congrès, a viré de de langage de180 degrés. Vous êtes étonnés par les prises de position adoptées par ses dirigeants au point qu’on ne distingue plus celui qui appartient à Nida, ou ce qu’il en reste, et celui qui défend Ennahdha.
Il serait naïf de croire que leurs convictions intimes se soient transformées, du jour au lendemain, suite à la fameuse rencontre de Paris qui a scellé le destin du pays.
Ma conviction intime est que le Premier responsable d’Ennahdha, politicien intelligent, pragmatique et savant attendre, a opéré un repli tactique simplement pour ménager l’avenir  de son parti et asseoir solidement son emprise sur le pays.
En fait, si les dirigeants ont, pour le moment, suivi leur chef, c’est moins sur pour la base du parti.
On aura beau nous dire que le prochain Congrès fera la séparation entre le politique et le religieux ce qui avec la Constitution, telle que rédigée actuellement, le caractère civil de l’Etat sera garanti. Mais tout le monde sait que cette Constitution résultant de tractations et de concessions, contient des ambiguïtés qui peuvent être exploitées dans un sens ou dans l’autre.
Quant au parti, une fois au Pouvoir, une branche dont elle serait issue interférera dans le religieux et ainsi la forme sera sauvée. Cette dérivée comportera, sans conteste, Cheikh Mourou qui a confié, rappelez-vous bien, à l’homme qui prêche l’excision des femmes, sans doute mécontent, que notre « action » doit cibler les jeunes car leurs parents ont pris le mauvais pli et il n’y a à attendre d’eux.
L’avenir de ce pays dépend donc de l’opportunité qu’il y aurait de laisser à des émanations d’un parti le soin de réislamiser  la Tunisie par ses prêches ce qui nous ramènera à la case de départ.
Doit-on accepter ce principe ? Où doit doit-on réserver le domaine religieux à l’Etat, c'est-à-dire au Ministère des affaires religieuses, une fois un cadre d’actions mis en place ? Ou à la limite à une autorité indépendante de L’Etat et de tous les partis politiques ?
Toute la question est là.
C’est pourquoi je m’adresse au Ministère des Affaires religieuses pour lui demander d’expliciter la politique qu’il entend suivre en matière religieuse durant cette législature.
Le cadre d’actions pourrait comporter plusieurs points à respecter :
-Le Coran qui  demeure notre texte de base doit être lu d’une manière uniforme. A cet égard, pourquoi ne pas éditer une nouvelle mouture Coran qui comprendra soit des renvois, soit en annexe des compléments explicatifs qui lèveront toutes les erreurs de lecture et d’interprétation?
Ce travail  serait confié à une commission qui comprendrait outre les cheikhs zeitouniens,  nos penseurs éclairés. ( Mr Youssef Essedik et autres…)
-Assurer une formation complète des nouveaux Imans et  recycler les anciens qui seraient prédisposés à le faire,
-Suivre le prêche de nos Imans, opérer les redressements qui s’imposent et écarter de nos mosquées les imams extrémistes.
-Lancer une Chaîne de télévision à caractère historique, civilisationnel et religieux, à audience maghrébine et européenne, à l’effet de diffuser un discours religieux expurgé de toute fausse interprétation et de tout extrémisme et ouverte aux débats contradictoires.
-Revoir les manuels scolaires et réviser à la hausse les coefficients des matières religieuses.
Ce cadre, s’il était mis en place, servirait de rempart à l’islamisme rampant. Il n’y aurait plus de justification pour que des partis politiques prennent leurs bâtons de pèlerin pour nous « reislamiser » à leur façon en créant leurs branches religieuses.
Le second garde fous consiste à ce que la société civile qui a montré son dynamisme et sa maturité trouve le cadre idoine et une structure pour faire passer ses messages au citoyen et à ceux qui nous gouvernent, surtout.
Oui, ceux qui nous gouvernent croient, à tort, détenir, seuls, la vérité et ont montré qu’ils ne tenaient aucunement compte de la position de la société civile bien qu’elle soit en avance sur eux.
Aussi, de même qu’il y a un « Parlement pour les enfants », la société civile a un cruel besoin d’un Parlement bien à elle.
 Y feront partie, les associations, nos penseurs, poètes, artistes et écrivains, nos experts et vieux routiers de l’Administration et des entreprises, nos entrepreneurs dans les divers secteurs de l’activité économique dont les avis peuvent être utiles et nous faire gagner du temps.
L’exécutif et le législatif seront tenus, par la loi, de consulter ce nouvel organisme et de justifier leurs prises de position contraires à l’avis émis.
Mokhtar el khlifi
14/03/2016


vendredi 11 mars 2016

Ben guerdene « Médinet el Abtal » et… après ?

10 /03/2016
On ne peut que féliciter notre armée et nos services de sécurité pour leur bravoure et leur aptitude à maîtriser, pour la première fois, les combats de rue, et de continuer leurs opérations de ratissage pour venir à bout de cette vermine.
On ne peut, hélas, que s’incliner devant nos nombreux martyrs surtout parmi les civils tombés au champ d’honneur.
On ne peut que féliciter les habitants de Ben Guerdene, mais pas tous, qui ont aidé, d’une manière ou d’une autre, les forces de sécurité à maîtriser cet assaut terroriste.
Mais, il y a des questions qui méritent une réponse. Ces terroristes se sont comportés dans Ben Guerdene comme un poisson dans l’eau.
Ils connaissaient bien la ville puisqu’ils sont allés tout droit vers des personnes qui les ont combattues, pour les assassiner froidement, chez eux. Ils étaient lourdement armés et disposaient de caches d’armes. Ils  ont pu se procurer des provisions fraîches comme en témoigne les pots de yaourt trouvés dans un réfrigérateur.
Etaient-ils arrivés dans les deux ou trois 4x4  qui seraient venues de Libye, la semaine dernière, pour la première opération du 07 mars 2016 ? Le nombre des morts (une cinquantaine) laisse penser qu’ils étaient plus nombreux.
Trois 4x4 sont-elles suffisantes pour les transporter avec leurs équipements et leurs armements ?je ne le pense pas.
Il est probable qu’ils se soient infiltrés de Libye, et d’ailleurs, mais au fil des jours pour constituer, au bout d’une certaine période, cette armada.
Il est curieux et intriguant que personne ne se soit pas aperçu ! Il n’y a qu’un pas pour déduire qu’ils bénéficient de complicités, à Ben Guerdene  et /ou ailleurs.
Il n’est pas exclu aussi que des cellules dormantes existent déjà à Ben Guerdene et ailleurs et qu’elles ont prêté leur appui aux quelques éléments qui se sont  récemment infiltrés de Libye.
Attendons patiemment les résultats de l’enquête et ce qu’on voudra bien nous dévoiler.
Nous avons vu le soutien d’une partie de la population aux forces de sécurité mais il faut que nous soyons sûrs, à la fin de ces ratissages, que les terroristes ne trouveront plus aucun appui, si minime soit-il.
D’autres Ben Guerdene ne sont pas à exclure, ailleurs, dans notre pays, tant qu’il y a des « cellules dormantes ».C’est le risque majeur que nous courons.
Après Ben Guerdene, qu’elles seraient  les mesures qu’on pourrait suggérer de prendre ?
§  Mener une campagne pour dénicher précisément les « cellules dormantes » implantées dans tout le pays. Le renseignement est capital. A cet égard, le rôle des omdas, des propriétaires de locaux destinés à la location et du citoyen sur qui repose l’obligation de porter à la connaissance des services de sécurité tout fait qui lui paraitrait douteux là où il habite et ,ailleurs, sur son parcours, est nécessaire. Une campagne de mobilisation, pendant un mois, avec le concours des médias serait très utile. On le fera rationnellement de façon à couvrir tout le pays, du Sud au nord et d’ouest en Est. Je ne sais si ce travail de fourmis, à mener au sol, devrait recevoir l’appui d’hélicoptères équipés de moyens technologiques sophistiqués. Pour les moyens, une contribution financière légale obligatoire provisoire, sur les salariés, les entreprises et les activités libérales devra rapidement  être instituée et dont le produit sera versé dans un fonds budgétaire soumis au contrôle de la cour des comptes. C’est là une manifestation concrète de  solidarité qui vaut son pesant d’or de loin préférable aux manifestations de rue qui sont inopportunes. Au gouvernement et à l’ARP de frapper le fer tant qu’il est chaud et d’édicter les textes.
§  Construire un camp destiné à recueillir tous les terroristes, y compris ceux provenant des zones de tension au lieu de les laisser se promener dans la nature avec une surveillance molle, ou de les emprisonner avec les autres catégories de prisonniers.
§  Exclure, si possible, de l’amnistie certaines têtes brûlées.
§  S’atteler à mettre en place des imams compétents, acquis à ce pays, pour développer un discours religieux non extrémiste surtout à l’attention des jeunes. Une TV spéciale devrait prendre en charge le discours religieux à tenir
§  Prêter une attention particulière aux zones frontalières à l’effet de créer  des emplois aux jeunes et de les mettre ainsi à l’abri du besoin et donc des tentations extrémistes. Qu’attend-t-on pour réactiver le 26/26, tout en prévoyant les contrôles nécessaires ?
§  Tarir les sources de revenus des terroristes par un contrôle efficace des transferts de fonds en provenance de l’étranger via les banques ou sous forme liquide. La révision des textes concernant les associations tardent à être effectuée.
Sur le plan politique, le Président de la République, pourrait réunir tous les responsables politiques et ceux des organisations ouvrières  et patronales, sans exception aucune, à l’effet de les mettre face à leur responsabilité et d’exiger d’eux qu’ils soutiennent l’action de l’exécutif dans le cadre de la Constitution, des résultats des élections  et des textes en vigueur.
Ce serait là une occasion de lever les malentendus et les ambiguïtés à travers les échanges qui se feront et de faire accepter, à certains, les règles élémentaires de la démocratie. Il est souhaitable que les médias soient présents.
Ce qui nous unit est de loin plus important que nos divergences sur certains points surtout en matière de conduite de la politique économique et sociale.
Il n’est pas difficile d’actualiser l’action du Gouvernement en la matière moyennant des concessions de part et d’autre. Est-il si difficile pour les experts qui représentent cet aréopage de s’entendre,  au bout de quelques jours, certes, sur les bases de la reprise économique avec un objectif de croissance permettant de résorber un nombre plus important de chômeurs et surtout de donner une lueur d’espoir sur l’avenir de ce pays ?
Cet objectif ne pourrait être atteint que si les organisations salariales et patronales finissent par s’entendre sur l’urgence de mettre fin aux revendications comportant des arrêts intempestifs du travail et donc de la production et d’un autre côté sur la disposition du capital à admettre enfin que l’ère des grands écarts de salaires entre ce que perçoit le salarié et l’entrepreneur, est révolue, si on cherche vraiment la Paix sociale et l’intérêt du pays.
Quand évoluera-t-on, par exemple, vers une participation du salarié au capital de l’entreprise ?
Amusez-vous à comparer ce que perçoit un PDG d’une banque privée et le cadre supérieur ou encore le simple employé sur lesquels repose en réalité le travail. Vous constaterez que c’est insoutenable et que cela doit changer.
Sur un autre plan, notre diplomatie se doit de nous prémunir contre ce qui touche à notre sécurité.
Certes, les terroristes, de tout poil, se sont cassés les dents à Ben Guerdene qui loin de céder, comme hier Mossoul, a brillamment résisté à leur lâche agression et les a exterminé grâce à la bravoure de nos soldats et de nos forces de sécurité aidés par la population locale et le pays tout entier.
Mais, c’est le gain d’une bataille car la guerre n’est pas finie. Il est attendu qu’ils referont leurs calculs, se prépareront davantage et nous agresserons de nouveau si rien n’est fait sur le plan de nos alliances militaires.
Si notre pays était fort militairement il serait en droit de répondre à cette lâche agression par une attaque des sites terroristes et ne resterait pas les bras croisés en attendant leur nouvelle attaque.
Il est donc impérieux d’exploiter cette agression pour constituer une alliance militaire avec des tierces parties à l’effet de neutraliser, en territoire libyen, ces agresseurs de tout poil.
La stabilité de notre pays dépendra des frappes chirurgicales qu’il y aurait lieu de porter à ces terroristes.
Comme je suis sceptique sur l’attitude des occidentaux  dont les desseins ne sont pas les nôtres et qui visent plutôt à déstabiliser la région en mettant la main et sur la Libye et surtout sur l’Algérie, je suis partisan d’une alliance avec l’Algérie, la Mauritanie, le Maroc et l’Egypte.
Daesch n’était-il pas venu de Syrie au vu et au su des occidentaux pour s’implanter en Libye ? Ont-ils bougé le petit doigt pour les arrêter ?ils n’ont tué que certains individus recherchés.
Formons donc cette alliance et finissons-en de cette vermine. Le plus tôt sera le mieux. Tout le monde trouvera son compte y compris le peuple libyen qui ne manquera pas de nous soutenir au sol.