dimanche 1 mars 2020


17/02/2020
Le faux problème de la «ceinture politique»
Rechercher à tout prix à avoir l’aval des partis pour pouvoir gouverner est une démarche qui conduit au blocage politique parce que le chef du Gouvernement pressenti ne peut satisfaire tout le monde.
De surcroit la satisfaction partisane aboutit à une structure non homogène du Gouvernement portant les germes d’un futur éclatement à l’occasion du vote de tel ou tel projet de loi qui peut plaire à l’un et pas à l’autre des partis.
Voyez de près la liste présentée hier par Monsieur E.Fakhfakh.
Le chef du Gouvernement pressenti se trouve entre le marteau et l’enclume et cherche donc à satisfaire la «ligne révolutionnaire» défendue par la Présidence et qui n’a de révolutionnaire que le nom, la ligne idéologique majoritaire au parlement et qui veut rafler la grosse part et les postes sensibles et le reste des partis qui lui sont proches.
Dans la situation que vit notre pays le «révolutionnaire» c’est celui qui a pour objectif immédiat de remettre le pays au travail, à la productivité, à la production des biens et services et à la croissance du PIB et ce n’est qu’à partir du moment où on aura produit et bien produit qu’on pensera à répartir la richesse, mais pas avant.
Il aurait été plus judicieux et plus courageux, à mon humble avis, de n’accepter la mission de constituer le Gouvernement que sur la base d’un véritable programme à discuter avec les partis politiques et les organisations nationales avec la présence ou non du Président de la République.
Ne perdons pas de vue l’essentiel, à savoir que la situation du pays sur le plan économique appelle des mesures qui ne peuvent plus attendre.
Ni le peuple et ni les bailleurs de fonds ne peuvent attendre davantage.
Il ne s’agira pas donc d’un programme à la Carthage 1ou 2 mais d’une feuille de route précise, surtout sur les points sensibles, et non de lignes générales que tout le monde peut accepter mais dès que le Gouvernement passera à l’action, plus d’un parti se rebiffera.
Que fera le chef du Gouvernement pressenti dans le peu du temps qui lui reste?
Plier sous le poids de la pression du parti majoritaire aux élections? Rendre le tablier? ou adopter une attitude courageuse pour sauver l’intérêt du pays et sa crédibilité sans s’accrocher au Pouvoir et satisfaire des intérêts contradictoires ?
Je pense qu’il faudrait arrêter les tractations inutiles, les marchandages, les compromis et les calculs politiques et ne viser que l’intérêt du pays.
A mon avis, il faudrait qu’il présente au peuple et aux partis  un état des lieux transparent, une feuille de route bien ficelée pour sortir le pays de la crise et qu’il ouvre la porte aux compétences dont le pays regorge et qui acceptent de réaliser le programme, chacune en ce qui la concerne, dans le cadre d’un Gouvernement restreint.
Il pourra le présenter au Président et puis à l’ARP et que chacun soit mis face à ses responsabilités.
Je ne pense pas que les députés oseront ne pas donner leur confiance à un Gouvernement qui présente une analyse exacte de la situation, un programme crédible et une équipe homogène et compétente pour le réaliser.
Eh bien, si cette ARP n’accordera pas sa confiance, les urnes trancheront et le peuple averti saura pour qui voter.


Le temps presse


13/01/2020
L’union des partis autour d’un seul objectif a montré, ce vendredi 10 janvier, qu’on peut arriver au résultat qu’on se fixe.
Pourquoi ne pas continuer sur cette lancée pour proposer au Président de la République un, deux ou trois profils parmi lesquels le chef de l’Etat choisira un.
Laisser le Président de la République contacter qui il veut pour faire son choix comporte un risque certain de voir l’ARP refuser son Gouvernement qui connaitra le même sort que celui de Monsieur Jemli.
Outre la perte de temps le pays pourrait tomber dans des élections anticipées alors que la loi électorale, le cadre juridique régissant les partis  et les associations et l’ISIE n’ont pas été amendés. De surcroit la Cour Constitutionnelle n’a pas encore vu le jour.
Alors pourquoi ne pas laisser les partis (et les organisations nationales) se concerter entre eux puisque la confiance à conférer au Gouvernement dépend d’eux? 
L’intérêt du pays commande donc que les partis politiques, sans aucune exclusion, et les organisations nationales tiennent rapidement un atelier de travail, de deux ou trois jours, pour s’entendre sur la mission à confier au futur chef de Gouvernement à la suite de laquelle ils devront designer deux ou trois profils à soumettre au Président de la République.
Bien entendu ils se feront aidés par une  large commission de nos experts
C’est au vu du programme retenu par consensus par les partis et les organisations nationales que les personnalités prêtes à accepter la lourde et difficile charge de diriger le pays et en mesure de le faire,pourront accepter la responsabilité de cette  mission.
Le choix du futur Chef de Gouvernement devrait se faire sur la base de son indépendance politique ainsi qu’à l’égard des groupes de pression, la compétence, l’expérience acquise, car ils n’a pas le temps d’apprendre à diriger le Gouvernement ainsi que la force de caractère et l’aptitude au travail d’équipe.
Encore une fois nos partis politiques et nos organisations devraient être guidés par le seul objectif, à savoir, celui de remettre le pays sur la voie de la  paix sociale, la croissance et  la répartition équitable des richesses une fois produites.
Si ce noble objectif est visé pourquoi n’y aurait-il pas de consensus?
Nos partis et nos organisations montreront leur aptitude à discerner le plus important de ce qui l’est moins et rétabliront la confiance que le citoyen  a perdue en eux.
Les bailleurs de fonds sont aussi dans l’expectative de voir si, encore une fois, notre pays est en mesure de dépasser certaines contingences lorsque l’intérêt du pays est en jeu, pour continuer de le soutenir.
Le temps presse.
 Décidez-vous.



Il est temps d'en finir avec les tractations et les marchandages


07/01/2020
Le citoyen que je suis, craint le pire pour son pays au vu de ce qu’il voit et entend.
Des discussions, des marchandages, des tractations, des va-et-vient, des déclarations à n’en plus finir, des programmes précis, sérieux et réalistes inexistants, tout cela,  ne laisse pas entrevoir le bout du tunnel.
Pourtant le bon sens et le réalisme  nous dictent le chemin à suivre.
De l’avis de plus d’un expert, hors de l’appareil gouvernemental, la situation de notre pays se rapproche, de plus en plus et à pas sûrs, du cas grec, et les premières mesures urgentes à prendre pour arrêter «  l’hémorragie » et éloigner ce spectre, ne pourraient pas ne pas recueillir leur assentiment à quelque bord qu’ils appartiennent.
Le malheur pour ce pays est de ne pas avoir aux commandes des personnalités en mesure de saisir la réalité économique, de ne pas avoir de bons conseillers pourvu qu’on soit disposé à les écouter et surtout de trancher dans le vif.
Si ces dirigeants ont quelque doute sur la grave situation que traverse le pays et ne savent pas par où commencer pour remettre le pays sur la voie de la croissance, rien de plus simple, pourvu qu’on soit de bonne foi et si qu’on met l’intérêt du pays avant tout et surtout avant son intérêt politique. Provoquer un débat télévisé entre les personnalités économiques du Gouvernement (Messieurs, Chahed, Rajhi, Besbes, Saidi….) et leurs détracteurs (Messieurs, Ezzedine Saidane, Moez Joudi …), débat devant être dirigé par un économiste indépendant des partis (Monsieur Nouri, par exemple, ou quelqu’un d’autre).
De ce débat surgira la vérité. Ces experts s’entendront sur le diagnostic et sur les mesures précises à prendre des plus urgentes à celles qui le sont moins.
Ce débat public éclairera bien du monde. Le citoyen, les dirigeants des organisations nationales et les dirigeants politiques, et particulièrement, Rached Ghannouchi qui ne comprend strictement rien à l’économie mais qui a légitimement le Pouvoir de choisir le Chef du Gouvernement. Le Président qui ne connait que le Droit constitutionnel pourrait en tirer parti et ajuster ses choix. Enfin, et bien évidemment nos bailleurs de fonds qui sont dans l’expectative et ont suspendu les tranches de crédit combien vitales.
Oui, en formant ce gouvernement on doit avoir à l’esprit les objectifs à court et à moyen terme à réaliser et pouvoir choisir les hommes d’envergure en mesure de former une équipe homogène capable de le réaliser.
Si on parvenait, dans ces conditions, à définir avec précision le programme à réaliser et à mobiliser une équipe pour le prendre en charge, cela sera de nature à rétablir la confiance des investisseurs locaux et étrangers et à emporter l’adhésion des organisations nationales et du citoyen qui saura que le pays va emprunter la voie du redressement économique.
Nous devons parvenir à convaincre le citoyen sur la nécessité d’un sacrifice librement consenti car il y aura inéluctablement des sacrifices en vue.
N’avons-nous pas perdu beaucoup de temps faute d’un véritable capitaine à bord et ce depuis 2011?
Avec un programme précis et des hommes  choisis surtout pour leur envergure, leur expérience et leur honnêteté et non des CV froids, la question de leur appartenance politique passera au second plan.
Puisse Dieu éclairer nos dirigeants qui estiment qu’ils sont plus proches de  lui que nous autres humbles citoyens.
S’il y a un faux départ ce sera l’irréparable et cela pour plusieurs années avec des troubles sociaux incontrôlables qui nous feront perdre notre acquis démocratique et notre pain quotidien.
Un Responsable politique averti en vaut deux.

 

Des funérailles qui ont montré un peuple uni


28/07/2019

 Le peuple tunisien a accompagné, aujourd’hui 27 juillet 2019,  dans le calme, la discipline et une grande douleur, son Président, à sa dernière demeure. Notre armée a organisé, pour la première fois de son histoire, les grands moments de ces funérailles, avec brio. Nous ne pouvons que la remercier ainsi que les forces de sécurité. Nous ne pouvons que remercier aussi toutes les personnalités étrangères qui ont, en dépit de leurs agendas, partagé, surtout par leur présence, notre deuil national. Ces funérailles dignes des grands de ce monde et qui ont montré un peuple uni  et  solidaire resteront, à jamais, gravés dans notre mémoire. Dans ces moments de douleur extrême, aggravée par la crainte d’un futur politique et économique incertain, le peuple a manifesté sa reconnaissance au guide qui l’a aidé à surmonter bien des crises et  à croire encore dans les valeurs de liberté, d’égalité et de démocratie. Dans cette cohésion d’un peuple dans toutes ses composantes je crois, ou presque, les médias ont joué un rôle de premier plan. Certes, la mort unit naturellement les cœurs, mais nos médias  ont disséqué la vie du défunt dans ses moindres détails en faisant appel  à ceux qui l’ont connu de près et ont pu ainsi grandement le rapprocher du cœur du citoyen qui a découvert subitement l’envergure de l’homme, sa  carrure politique, son expérience, sa bonté et son charisme. Par leur présence massive les femmes semblent avoir pardonné à l’homme son rapprochement avec les forces  qui ont  remis en cause, à un moment donné, leur modèle social.

Feu Béji Caid Essebssi est physiquement mort et enterré, mais tout au long de sa vie politique il n’a cessé de faire appel à l’Union des cœurs et des esprits et à avoir comme priorité l’intérêt du pays au risque de faire certains rapprochements.
A la place où il était et avec ce régime politique hybride et fondé sur les partis, il ne pouvait pas réaliser le saut qualitatif. Notre pays a régressé dans bien des domaines.
N’avons-nous pas été à même d’adapter nos capacités de stockage de la récolte des céréales alors que nous savions déjà qu’elle serait excellente !
Ce qu’il nous faut, ce sont les hommes qu’il faut à la place qu’il faut avec un bon capitaine et une carte pour parvenir à bon port.
Ce qu’il ne faudrait pas, c’est de faire jouer la mécanique des partis et le recours à l’argent pour berner l’électeur et forcer son vote.
Certes, le citoyen  a ras le bol des politiques, de leurs discours creux et de leurs programmes réduits à quelques lignes directrices vite oubliées aussitôt élus mais que faire ?
C’est simple. C’est peut-être naïf, mais c’est la seule porte de sortie pour une économie en crise qui régresse plus qu’elle n’avance et où les égos sont vifs.
Le moment est venu pour prendre le taureau par les cornes, frapper le fer tant qu’il est chaud et profiter de la cohésion sociale enregistrée.
Partant du fait que tous les dirigeants de partis ne peuvent être, tous et en même temps, des Présidents et des chefs de Gouvernement de la même République, il faudrait qu’ils aient enfin le bon sens, l’honnêteté et le courage, de choisir  les personnes idoines pour ces postes, mais bien entendu selon les critères exigés pour ces hautes fonctions à savoir, l’intégrité morale, la compétence, la faculté d’écoute, l’action, la culture, le sens de l’Etat et de l’intérêt national et, si possible ,un brin de charisme.
S’ils arrivent enfin à s’entendre sur les noms choisis, le Président sera alors proposé au suffrage du peuple et une fois élu il désignera le chef du Gouvernent proposé. 
Mais ce serait mettre la charrue devant les bœufs s’ils n’arrivent pas s’entendre d’abord sur un programme adapté à la crise que nous vivons.
Comment arrêter ce programme à court et à moyen terme?
Les organisations nationales et les partis politiques désigneraient leurs experts en matière économique et sociale à un atelier de travail pour dégager, en peu de temps, un programme qui ait l’accord de tous  et qui sera exécuté par le futur Gouvernement.
Feu Béji Caid Essebssi  avait l’intention de rapprocher les cœurs et les programmes pour remettre le pays sur les rails en usant de son autorité morale. Dieu en a voulu autrement. Alors ?
J’ai l’intime conviction que le moment est propice pour que le  Président Mohamed Ennaceur et Monsieur Noureddine Tabboubi s’engagent sur  cette voie pour rester fidèles au souhait de notre défunt Président  et ce dans l’intérêt du pays.
Game is over, car ce bon  peuple n’en peut plus. 


Les programmes des partis politiques : le miroir aux alouettes



Le pays est déjà rentré, qu’on le veuille ou non, dans la campagne électorale, à quelques mois du rendez-vous de fin 2019. On use déjà de certains médias et on étrangle même des voix sous des prétextes divers. Que présente-t-on ou que présentera-t-on  à l’électeur? des promesses d’actions politiques et économiques, voire des programmes qui ramèneraient la prospérité à un peuple dans sa majorité exsangue. L’électeur peut y croire.
A force de matraquage médiatique, les plus réticents pourront finalement y croire. On pourra leur faire miroiter monts et merveilles. N’avons-nous pas entendu, lors des précédentes campagnes, certaines voix nous faire espérer la réduction drastique du chômage ou la liaison de notre pays à l’Italie par viaduc ou par voie sous-marine ? Certains y ont cru mais ont été déçus et ont boudé les partis politiques pour les promesses non tenues.
Qui vous dit que les programmes des partis politiques ne seront pas, à nouveau, un miroir aux alouettes ?
Afin de prévenir cette déconvenue fatale, il importe, à mon humble avis, de s’entourer de certaines précautions et de compter sur le courage, la compétence et la responsabilité de nos élites dans la société civile.
Je m’adresse surtout à nos experts pour leur dire que l’électeur attend de vous de l’éclairer, de faciliter son choix et d’insuffler en lui l’espoir du renouveau car notre pays est dans une grave crise qui risque de l’enliser davantage et de lui faire perdre même sa souveraineté.
Comment ? C’est assez simple.
Messieurs  Mohamed ben Romdhane (La démocratie en quête d’Etat), Hechmi Aleya ( Le modèle tunisien), Mustapha Kamel Nabli ( j’y crois toujours..), Tawfik Baccar (Miroir et horizons, Ciped) ont  pris la peine de consigner, récemment , dans leurs écrits, leurs analyses de la situation économique du pays et ont esquissé, chacun à sa façon, les voies et moyens de  sortir de la crise aigüe que nous traversons et qui est appelée à s’aggraver si des mesures  à très court terme ( et bien entendu à moyen terme ) ne seraient pas prises sans compter les répercussions sur le processus démocratique et la Paix sociale.
Je suggère à ces experts, et à d’autres qui voudraient bien s’y joindre, de se réunir et de tracer clairement et avec précision une analyse  succincte de la situation, chiffres à l’appui, et de dresser les mesures que le gouvernement élu devra réaliser. Pourquoi pas  aussi un ou deux scenarios ?
Ce document commun, à publier, servira de feuille de route pour les futurs gouvernants. Il servira aussi à l’autorité législative pour suivre la politique du gouvernement. Par la pertinence de son analyse et ses propositions cohérentes Il aura l’avantage de redonner la confiance  à tous et de faire renaitre l’espoir d’une reprise économique qui  profitera à  tous et surtout aux personnes et aux régions défavorisées.
Donc plus de miroir aux alouettes car la voie du redressement  est toute tracée sans démagogie par nos experts. C’est la voie, la plus globale, la plus cohérente, la plus courte et la moins onéreuse pour ce peuple qui a tant souffert. C’est une voie unique.
Si les organisations nationales et les partis politiques y adhéreront  la réussite est assurée.
Mais dans ces nouvelles conditions qui améliorent certainement la visibilité, pour qui l’électeur votera-t-il, puisque le « programme » est clair ?
L’électeur sera amené à choisir le parti politique qui aura bien entendu accepter cette feuille de route et surtout qui aura présenté le staff gouvernemental le plus crédible pour l’exécuter.
La bataille sera  donc placée sur le plan de la compétence, de l’expérience et des mains propres.
La balle est d’abord, dans le camp de nos experts qui devront dépasser leurs égos et faire taire leurs éventuels parti pris pour se réunir dans un atelier de travail ouvert. Elle est aussi dans le camp  des organisations nationales qui devront se ressaisir pour tout ce temps perdu .Elle est enfin dans le camp des médias qui devront abriter les débats contradictoires entre les partis sur le contenu de la feuille  de  route et surtout la composition de leurs équipes au moins dans les principaux postes clés de l’économie.
Il y a au moins un parti qui a ouvert ses portes aux  experts pour ajuster et enrichir  son « programme » contrairement à d’autres qui  sont frappés, jusqu’à ce jour, d’un certain autisme ou d’une  certaine suffisance, tous deux destructeurs.

dimanche 17 mars 2019

Le Front populaire, un exemple à suivre ?




Comme chacun le sait, le FP est un ensemble de partis de gauche qui ont décidé de constituer un front commun autour d’un dénominateur commun qui respecte la spécificité de chacune de ses composantes. Nonobstant cette alliance ce front n’est pas arrivé à constituer un bloc assez puissant légitimant son accès au Pouvoir. Cantonné dans une opposition farouche à presque tout ce que fait le Pouvoir en place  de peur que les éventuelles divergences fassent éclater cette force, il donne l’impression à une fraction de citoyens, qu’il verse dans un négativisme qui ne tient pas compte de la situation d’un pays en crise où tous les efforts sont requis pour le sortir, sans compromission, du marasme. Ce négativisme empêche une partie des citoyens à venir  renforcer ce Front. Mais cette politique simpliste jusqu’à quand devra-t-elle durer? Certains au FP l’ont compris.
 L’élément majeur nouveau a été d’instituer, pour la première fois dans le pays, des primaires  devant départager les deux personnalités appartenant à deux partis différents (poct et watad) et qui se proposent d’être candidats aux présidentielles au nom du Front. Bien entendu les deux candidats proposeront à leurs électeurs des programmes d’actions différents et il semble que le plus jeune (Mr Mongi Rahoui)  d’entre les deux candidats a senti intelligemment le besoin d’une adaptation de la politique du Front  de nature à attirer de nombreuses nouvelles adhésions et de faire bouger les lignes.
Si la base du Front entérinait la nouvelle orientation, on pourrait s’en réjouir si elle comportait une conception beaucoup moins rigide du rôle de l’Etat et donnait davantage d’importance à divers facteurs tels que le travail, la production, la productivité et concevait le droit à la répartition des richesses, une fois produites, comme une résultante de ces facteurs, pas avant.
Ni l’Etat et ni l’entreprise ne seraient plus considérés comme des ennemis à abattre mais de vrais partenaires pouvant pousser, par exemple,  l’entreprise à ouvrir son capital à ses agents.
Une telle évolution serait tentante et amènerait plus d’un à adhérer au Front populaire ainsi rénové.
Nous avons constaté des évolutions similaires dans des pays européens.
Une telle évolution devrait pousser les autres partis, à l’exclusion du parti des islamistes qui a sa propre idéologie et dont on sait les buts, à dépasser leurs égos en se fondant dans un mouvement homogène et à opter pour des primaires qui dégagerait une personnalité représentant ce second front.
La modification du paysage politique qui comprendrait le parti islamique, le Front populaire rénové, le rassemblement souhaité des démocrates progressistes, facilitera grandement le choix des électeurs et éviterait au pays l’abstention et la mainmise définitive du pays, pour longtemps, sans l’ombre d’un doute, du parti Ennahdha, avec toutes les conséquences que cela implique pour notre modèle de société.
Mais pour que les jeunes particulièrement, et les électeurs échaudés, aillent voter, Il reste  des préalables à réaliser pour ressusciter une  confiance émoussée  et créer un nouvel élan. Ils doivent pouvoir croire que les élections de 2019 seront transparentes, amèneront du sang nouveau et donc des idées et une démarche nouvelles marquées par la prééminence de l’intérêt du peuple.
Parmi les préalables à réaliser de préférence, avant les élections, qui pourraient être décalées, si la volonté politique existe, figurent :
-L’ouverture du registre électoral, jusqu’à la veille des élections, pour permettre l’inscription d’une large frange de la société qui semble ne pas être concernée par le devenir de son pays. On ne peut parler de démocratie tronquée.
 Une mobilisation des partis politiques, de la société civile et de l’ISIE est plus que nécessaire. A cet égard, la nouvelle direction de l’ISIE ne semble pas disposée à faire bouger les lignes et préfère se réfugier derrière le respect des procédures et des dates.
-Le second préalable est que la justice doit se prononcer sur l’existence ou non de  « l’appareil secret ». On ne peut aller voter alors que des présomptions d’illégalité pèsent sur certains hommes politiques.
-Le troisième problème est l’épineuse question du financement des partis politiques. Ceux qui sont en charge de contrôler les associations et les comptes des partis doivent faire leur travail. On ne peut accepter que des partis accèdent facilement à des ressources dont la nature est inconnue alors que d’autres n’ont pas suffisamment les moyens financiers de mener leurs campagnes électorales.
-Le quatrième préalable est la modification du mode de scrutin en s’inspirant de ce que propose Monsieur Hachmi Aleya dans son « Kitab » paru récemment, « le modèle tunisien ».
Sa proposition comporte une dose de proportionnelle, une dose d’élections nominatives, à l’échelle locale, des représentants des partis et enfin la nomination directes de certaines personnalités connues pour leurs compétences et leurs expériences dans divers domaines. Cette potion magique est de nature à relever le niveau des débats à l’assemblée, à limiter le nombre des députés et à rendre cette Institution plus efficiente.
A mon avis, mieux vaut introduire ces aménagements au risque de bousculer, faute de temps, les textes, que de reproduire l’expérience de la législature précédente qui a contribué à faire fuir le citoyen de la politique.
Si certains politiciens dont le peuple n’en veut plus parce qu’ils n’ont rien changé, ou n’ont pas pu changer les choses, pourraient défendre, sous de fallacieux prétextes, le maintien du statut quo, refusant ainsi d’instaurer une véritable démocratie et de se sacrifier pour ce pays, il n’y aura pas véritablement des élections susceptibles de tenter l’électeur et le risque islamiste sera au rendez-vous.
Alors, c’est à la société civile de dire non, à sa façon, mais pacifiquement.
17 mars 2019
Mokhtar el Khlifi

samedi 19 janvier 2019

L'heure de la vérité amère a sonné pour tous.


 Oui, l’heure de la vérité amère a sonné pour tous. Pour le Gouvernement, la Présidence, l’ARP, les organisations nationales ( l’UGTT et les deux autres organisations qu’on refuse, curieusement, d’associer à la conduite des affaires du pays, l’UTICA  et la  CONECT) et  bien entendu le peuple.
 Ce Gouvernement doit se rendre compte, comme tous les gouvernements qui l’ont précédé et lui ont légué une lourde ardoise,  que les choix économiques faits avec la bénédiction du FMI, et sans une véritable consultation des parties concernées, doivent être révisés à la lumière de la réalité.
 Nous sommes en mesure de savoir bien mieux que les experts du FMI ce que nous devons faire pour sortir de cette crise qui dure un peu trop pourvu qu’on sache tirer partie de nos nombreuses compétences nationales inexploitées.
Oui, en pure orthodoxie économique, une augmentation des salaires dont l’enveloppe est anormalement élevée, sans production, ni productivité, ne fera qu’alimenter l’inflation et déprécier davantage la monnaie nationale.
 Mais, il y a aussi, cette autre réalité, à savoir que les salaires sont bas et doivent être réajustés car la pauvreté, aujourd’hui, commence même à toucher les classes moyennes des salariés qui souffrent  également du renchérissement du coût de la vie. Les syndicats ont donc raison de faire pression sur le gouvernement pour récupérer, au moins partiellement, un pouvoir d’achat érodé.
Si les gouvernements successifs n’ont pas eu la volonté ou n’ont pas pu remettre l’économie en marche ou au moins laisser entrevoir à tous le bout du tunnel, ce n’est pas la faute des salariés. Oui, Il y a eu des grèves intempestives mais les gouvernements aux commandes n’ont pas réagi par des programmes de développement cohérents pouvant mobiliser les uns et les autres, rétablir la confiance et amener les citoyens  à espérer des lendemains meilleurs.
Le citoyen accepte difficilement, par exemple, que le vieux problème de la CPG et du Groupe chimique, ne soit pas encore réglé à ce jour ce qui nous coûte un argent fou.
C’est au Gouvernement en place, s’il se sent capable de se remettre en cause, ou au Gouvernement qui lui succèdera, d’opérer une révision drastique de la politique économique jusque-là suivie et d’avoir l’aptitude d’en convaincre le FMI. Avec le marasme social comportant en gestation une explosion sociale et une croissance molle, il est  plus qu’urgent de réviser le modèle économique et social.
Tout le monde peut se tromper, y compris les experts du FMI.
 Quant à l’UGTT, elle peut s’enorgueillir d’avoir pu mobiliser une foule immense pour amener le Gouvernement à lui consentir,  sous la pression de la rue, les augmentations de salaires qu’elle veut.
C’est là une lourde erreur de n’avoir pas pu saisir le message du Gouvernement qui a eu le mérite, face à la situation  du pays de s’y opposer
 En supposant un instant qu’elle soit au Pouvoir, l’UGTT, ou celui qui aura sa confiance, ne pourrait pas satisfaire  les revendications  de ses adhérents car leur pouvoir d’achat ne s’améliorera pas tant que  l’investissement ne reprendra pas nettement et que la croissance restera molle.
Que faire ?
S’asseoir  tous  autour d’une table et entamer un dialogue sérieux qui a trop tardé sans se préoccuper outre mesure de la date des élections.
Je ne pense pas que le peuple ira voter sans un assainissement préalable de l’environnement politique et un plan de redressement économique.
 A ce dialogue, il est hors de question de s’en tenir à Carthage 1,2 ou 3  mais de procéder à une analyse réelle de la situation et d’arrêter ensemble les mesures urgentes et à moyen terme à réaliser.
A ce dialogue national devront participer, le Gouvernement, toutes les organisations nationales, tous les partis politiques, y compris ceux de l’opposition, les experts qu’on a laissé au bord de la route et les medias en tant qu’observateurs et témoins pour éclairer le peuple et le mobiliser une fois les mesures arretées.
La situation est telle que  cet atelier de travail  débouchera sur un train de mesures acceptées par l’ensemble des participants à ce dialogue.
En partant du fait qu’une économie purement libérale ou à l’opposé purement étatique, sont à rejeter, Je pense qu’entre les experts de toutes les parties en présence, on parviendra à définir un dénominateur commun sur chaque dossier épineux d’où la nécessité de  concessions à réaliser de part et d’autre.
Au nombre des concessions l’UGTT doit comprendre que la valeur travail, la production  de biens et de services, la productivité et la paix sociale sont des conditions sine qua non pour une nette reprise de l’activité économique  et donc  de la croissance sans laquelle le Gouvernement, n’importe lequel, ne pourra rien redistribuer.
Le Chef du Gouvernement en place, ou celui qui recueillera la confiance des participants, et non la seule confiance de BCE,  devra s’engager à une compression de ses dépenses de fonctionnement, une bonne gouvernance, une lutte véritable contre la corruption, une justice fiscale, une indépendance de la justice, une politique de communication adéquate et une application, à tous, des lois de la République.
Avec une feuille de route claire arrêtée par l’ensemble des  participants, les partis  auront la lourde tâche de mobiliser le peuple dans cet effort national non  exempt de sacrifices.
Quant à l’ARP elle se doit de légiférer rapidement, de voter les lois en suspens dans ses tiroirs et d’éliminer les entraves au développement en substituant ses contrôles a priori par un suivi a posteriori.