samedi 22 avril 2017

Si Y.CHAHED, écoutez aussi les autres experts


Permettez-moi de vous dire, monsieur le chef de Gouvernement, que vous avez eu tort, lors de votre interview du 16 avril 2017, de douter des analyses médiatiques faites par les experts dans le domaine notamment économique. 
Peut-être que vous visez ceux qui n’ont d’expert que le nom ou ceux qui abordent des questions qui sont bien loin de leur ressort. La suffisance n’a pas de limite.
En effet, qui pourrait parler en connaissance de cause de politique monétaire et de politique de change hormis quelques-uns de surcroît sur un plateau de TV où le journaliste ne maîtrise pas aussi la matière et ne peut rectifier le tir? Imaginez les conséquences qui en découlent sur le public et surtout sur les entrepreneurs et les investisseurs potentiels. 
Vous avez affirmé que la croissance économique montre le bout de son nez et qu’on se doit plutôt que de s’auto-flageller et de tomber dans le dénigrement, d’unir nos efforts et d’apporter notre contribution à la solution des problèmes qui se posent au pays et que votre porte est grande ouverte aux avis. C'est bien.
Pour mettre en harmonie vos experts et ceux qui ne le sont pas et mettre un terme, une fois pour toute, aux ambiguïtés et aux discordances, il faudrait, me semble-t-il, prêter l’oreille à tous les avis surtout que vous n’avez pas apparemment la formation requise en matière économique, financière et monétaire. Il n’y a aucun mal à cela sauf que si on est à la tête de l’exécutif cela peut comporter des risques pour le pays au niveau des erreurs éventuelles de choix.
Si Bourguiba avait une formation économique, il nous aurait évité la triste expérience des coopératives et de la collectivisation qui a conduit à une régression de notre économie dont le peuple a payé le prix et certains leur vie.
Ce que je vous suggère est que vous soyez disposé à prêter l’oreille à tous les avis et décider ensuite, car vos experts pourraient bien se tromper et vous induire, de bonne foi, en erreur.
De nombreux experts vous entourent mais il y a de nombreux autres experts qui ne font pas partie de votre équipe et qui critiquent, à longueur de journée, la politique économique, financière et monétaire que vous êtes en train de suivre.
Le citoyen, le chef d’entreprise et le futur investisseur qui lit les analyses économiques, financières et monétaire et suit les plateaux de TV est déboussolé surtout que le journaliste n'a pas la formation requise.

Qui croire ? En qui avoir confiance ?
Sans le rétablissement de la confiance l’investissement tardera à se réaliser avec le volume et la vitesse requis car nos besoins sont énormes et pressants.
Je vous suggère d’inviter chaque organisation nationale et chaque parti politique à déléguer son expert attitré à un atelier de travail, strictement technique, que vous présideriez pour entendre tous les sons de cloche et faire votre choix en connaissance de cause. 
A ces experts seront également conviés, bien entendu vos experts, ceux des autres départements ministériels, ceux de la Banque Centrale et bien entendu les experts indépendants sans oublier des ministres ayant occupé des postes de responsabilité en matière de finances, de monnaie et de crédit. Leur point de vue est des plus précieux.
Cet aréopage devra s’entendre, dans un délai de quelques jours, sur le diagnostic à faire de la situation économique, financière et monétaire du pays et sur les mesures à court, moyen et long terme à prendre.
Les conclusions de ce rapport final devront servir de guide pour l’action de votre Gouvernement ce qui n’empêche pas son actualisation plus d’une fois dans l’année.
Ce sera certainement une occasion précieuse pour les experts de tous bords d’accorder, assez facilement, leurs violons à partir d’une réalité unique et ce en vue de booster une croissance génératrice d’emplois et de paix sociale.
Ce document pourrait remplacer ou enrichir la feuille de Carthage et gagner l'adhésion sincère de plus de partis. 
La situation instable que nous vivons et qui est mise à profit par ceux qui ne partagent pas notre choix démocratique sera maîtrisée une fois ces problèmes plutôt techniques de gouvernance résolus et nos choix redéfinis avec précision. 
Vos détracteurs ne pourront plus vous reprocher d’avoir pris tel train de mesures auxquelles elles ont souscrit car elles s’intègrent dans un plan cohérent de redressement.
Si pour des raisons idéologiques certains ne partageront pas les choix arrêtés, ils pourront démocratiquement attendre les prochaines élections pour prendre les rênes du Pouvoir si le peuple leur donnera confiance! 
C’est cette transparence et cette cohérence, largement communiquée par les médias et diffusée également par les partis qui y adhérent qui contribuera à rétablir une confiance écornée et donc la Paix sociale nécessaire à la nette reprise de l'investissement.
Pour avoir les coudées franches trois autres mesures seraient souhaitables.  
1) La réactivation du Conseil économique et social qui se prononcera sur les projets de textes avant leur transmission à l’ARP et fera gagner beaucoup de temps au Gouvernement.
2) L’obtention du vote de la loi d’urgence économique en attendant que les conditions soient propices pour abandonner le régime parlementaire source de lenteurs manifestes et lui substituer un régime présidentiel. Le régime actuel ne tient qu’à l’entente, fragile, entre les deux Cheikhs.

3) La mise en place de la structure prévue pour prévenir et résoudre les conflits sociaux composée par le Gouvernement, l'UTICA et l'UGTT.
22/04/2017
Mokhtar el khlifi


dimanche 2 avril 2017

Créer de nouveaux partis : est-ce une nécessité ?


A ceux qui ont créé de nouveaux partis ou projettent d’en créer, je dis que vous faites erreur nonobstant les arguments que vous invoquez.
Est-ce que le pays a besoin, dans les circonstances actuelles, d’accroître l’effritement de ses forces vives ou plutôt leur rassemblement  face aux grands défis de l’heure?
N’y a-t-il pas une véritable pléthore  de partis politiques suite au mauvais choix de la loi électorale ?
Faute d’un financement préalable public, Il est à craindre que seuls certains pourront en créer, ce qui fausse le jeu démocratique et favorise, en dehors de toute transparence, l’intervention de parties dont les intérêts ne coïncident pas forcément avec ceux de la population. L’ARP a commis une grave erreur sur ce plan.
 L’électeur, surtout celui qui n’a pas un véritable bagage politique, se perd dans le nombre de plus en plus grand de partis qui tous lui promettent monts et merveilles.
Chat échaudé craint l’eau chaude dit-t-on. Et le bon sens a prévalu puisque  les sondages d’opinion révèlent qu’un trop grand nombre d’électeurs a décidé de ne pas aller voter.
 Déjà une grande partie des citoyens en âge de voter, surtout les jeunes, ne se sont pas fait inscrire sur les listes électorales au cours des élections précédentes. Qu’est-ce qui les fera changer d’avis au vu des maigres réalisations de la coalition au Pouvoir ?
On leur dira  certainement qu’on fera beaucoup mieux  que ceux qui nous ont précédés au Pouvoir depuis six ans. Peut-être sont-ils de bonne foi et que certains pourraient leur accorder un préjugé favorable quitte à se mordre les doigts après. D’ailleurs, plus d’un d’entre nous a accordé ce préjugé favorable à BCE et à son équipe. Nonobstant son alliance inattendue et contre nature avec ses  rivaux politiques d’hier que voyons-nous ? A-t-il gagné son défi ? Certes, des progrès indéniables mais trop lents ont été réalisés surtout en matière de défense mais Chaanbi et Semmama continuent encore à être des zones de non-droit. Notre économie piétine encore. Au rythme   attendu des taux de croissance de l’économie projetés, il nous sera difficile, dans les prochaines années, d’inverser la courbe du chômage. Par ailleurs, notre modèle sociétal est sur une corde raide d’après ce que l’on voit sur le terrain. Il nous semble qu’on s’achemine vers la consolidation d’Ennahdha sur le terrain avec la  bénédiction de Nidaa ou de ce qu’il en reste et qu’on l’aura au Pouvoir pour plusieurs années encore.
Par quelle baguette magique les nouveaux partis  parviendront-ils à inverser ces tendances, à rétablir rapidement les équilibres financiers du pays, à booster l’investissement en commençant par le national, à arrêter la chute du Dinar, à rééquilibrer nos caisses sociales déficitaires et à engager les réformes tant attendues dont  celle de la justice, de la fiscalité, de l’administration  sans occulter une lutte véritable contre le fléau de la corruption ?
Tous les partis crées et à naître connaissent l’amère situation du pays et n’ont nullement besoin de réaliser des études approfondies. Mais comme leur véritable objectif inavoué est d’accaparer le Pouvoir, ils font tout pour hâter sa chute. 
Sachant qu’il sera ma foi difficile pour les nouveaux partis de réunir un électorat significatif ex nihilo, en peu de temps, à la manière de Nidaa de BCE à ses premières heures, ils vont essayer de grignoter sur l’électorat des autres partis centristes qui réagiront à leur manière pour se défendre. Il est à craindre  que les manœuvres électorales, non démocratiques,  vont se développer crescendo.
C’est pourquoi je dis que l’intérêt supérieur du pays nous commande de faire l’économie de ces luttes intestines pour le Pouvoir.
 Si les intentions de toutes les parties sont véritablement bonnes, à gauche comme à droite, c'est-à-dire tirer le pays du marasme dans lequel ses enfants l’ont plongé, il faudrait plutôt unir leurs efforts au lieu de contribuer à leur dispersion.
C’est le rôle dévolu normalement à une ARP  issue réellement d’un mode de scrutin qui   exprimerait la volonté populaire des différentes couches de la population ce qui n’est pas le cas actuellement.
Si le régime choisi eut été un régime présidentiel, avec les gardes fous nécessaires, peut-être ne serions-nous pas dans cette situation.
Pour remédier à cette déficience du Pouvoir qui ne manquera pas de s’accentuer si la couleur de l’ARP deviendrait demain différente de celle de l’exécutif, la société civile  doit de  se mobiliser pour impulser les changements nécessaires.
Les  adhérents aux partis politiques en place qui ne sont pas contents de la façon dont sont conduites les affaires de l’Etat et ceux qui pensent adhérer à de nouveaux partis à créer, pourraient se réunir en Congrès pour arrêter les choix qui s’imposent et les mesures concrètes à prendre.
Dans ce Congrès on y trouvera non pas une gauche irréaliste, une droite tenant à ses privilèges, ou des partisans  d’idéologies désuètes, mais des citoyens  républicains patriotes faisant réellement passer l’intérêt du pays avant le leur et donc prêts à des concessions.
Je crois qu’une UGTT, expurgée de ses éléments extrémistes, pourrait  avoir la force  de jouer ce rôle de sauveur de la République en parrainant cet aréopage .
 L’histoire de l’UGTT, lorsqu'elle était guidée par Farhat Hached,  s’est montrée à la hauteur des événements.
 A une date plus récente, l’aboutissement du dialogue social qui a sauvé la pays de la guerre civile et a été justement récompensé par le Prix Nobel de la Paix, est la preuve que l’histoire peut se répéter.
Pour l’élite responsable l’heure  n’est pas à la multiplication des partis pour détenir les rênes du Pouvoir et défendre certains intérêts, mais à l’Union des énergies que nous impose le choix de ce régime hybride caractérisé par une déficience au niveau de la gouvernance.
 La société civile, avec à sa tête l'UGTT, se doit intervenir pacifiquement, cela s’entend, pour opérer les redressements qui s’imposent.
Que voulons-nous au juste ? L’intérêt du pays ou la prise du Pouvoir  à des fins personnelles? Un militantisme pour sauver la barque avec tout ce qu’elle transporte ou la poursuite de gains personnels éphémères?

Le bon sens nous commande d' œuvrer pour rassembler les énergies pour sauver le pays.

lundi 13 mars 2017

Du souci d’une bonne gouvernance


Faudrait-il être frappé de cécité pour ne pas relever avec bon nombre de concitoyens que notre pays est très malade, souffre de tous les maux pourvu qu’on sorte un dossier accidentellement ( administration, justice, santé, éducation, textes législatifs et réglementaires et constitution, environnement, politique de l’eau et de l’énergie, fiscalité, médias et partis politiques, , jeunesse, drogue et foyers de culture, besoins non satisfaits en main d’œuvre et chômage, régime carcéral, équilibres financiers, déficit de la balance commerciale, politique agricole, civisme, application du code de la route et nombre des accidents et j’en passe)?
Il y a un plan qui n’a pas encore vu le jour et croupit à l’ARP à côté d’autres textes mais il nous semble qu’on agisse au coup par coup et sommes à la merci des faits du moment alors que la bonne gouvernance suppose exige certes le traitement des dossiers de l’heure mais aussi ceux qui risquent de surgir à moyen et long terme.
L’exécutif semble dépassé par les événements et les pécheurs en eau trouble profitent pour compliquer la situation déjà difficile. Le pays donne l’impression qu’il est ingouvernable.
Certes, il y a des signes positifs que le pays commence  à voir le bout du tunnel si on constate les prémisses d’une bonne saison agricole  et touristique, la reprise de la production de la compagnie de phosphates, les accords signés par l’UGTT, soit avec l’Etat, soit avec l’UTICA qui sont de nature à instaure un climat social favorable à l’investissement sans oublier le dynamisme de notre politique étrangère dont les fruits sont là pourvu qu’on retrousse nos manches.
Mais, on a raison de s’inquiéter du rythme  et de la manière avec laquelle sont conduites les affaires du pays.
Je ne pense pas que la volonté politique au niveau de l’exécutif manque mais il semble qu’il y ait  un déficit de gouvernance sans omettre les freins,  dus à l’action néfaste de certains partis et le comportement de certains médias.
Pouvons-nous convenir d’instaurer une trêve jusqu’aux prochaines élections parlementaires et présidentielles et soutenir ensemble ce gouvernement dans son action tout en introduisant plus de transparence ?
Comment rétablir la confiance, regrouper les énergies  et booster la reprise ?
Le recours à la politique du dialogue a donné ses fruits. Le fait qu’il y ait l’accord de Carthage et que le chef du gouvernement ait compris enfin la nécessité de l’actualiser est une excellente initiative.Mais, Il serait plus que nécessaire d’y  associer d’autres partis et surtout le front populaire, même à titre informel, pour qu’ils participent à l’élaboration de la politique à suivre au cours des deux prochaines années.
Il n’est nullement impossible que suite à un dialogue sincère qui parvienne à dépasser les querelles idéologiques, on parvienne, face à la réalité des faits, à arrêter enfin un dénominateur commun  pour l’action de ce gouvernement ce qui nous ferait gagner du temps et de l’argent.
Sur le plan formel, il y a aurait lieu d’entreprendre, à mon humble avis, certaines actions :
ü Substituer à l’armada coûteuse des conseillers, une structure unique qui regrouperait, sans considération, d’âge et d’appartenance politique, les personnalités qui peuvent apporter bénévolement à ce pays une plus-value certaine en raison de leur expérience et de leurs connaissances surtout pratiques. Le pays foisonne de ces compétences inexploitées , ou tenues à l’écart pour je ne sais qu’elle raison. Je n’accepte pas, par exemple, qu’un Mohamed Ghannouchi, qu’un Mohamed kamel Nabli, qu’un Hachmi Aleya, qu’un Habib Ayedi, qu’un Yaadh Ben Achour  et bien d’autres qui ont servi dans l’Administration,  n’enrichissent pas l’action du gouvernement en lui préparant les grands dossiers avec la priorité requise. Cette structure vivante suivra aussi la réalisation des actions entreprises et fera part au chef du gouvernement des correctifs éventuels à apporter. Bien entendu cette structure proposera au gouvernement  qui décidera une fois convaincu de l’action à mener.
ü Après la finalisation de l’accord de Carthage, le choix des ministres devrait se faire indépendamment de l’appartenance aux partis qui  devront s’occuper plutôt à réformer leurs structures et à mobiliser leurs adhérents dans l’action de développement tout azimut et ne plus s’immiscer dans l’action du gouvernement. En s’adressant le plus souvent directement au peuple Monsieur Chahed y trouvera un appui des plus solides.
ü Ressusciter d’urgence le Conseil Economique et Social qui aura à émettre son avis sur les textes législatifs et réglementaires préparés par le gouvernement .Nous ne devrions plus voir le triste spectacle de la genèse d’une loi des Finances au forceps et de décrets d’application aussitôt repris après leur promulgation au JORT.
ü Demander aux médias d’agir dans le cadre d’une liberté responsable qui tienne compte de l’intérêt supérieur du pays et ne se préoccupe plus de buzz et d’audimat. Le secteur devra être invité à arrêter et publier, au plus tôt, son code de déontologie.
ü Convaincre l’ARP de l’opportunité qu’il y aurait à ce que le Chef du Gouvernement agisse par Décrets lois avec bien entendu un contrôle a posteriori de l’ARP et ce,  à titre temporaire,  pendant le temps nécessaire à la reprise économique qui tarde à s’opérer.
ü Amorcer un divorce amiable entre Nidaa et Ennahdha.

Il est temps qu’une reprise en mains énergique des affaires du pays se fasse car ce peuple meurtri ne peut plus attendre sans voir au moins le bout du tunnel.

C’est une course contre la montre que nous devons entreprendre tous car l’instabilité et donc le terrorisme  nous guettent comme le prouve les tristes événements des fous de Kebili.

13/03/2017

mardi 10 janvier 2017

Le retour des «jihadistes» en Tunisie

09/01/2017
Le retour des «jihadistes» en Tunisie a fait couler beaucoup d’encre, donné lieu à des débats houleux, provoqué des manifestations de rue et risque fort de constituer un facteur supplémentaire de division des tunisiens faute pour l’Etat de n’avoir pas arrêté avec les représentants de la société civile certains principes.
L’énonciation de ces principes faciliterait un accord entre les tenants à un retour au pays natal et ceux qui défendent le contraire.
Première question
Avons-nous une idée précise du nombre de ces « jihadites » et des faits qui leur sont reprochés ? Qui sont-ils (âge, sexe, nationalité initiale) ? A quels pays appartiennent-ils s’ils ont la double nationalité ? Qui les finance et les protège ? Qui les a encouragé moralement, matériellement et financièrement à quitter leur pays avec ou sans passeport et pourraient faciliter leur retour ?
Deuxième question
Quel risque, chacun d’eux, fait courir au pays?
Troisième question
Le pays est-il prêt pour les accueillir au cas où cette hypothèse serait retenue ? Dans quelles conditions matérielles s’effectuerait ce retour (par les voies diplomatiques, un retour par les voies usuelles avec ou sans passeport ou par la traversée illégale des frontières maritimes et terrestres ? Avons-nous identifié, au préalable, toutes les caches d’armes et toutes les cellules dormantes ? Seraient-ils libres de leurs mouvements, avec ou sans bracelets électronique, ou seraient-ils immédiatement incarcérés ? Dans ce cas sur quelle base juridique (traversée illégale de la frontière, passeport périmé, personne figurant sur une liste des personnes recherchées, personne objet d’une décision de justice locale ou étrangère, personne n’ayant pas pu justifier ce départ et le choix du pays d’accueil..) seraient-ils incarcérés? Seraient-ils jugés par la justice militaire ou civile ? La justice a-t-elle les moyens humains et matériels (y-a-t-il un programme précis ad-hoc) ? Est-elle en mesure de leur dispenser un jugement équitable (juges et défense indépendants) ? Quid de la sentence ? Comprendra-t-elle la peine de mort et sera-t-elle exécutée ? Le pays est-il en mesure de construire rapidement des prisons de haute sécurité et avec quels moyens (coopération occidentale sollicitée ou non) et de garantir leur gestion notamment sécuritaire ou se limitera-t-il à les loger dans les prisons actuelles ? L’administration pénitentiaire est-elle en mesure de les prendre en charge ? Les visites seraient-elles autorisées ?
Quatrième question
Quelle sera l’attitude de leurs proches parents et de ceux qui partagent leurs idées?
Cinquième question
Avons-nous une bonne coopération avec les pays qui abritent encore ou ont abrité nos « djihadistes » ? La nomination d’un ambassadeur en Syrie est-elle nécessaire ? Quelle est leur position, chaque Etat pris individuellement (Syrie, Turquie, Irak, Libye, Mali, Niger, Nigéria, Etats européens) ? Sont-ils pour leur refoulement immédiat s’ils sont détenus ou leur jugement et l’exécution des peines prononcées ? La partie tunisienne exigera-t- elle d’examiner les dossiers pour pouvoir accepter la sentence prononcée et sera-t-elle admise à participer aux instances en cours?
Sixième question
Quel est le cadre juridique de l’action de l’Etat tunisien (Constitution, loi sur les stupéfiants qui permettrait de libérer certains prisonniers, loi sur le terrorisme , actualisation du code pénal, réforme du système pénitentiaire, conventions internationales signées par la Tunisie)?
De la réponse qui sera faite à ces questions dépendra l’attitude à prendre.
En ce qui me concerne, j’estime que personne n’a le droit d’empêcher un tunisien de retourner dans son pays nonobstant les faits qui lui seraient reprochés.
Juridiquement l’Etat tunisien n’a ni le droit, ni la force politique d’empêcher de satisfaire la demande d’un Etat étranger qui exige de refouler un national. Les terroristes surtout qui ont tué froidement des innocents et n’ont manifesté aucun signe de repentir sincère méritent la peine de mort par pendaison et c'est sur le juge que pèse cette lourde décision, sans aucune interférence.
Le seul fait d’avoir quitté le territoire et d’avoir manifesté son allégeance à Daech ou à Ben Laden et consorts justifie l’incarcération immédiate du terroriste et sa traduction en justice.
Le retour des terroristes devrait se faire en évitant tout contact avec la population carcérale et les cellules dormantes. L’aménagement des prisons actuelles en attendant la construction d’une prison à haute sécurité avec l’aide des USA et des pays européens et le choix éclectique des gardiens est nécessaire.
Les «jihadistes» comprennent certainement diverses catégories qui permettent aux services compétents de les classer en fonction de leur dangerosité et par conséquent on n’a pas le droit de mettre tout ce monde dans un même sac.
La Tunisie a pris le parti d’être un pays de droit, c’est pourquoi, elle se doit d’agir conformément au droit et d’assurer aux « jihadistes » un traitement humain et un jugement équitable ce qui fera accepter plus facilement les sentences par les familles, les proches et l’ensemble du pays et de la communauté internationale qui a l’œil sur nous.
Si nous reprochons à Daech ses atrocités, nous n’avons pas à le suivre dans cette voie.
Si le juge indépendant ne prononcera pas de sentences rigoureuses pour certains, l’Etat se doit d’essayer de récupérer ceux qui acceptent un repentir sincère ayant été emmené dans cette galère sans savoir ses tenants et ses aboutissants.
Les enquêtes qui se feront et l’accès aux dossiers détenus par les pays étrangers nous donneront une idée précise sur ceux qui ont favorisé le développement du terrorisme, soit en fermant les yeux, soit en agissant.

Puisse Dieu éclairer notre voie et nous aider à fermer, rapidement, ce dossier pénible car le pays a besoin de son unité combien nécessaire à la reprise d’une croissance en faveur de tous et tant attendue.

lundi 5 décembre 2016

Ne décevez pas notre espoir et ne mettez pas en péril la reprise de la croissance


La conférence sur l’investissement « Tunisie 2020 » a eu lieu comme prévu et on peut dire qu’elle a réussi.
 Remercions ceux qui ont en eu l’idée et tous ceux qui se sont démenés pour la faire réussir.
 Certes, il aurait été plus judicieux de la reporter pour pouvoir établir préalablement, les conditions d’un climat social serein en mesure d’encourager la reprise de l’investissement.
Mais, Les choses étant ce qu’elles sont, comment faire pour que l’échec du Caire ne se reproduise pas?
Le suivi des engagements et des promesses pour leur concrétisation réelle, sera l’affaire du Gouvernement et des organisateurs de cette conférence qui parviendront à  établir un « business plan » pour éviter le fiasco du Caire.
 Reste l’épineux problème de l’amélioration du cadre juridique et social de l’investissement.
Sur le plan juridique, il serait recommandé que le Gouvernement parvienne, très rapidement, à ressusciter le Conseil économique et social, dans une composition éclectique nouvelle, qui lui dispenserait ses avis consultatifs obligatoires, sur les textes législatifs et réglementaires à prendre.
 Le Gouvernement devrait disposer, en outre, à titre dérogatoire, exceptionnel et transitoire, de la possibilité de légiférer par décrets lois quitte à les soumettre à un contrôle a posteriori obligatoire de l’ARP.
 Les circonstances étant difficiles, le temps perdu étant énorme et l’urgence qu’il y a à ce qu’une croissance économique saine, soutenue et équitable reprenne, cette dérogation introduirait la souplesse nécessaire dans l’action gouvernementale.
Reste à résoudre l’épineux problème de l’assainissement du climat social.
Certes,  le discours de Mr Abassi à la conférence de l’investissement a été rassurant et a permis, à plus d’un, de souffler, mais  en fait, il se révèle que c’était un discours   diplomatique de façade, car la position connue de l’UGTT reste invariable. Elle continue à soutenir qu’elle n’a pas à négocier un accord signé et publié au JORT. Le faire, ce serait pour elle, un précédent dangereux.
Pourquoi l’UGTT qui se réclame de l’esprit de feu Hached, agit-elle ainsi ? Est-elle consciente des graves conséquences encourues pour le pays par les mouvements de grève annoncés ? Est-ce que la Direction de l’UGTT ne peut plus se soustraire à la pression de sa base où l’élément de gauche est prépondérant, surtout que Le prochain Congrès approche ? n’adhère-telle pas au modèle de développement économique et social engagé ? L’UGTT poursuit-t-elle en vérité d’autres visées ?
Monsieur Essid, avec tout le respect qu’on lui doit,  aurait commis une lourde erreur en autorisant  la signature de deux documents contradictoires, la convention sur le relèvement des salaires et l’engagement auprès du FMI de maîtriser leur hausse sans commune mesure avec la croissance du PIB.
Le moment est venu pour qu’il s’explique et se réfugie pas dans un silence assourdissant. C’est le moins qu’il puisse faire.
Si monsieur Essid disait clairement qu’il aurait été soumis à une pression insoutenable des syndicats qui ont obtenu ce qu’ils voulaient en dépit de la situation catastrophique du pays,  juridiquement, on peut répondre à l’UGTT qui se réfugie derrière les arguments de droit, que le consentement du gouvernement a été vicié et qu’il est en droit de le renier ou de le modifier pourvu que le FMI et consorts tiennent à cette orthodoxie financière en temps de crise .
L’UGTT, qui  compte des  experts,  savait très bien que les caisses de l’Etat et les perspectives de croissance économique ne permettaient pas de tels décaissements dont personne de sensé ne conteste la légitimité.
Ces mêmes experts savaient aussi que l’enveloppe des salaires devait être contenue à l’intérieur d’un plafond et évoluer en fonction du rythme de la croissance. Enfin, ces  experts  savent que rien ne servirait à obtenir des augmentations de salaires sans une nette reprise de la croissance. On ne peut redistribuer que ce qu’on a produit.
C’est donc à ces experts de convaincre leurs dirigeants d’accepter enfin que ces augmentations soient reportées. C’est une question d’honnêteté intellectuelle à moins qu’ils aient des preuves que nous ignorons pour démontrer le contraire ou qu’il y ait d’autres raisons que nous ignorons.
Le Gouvernement, quant à lui, a eu la maladresse politique de reculer à diverses reprises .Il a donné l’impression, sous le couvert de la nécessité d’arriver à un consensus, que son argumentation ne tient pas la route et qu’on pouvait l’amener, à force de persévérance, à satisfaire totalement les revendications syndicales.
 Les résultats atteints par la Conférence « Tunisie 2020 » pouvant s’évaporer avec toutes les conséquences négatives, sur notre crédit, sur la croissance et la stabilité sociale, l’UGTT et le Gouvernement pourraient avoir la sagesse et la responsabilité de convenir de s’en remettre à l’avis d’une commission composée des experts  des deux parties et  d’experts  indépendants pour trouver une solution qui préserve l’intérêt du pays. Un expert de l’OIT et du FMI  pourraient y faire partie, pourquoi pas ?
 Si le problème réside seulement dans la lecture des chiffres et de certaines normes, il serait facile d’y remédier sans perdre la face.
Mokhtar el khlifi

05/12/2016

jeudi 1 décembre 2016

L’espoir revient à grands pas


28/11/2016
Les médias ont survolé un événement majeur, à savoir, la rencontre de Vendredi 25 novembre 2015 de BCE avec des hommes d’affaires locaux. Certains n’ont n’en pas parlé comme si le citoyen ne devait pas être entretenu de cet évènement majeur.
 Défaillance au niveau de la communication ? manque de professionnalisme  pour certains médias beaucoup plus préoccupés par le buzz  car en mesure de leur assurer des rentrées d’argent. Heureusement que J’ai appris l’événement par Leaders.
Voilà que  quatorze hommes d’affaires ont suivi le pas tracé par un certain Hamdi Meddeb, qui a osé, par temps de crise, investir à Sidi Bouzid sans attendre la parution de la loi sur l’investissement, ni obtenir un quelconque avantage préalable. Mu par son  nationalisme et son esprit entrepreneurial, il a osé mettre la main à la poche pour créer une unité moderne de production de dérivés du lait.
Meddeb aurait même affirmé que « son unité installée dans la région, travaille en toute quiétude et s’avère la plus rentable de son groupe.»

 BCE aurait dû le gratifier d’une  décoration bien méritée.
 BCE aurait  eu l’idée, en février  2015, d’inciter les hommes d’affaires locaux à investir  particulièrement dans les régions défavorisées pour créer de nouveaux emplois. Ils ont  eu le mérite de répondre à sa demande.
 En effet, on ne peut demander à des étrangers d’investir en Tunisie alors que les enfants du pays qui ont tant bénéficié des avantages consentis par l’Etat et obtenus des concours bancaires, ne le font pas.
La réunion a groupé environ quatorze hommes d’affaires qui ont promis de réaliser des projets d’une  valeur globale d’environ 1,5 milliards de dinars et de créer environ 50000 emplois ! Cela nous fera gagner au moins 3 points de croissance du PIB !
Un autre groupe suivra et s’engagera pour une autre enveloppe d’investissements.
Pourquoi n’avons-nous pas fait cela bien avant ? A quoi étions-nous occupés ? Mais cela vaut mieux tard que jamais.
Le second motif d’espoir, ce sont les résultats attendus de la Conférence internationale sur l’investissement « Tunis 2020 ».
Déjà des signes avant-coureurs pointent à l’horizon et le grand projet de création du méga  projet relatif à la  réalisation d’un complexe commercial et financier off-shore, par les bahreïni et qui a tant tardé, va  enfin démarrer.
Ces deux manifestations  se traduiront sur le terrain par la reprise de l’investissement et donc de l’absorption graduelle du chômage.
Face à l’accroissement attendu des investissements, l’Etat doit mettre les bouchées doubles pour circonscrire les entraves de toutes sortes.
 Déjà le Ministre de l’équipement a fait état dans sa réponse à l’ARP  du fait que le secteur manque de main d’œuvre qualifiée, notamment dans le « ferraillage ».
Cette reprise tant attendue devrait être consolidée. Lorsque l’investissement va, tout va !
 Au Gouvernement de poursuivre, avec plus de détermination et de communication, ses réformes, pour améliorer le climat des affaires et assurer la sécurité à tous et particulièrement aux investisseurs.
 Aux deux principales organisations nationales de s’entendre enfin pour favoriser un climat social serein rien que par le dialogue et donc la suspension des grèves avec arrêt de la production ou des services.
 Aux médias et  aux « experts » de tout poil d’accompagner cette croissance surtout en ne perdant pas de vue la moitié du verre plein.
Au citoyen digne de ce nom de s’acquitter de son devoir fiscal.
Mobilisons-nous tous car il y va de la consolidation d’un processus démocratique unique dans la région mais encore fragile et de l’avenir de nos enfants.
Mokhtar el khlifi