lundi 11 janvier 2016

L’accord de Paris d’août 2013 : BCE devrait dire toute la vérité aux tunisiens

11 /01/2016
Article publié dans Leaders.com.tn

J’ai cru à l’explication que nous a donnée BCE à propos de son rapprochement avec Ennahdha au vu des résultats des élections qui bien que lui étant favorables, ne lui ont pas permis, néanmoins, d’avoir une majorité confortable à l’ARP, nécessaire à ses yeux pour diriger seul le pays.
Les événements qui se sont succédé viennent d’aboutir à une scission effective au sein de Nidaa qui serait couronnée par la création d’un nouveau parti le 2 mars prochain.
J’ai pensé qu’il s’agissait d’une course au Pouvoir et d’égos démesurés entre le clan Marzouk et celui de HCE et qui pouvait être résolue par la pression morale de BCE.
Mais est-ce  de cela qu’il s’agit?
Certes, la pression morale de BCE est enfin intervenue mais a favorisé, à ma grande surprise, un clan au détriment de l’autre rien qu’à voir la composition et le choix du président de la commission des 13 et la désignation des nouveaux dirigeants de Nidaa annoncée aujourd’hui.
Le Congrès «consensuel» de Sousse a fait émerger HCE comme secrétaire national, chargé de la direction exécutive. Mohamed Ennaceur, Lazhar Karoui Chebbi et Baccouche ont été écartés.
La voie est ainsi balisée pour HCE pour la Présidence du parti, voire la Présidence du pays.
Mais, est-ce la volonté  réelle  de BCE de confier à son fils les destinées du parti qu’il a crée avec quelques uns d’autres ou tient-il à réaliser, grâce à l’appui indéfectible de son fils un autre dessein?
N’a-t-il pas dit, un jour, que Nidaa, en dehors de lui, ne contient pas de grosses pointures?
L’observateur le moins averti, relève que les déclarations d’Ennahdha ne sont plus ce qu’elles étaient après le recours à la politique du consensus.
Il est parfois  difficile de trouver des différences entre les déclarations et les positions des responsables d’Ennahdha et  ceux de Nidaa. Il y a une certaine symbiose  qui saute aux yeux, à ce niveau.
Ennahdha va jusqu’à réserver des surprises au niveau des décisions de son prochain Congrès.
Certains s’attendent même à ce qu’Ennahdha décidera de trancher le cordon ombilical en séparant le politique du religieux, pomme de discorde entre ceux qui ont voté pour Nidaa et la pratique d’Ennahdha lorsqu’elle était au Pouvoir.
C’est le modèle social défendu par Ennahdha qui a motivé plus d’un d’entre nous, et surtout les femmes, à voter Nidaa et BCE.
L’accueil chaleureux réservé au Cheikh par les congressistes  ce  9 janvier et la qualification de son parti et de celui de Nida d’être « les deux ailes d’un oiseau » ce qui a irrité Affek et UPL et en vérité tout démocrate, me pousse à conclure qu’un accord écrit ou verbal aurait en fait été conclu entre BCE et Ennahdha à Paris en 2013 et que BCE serait tenu de respecter et de le faire respecter durant son mandat.
Seul son fils pourrait le faire car personne d’autre ne pourrait emporter sa confiance. Ajouter à cela  que HCE est cautionné par Ennahdha, voire Erdogan.
Ce n’est pas en fait la volonté de léguer à son fils un héritage politique, mais plutôt une obligation politique qu’il aurait prise et qu’il y a lieu de respecter, coûte que coûte, sous peine de perdre sa crédibilité.
Les USA, dans une réaction à chaud, ont retiré leur appui politique, financier et militaire à l’Egypte au lendemain de la prise du Pouvoir par Sissi se démasquant ainsi en révélant leur appui aux partis islamistes.
Rappelez-vous aussi que leur Président Obama a  été vivement intéressé par l’idée de BCE de soutenir que la démocratie  peut coexister avec l’Islam. Obama a même voulu en savoir plus en se rapprochant du siège de BCE à Washington.
Il n’y a qu’un pas pour penser que les USA ont appuyé, pour ne pas dire conditionné, leur aide à une participation d’Ennahdha au Pouvoir.
Par conséquent, la scission de Nidaa   ne peut s’expliquer, essentiellement, que par la divergence  sur la participation ou non d’Ennahdha au Pouvoir.
En vérité,cette grave crise, loin d’être un «nuage passager», ne concerne pas seulement les adhérents à Nidaa et à Ennahdha, mais tout le peuple tunisien.
Le respect qu’on doit à ce peuple justifie que l’accord  qui serait conclu entre les deux « vieux » soit publié, in extenso, pour que ce peuple sache ce qui l’attend dans les années à venir et, en particulier, les lignes rouges que les deux vieux se sont engagés à ne pas franchir.
A cet égard, l’affaire de la mosquée Sidi Lakhmi  et la désignation des Imams n’a-t-elle pas montré les lignes rouges à ne pas franchir?
Si politiquement, et pour l’essentiel, Nidaa et Ennahdha, après son Congrès, ne formeront plus, en fait, qu’un seul parti, il y a là une négation de la démocratie et un retour en fait à un parti unique déguisé.
Une élection n’a plus de sens entre deux partis qui ne forment en fait qu’un. D’ailleurs, n’a-t-on pas pensé à des élections municipales avec des listes communes?
Ceci a pour corollaire la nécessité de l’émergence d’une force politique crédible nouvelle pour faire contrepoids à ce conglomérat.
Personnellement, Je compte sur les femmes et les jeunes pourvu qu’on les motive pour qu’ils s’inscrivent aux élections et  dans certains hommes politiques qui ne se sont pas encore" mouillés", sinon je ferais mes adieux à la démocratie.
Cet accord de Paris est en outre fragile et périlleux car il  ne dépend que de la volonté de deux personnalités politiques âgées.
Pour devenir pérenne, cet accord a besoin, non pas des résultats des dernières élections qui n’ont pas en fait départagé les deux partis, mais d’un appui ou d’un rejet populaire net qui ne peut être obtenu que par voie référendaire.
Le peuple tunisien est mûr dans son écrasante majorité et ne peut accepter d’être le témoin d’un accord qui se serait fait à son insu avec toutes ses conséquences.
Je cherche à comprendre, par exemple, pourquoi mon pays à adhéré à l’accord de lutte contre le terrorisme, initié par l’Arabie saoudite et comprenant exclusivement des pays sunnites mais  d’où l’Algérie est paradoxalement absente avec laquelle nous avons pourtant 2000 km de frontières et un ennemi commun!
La confiance ne peut être rétablie dans BCE et dans son équipe que si les détails de l’accord étaient publiés.
Et au  peuple tunisien d’accepter ou de rejeter cet accord par référendum.
Pour l’instant, je ne puis donner mon appui à Mohsen Marzouk qui se propose de créer un nouveau parti tant qu’il n’aura pas fait de mise au point concernant les graves accusations portées à son encontre, successivement , par HCE, Ons Hattab et Baccouche.

Pour une fois, que les politiques  manifestent un peu plus de respect pour un peuple  qui pourrait accepter certaines contraintes pourvu  qu’on adopte la transparence et le langage de la vérité.

Lettre ouverte à Monsieur Sadok Belaid

Article publié dans Leaders.com.tn
31/12/2015
Je tiens tout d’abord à remercier le Président de la République d’avoir répondu à «  l’appel des 42 » manifestant ainsi sa volonté d’être à l’écoute de l’élite et le Professeur Sadok Belaid d’avoir accepté de donner à Leaders un bref compte rendu de la rencontre de Carthage à laquelle il a été convié avec quelques personnalités de ce groupe qui comprendrait plus de trois cents adhérents environ.
Je ne fais pas partie de ce groupe n’ayant pas la prétention d’être un Universitaire ou de faire partie de l’élite du pays.
Mais un proverbe de chez nous dit qu’on peut  trouver dans les oueds ce qu’on ne peut trouver dans la mer.
Il y aurait donc lieu d’élargir l’assiette de ce groupe dont la composition devrait être pluridisciplinaire et de montrer une prédisposition à recueillir les propositions concrètes susceptibles d’être retenues par  le Président d’où la nécessité de s’organiser pour les recueillir, les trier, les discuter se les approprier et rédiger un rapport à remettre au Chef de l’Etat sur lequel s’engagera le dialogue.
Si vous permettez, je soumets à votre comité les vingt propositions suivantes:
Chapitre           Propositions politiques
§  Fixer avec votre partenaire au Pouvoir une charte qui délimite les lignes rouges à ne pas franchir. Ceux qui ont voté pour Nidaa et BCE comprennent que le rapprochement avec Ennahdha a été dicté par le résultat des élections qui n’ont pas donné à Nidaa une majorité confortable, mais ils n’acceptent pas que le caractère civil de l’Etat soit remis en question, que la Constitution qui contient des ambigüités, voire des contradictions puisse être exploitées par ce parti pour un retour à une politique de réislamisation, une fois au Pouvoir avec une majorité confortable. La solution adoptée pour le choix de l’Imam de la mosquée de Sfax dérange plus d’un et laisse planer des doutes sur les véritables intentions de ce parti. Son interférence dans les choix des responsables dans l’Administration qui devrait être Républicaine est un autre exemple. Sa volonté de s’immiscer dans la réforme des programmes éducationnels est un troisième exemple. La Charte ne suffit pas. Il faudrait que le Congrès de ce parti se tienne enfin et que les congressistes décident que la religion et la politique ne vont pas ensemble. Cela est d’autant plus urgent que le départ du Chef d’Ennahdha peut donner lieu à une implosion de ce parti favorisant l’émergence de la fraction radicale.
§  La crise à l’intérieur de Nidaa ne sera résolue que si les deux protagonistes décident, par eux-mêmes, ce qui est souhaitable, ou sous la pression du Président fondateur, de se désister de la course politique et de la reporter aux prochaines élections présidentielles. Nidaa  est nécessaire pour maintenir un rapport de forces qui lui reste favorable sans lequel Ennahdha reprendra le Pouvoir et s’y maintiendra avec tous les risques que cela comporte.
Chapitre           Propositions administratives
§  Le processus de réforme de la justice au sens large devrait être engagé. La lenteur de la justice, la paperasse en l’absence de numérisation des documents et des archives, le nombre limité des juges, la concentration des pouvoirs aux mains de quelques juges d’instruction, l’absence de protection des juges en charge des dossiers de terroristes, la non-actualisation des textes de loi désuets ne favorisent pas l’instauration d’une justice rapide et équitable.
§  On doit veiller à ce que la composition des Institutions de la deuxième République doivent comprendre des personnalités compétentes et indépendantes des partis politiques et des conflits d’intérêt
§  Créer une commission composée de juges et d’avocats à l’effet de réaliser une concordance des textes législatifs et réglementaires en vigueur avec les dispositions de la Constitution sans attendre que le citoyen à l’occasion d’un procès soulève leur inconstitutionnalité.
§  Réactiver le conseil économique et social qui, par son avis, permettra une meilleure élaboration des textes par l’exécutif et pourra  même éclairer les commissions parlementaires.
§  Veiller à mettre en place un Ministre ou un secrétaire d’Etat chargé de, non de l’information, mais de la communication. Il permettra d’aider le citoyen à suivre l’activité de l’exécutif. Outre un site électronique et un livre blanc périodiquement actualisé, les services de ce département pourront intervenir en direct, à chaud, pour  corriger les fausses assertions constatées  sur les plateaux télévisés et sur les chaines radiophoniques.
Chapitre           Propositions idéologiques
§  Lancer une chaîne satellitaire avec l’aide des pays européens à l’effet de combattre le terrorisme à la base et contrebalancer ainsi les effets dévastateurs d’autres chaines. Le musulman en Europe et en Afrique du Nord pourra avoir une référence pour un islam « modéré ».Cette chaîne abritera des débats contradictoires avec d’imminents spécialistes des questions religieuses. Une relecture de notre histoire religieuse, de notre Coran et de notre Chariaa  nous permettra d’entrer de plein pieds dans le xxi siècle. Pourquoi ne pas solliciter le concours de monsieur Youssef Essedik ?
§  Réformer la formation de nos Imams. Si le vendredi, chaque Imam parvenait à nous expliquer une sourate, ou une partie d’une sourate, en la remettant dans son contexte et en ayant le sens véritable des mots et de la syntaxe, nous pourrions  contrecarrer la violence religieuse.
Chapitre           Propositions de nature prospective
§  Notre pays connaîtra une pénurie d’eau de plus en plus aiguë si des mesures ne sont pas prises telles que la multiplication des barrages et leur interconnexion pour éviter que l’eau d’un barrage trop plein n’aille à la mer, la multiplication des lacs collinaires et le reboisement des hauteurs impropres à l’agriculture.
§  Notre pays souffre d’un déficit énergétique alors que le soleil est là toute l’année ou presque. Instruisons-nous de l’exemple du Sud de la France, de l’Espagne et du Maroc qui investissent dans le solaire.
§  Pour capitaliser l’expérience du Pouvoir, il serait indiqué de créer une institution qui regrouperait, de plein droit, les Présidents de la République, les Premiers ministres et les ministres, les Gouverneurs de la BCT et les gouverneurs des régions qui ne sont plus au Pouvoir. L’exécutif aux commandes pourrait recueillir leurs avis sur des questions particulières et sur le déroulement des affaires de l’Etat réalisant ainsi une  certaine continuité.
Chapitre           Propositions socio-économiques
§  Réactiver le PDR (programme de développement rural) qui permettra à des familles rurales démunies, surtout les femmes, à disposer de quelles bêtes pour avoir du lait, des œufs et de la viande. Son effet sur l’élimination de la faim est immédiat.
§  Ressusciter le 26/26  en le confiant à un organe transparent et en modifiant son appellation.
§  Vendre à crédit à long terme des lots de terrains agricoles contigus à des jeunes sortant des écoles d’agriculture sous réserve de constituer entre eux une coopérative de services  qui  leur permettra d’avoir des outils de production sans avoir à les louer et de transporter leur bétail et leur production sur les marchés réglementés.
§  Exiger de la Banque Centrale de Tunisie qu’elle remette en vigueur son ratio de crédits à moyen terme à l’investissement  à satisfaire par les banques pour qu’elles  accèdent en partie à son refinancement. Ces crédits sont ceux consentis aux PME qui constituent l’essentiel de notre tissu industriel et qui connaissent des difficultés. Mieux vaut faire repartir une entreprise appelée à s’étendre et qui a des marchés que de créer ex nihilo une nouvelle.
Chapitre           Proposition militaire
§  Examiner la possibilité de revoir les conditions d’achat des hélicoptères US si le fournisseur russe est en mesure de nous les livrer immédiatement et à un moindre prix et si leurs engins répondent à nos besoins spécifiques ( vision par tout temps, diurne et nocturne) pour ratisser nos hauteurs et éradiquer les quelques terroristes qui nous narguent depuis au moins cinq ans, ce qui est insupportable.
Chapitre     Propositions diverses
§  Pour encourager la recherche scientifique , créer un Prix à décerner à nos lauréats en matière de recherche fondamentale, de santé, d’invention et d’innovation et de technologie agricole et industrielle.
§  Organiser des visites de travail, et non de villégiature, dans les pays qui nous devancent ou qui ont connu certains des problèmes que nous connaissons pour savoir comment ils les ont traités (éducation, santé, agriculture, énergie, pénurie d’eau etc).
§  Donner plus d’autonomie à nos Universités.
§   l'engagement de l'Etat dans la résorption graduelle du déficit abyssal des caisses de sécurité sociale,
§  la construction d'un centre d'hébergement et de rééducation des revenants des centres de tension dans le monde en attendant leur traduction devant la justice
§   la réforme de notre Constitution en vue de lever certaines ambiguïtés et opter pour un régime présidentiel avec les garde fous nécessaires vu que le régime parlementaire ne cadre aucunement avec la situation grave de notre pays et la mentalité du tunisien

Voici une modeste contribution à toutes fins utiles.
Respectueusement



mercredi 23 décembre 2015

Et si HCS se désistait ?


J’ai à développer deux points. Le premier concerne l’insuffisance de communication du Gouvernement en place. Le second a trait à la crise que traverse Nida.
Il est pour moi incontestable que  ce Gouvernement, fait de son mieux, mais il y a une insuffisance de communication patente.
Le citoyen ne  se rend compte de ce que  fait ce Gouvernement, qu’occasionnellement, lors d’un événement  particulier.
A titre d’exemple, je n’ai pu me rendre compte du programme ambitieux de réforme à engager par le Ministère de la santé à partir de janvier 2016, qu’à l’occasion du regrettable décès de cette concitoyenne de Tataouine qui faute de la présence d’un gynécologue à l’hôpital à été transportée d’un hôpital à un autre pour mourir en fin de parcours laissant deux enfants en bas âge.
 Le déplacement d’un médecin vers elle à Tataouine était-il possible et aurait-il pu la sauver? Peut-être.
Le second événement a été  le cinquantenaire de la création de l’hôpital d’enfants, de Bab Saadoun.
 j’ai vu hier sur la une, un hôpital très bien entretenu, pimpant neuf, et très bien équipé en matériel de pointe avec un personnel dévoué et de haut niveau dont le pays peut être fier mais souffrant d’une exiguïté et d’une surcharge de travail qui va cependant être résolue par l’implantation d’un second hôpital quelque part dans le pays.
 Là aussi le ministre de la santé est revenu sur son programme pour améliorer les services de santé à dispenser au citoyen en remédiant à la déficience des spécialités d’anesthésistes et de réanimateurs, en affectant  des spécialistes dans les hôpitaux qui en sont dépourvus, et en renforçant les services de première ligne qui désencombreront les hôpitaux.
Il a eu aussi le mérite, le courage et l’honnêteté d’endosser la responsabilité du décès de la dame de Tataouine qui n’est pas la seule femme enceinte à mourir bêtement.
Que ce Gouvernement continue à travailler mais en pensant à bien soigner la communication qui doit toucher tous les départements et se caractériser par la continuité.
Un ministre, un site et un livre blanc actualisés sont, je crois indispensables.
Ce qu’il faut aussi, c’est que ce Gouvernement soit soutenu par ceux qui l’ont porté au Pouvoir. Celui de Nida fait  particulièrement défaut occupé dans ses luttes internes pour le Pouvoir.
Oui,  et c’est là une vérité qu’on ne peut cacher au citoyen, chacun, à sa façon,  veut tenir les rênes du parti, car qui tiendrait ces rênes, tiendrait la machine électorale et donc la présidence de la République à laquelle tout le monde lorgne.
La solution ne réside nullement dans ce comité un peu bizarre des 13 qui prétend ne favoriser personne mais qui va déboucher sur un congrès consensuel d’où  émergera, il faut s’y attendre, HCS, comme le principal responsable du parti.
Si tel est l’objectif de BCE en qui plus d’un citoyen, et surtout les femmes, ont placé leur confiance pour qu’il soit là où il est malgré son âge, ce sera là une erreur politique.
Je n’ai personnellement rien à reprocher à son fils. Il pourrait être doté des qualités politiques nécessaires à la conduite des affaires de l’Etat, mais ces qualités seront estompées par le lien de parenté qui le lie à BCE. Le sacrifier politiquement, quoique injuste ; est nécessaire.
Que BCE se rappelle du traitement injuste que Bourguiba a infligé, à son fils Bourguiba junior qui a fait pourtant ses preuves en diplomatie.
 Il l’a  même obligé de vendre la villa qu’il a achetée moyennant un crédit bancaire pour lever toutes les suspicions.
 Il faudrait être de la trempe de Bourguiba pour se conduire politiquement ainsi.
Dans l’intérêt de Nida qui va imploser, si ce n’est déjà fait, et surtout celle de l’équilibre des forces politiques, HCS se doit de se retirer de la course politique et de la remettre à plus tard, c'est-à-dire une fois le mandat de son père achevé. Je lui serais  très reconnaissant.
Si HCS serait incapable de prendre seul, cette décision courageuse et injuste, il appartient à son père de l’y obliger moralement à le faire.
Seule cette décision permettra de sauver le parti de la déconfiture et d’achever la consolidation du processus démocratique.
Merkel, en osant intervenir auprès de BCE pour lui suggérer de replâtrer Nida, a vu juste, car elle ne peut continuer à apporter son appui à notre pays sans un équilibre des deux principales  forces politiques, seul garant de la préservation d’une stabilité politique et sociale propice à l’investissement.

Je garde un certain optimisme pour que la famille BCE sauve encore une fois le pays par son sacrifice.

mardi 1 décembre 2015

Tunisie:un pays franchement ingouvernable

(Article publié dans Leaders.com.tn le 01/12/2015)
Tout le monde a bien remarqué, sans doute, la multiplicité des réactions négatives au bref discours du Président de la République tunisienne, dans les journaux, la radio et les  réseaux sociaux. Rares ont été les réactions positives. Ce constat étonne et inquiète lorsque les réactions émanent d’intellectuels, d’analystes politiques et d’hommes politiques.
Je ne suis pas de Nidaa mais j’ai voté pour lui. Agé de 73 ans, ou presque, je n’aspire plus à rien. Mon seul vœu est que mon pays se remette de cette crise profonde qui le secoue sur le plan sécuritaire, politique et économique, avant que je ne quitte cette vie d’ici-bas. Je n’adore pas les hommes fussent-ils des Bourguiba. Je les juge sur ce qu’ils ont fait de bien ou de mal à leur pays.
Lorsque vous entendez un « responsable politique » évaluer le temps qu’a consacré BCE aux trois problèmes urgents et graves qu’il a traités, dans son discours, a savoir le terrorisme, la Paix sociale et la crise qui secoue Nida pour lui reprocher d’avoir trop parler de Nida et ne pas avoir fait état des nouvelles mesures concrètes envisagées pour combattre le terrorisme, je demeure pantois. 
S’attend-il, sérieusement, à ce que BCE, lise  publiquement, les nouvelles mesures qui seraient prises dans peu de temps ?
Concernant l’épineuse question de la crise qui frappe Nida, il lui a été reproché de ne pas respecter la Constitution en intervenant directement dans les affaires d’un parti qu’il a quitté. Hier, on lui demandait  pourtant de se dépêcher d’intervenir pour user de sa force morale afin que les frères ennemis s’entendent enfin et nous épargnent leurs querelles publiques.
Lorsqu’il s’agit du premier parti qui a remporté les élections et sur lequel pèse la lourde responsabilité d’instaurer un équilibre des Pouvoirs en vue de parachever le processus démocratique, de s’engager sur la voie ardue du développement  et de mener une action de soutien, de mobilisation des énergies et de contrôle de l’action du Gouvernement, il faudrait être, irresponsable ou  de mauvaise foi, pour ne pas le  faire, car il y va de la stabilité de l’Etat et de sa crédibilité.
N’avons-nous pas intérêt tous, nidaistes ou non, à ce que ce contrepoids à Ennahdha perdure pour la pousser à réaliser plus de concessions sur la voie de sa transformation en parti séparant le politique du religieux  et à tenir, à cette fin, son Congrès au plus tôt?
Dans l’opposition nous ne percevons pas de soutien franc à l’action d’un exécutif,  issu pourtant d’élections transparentes et faisant de son mieux, sur le terrain, avec quelque lenteur, il est vrai.  
Il est vrai que le Pouvoir refuse, à ce jour, de ressusciter le Conseil économique et social  qui pourrait réunir toutes les tendances politiques, à coté des experts, pour aider, par ses avis techniques consultatifs, et le Gouvernement et l’ARP.
Pourquoi cette opposition se cantonne-t-elle dans un dénigrement systématique, refuse de mettre la main à la pâte  et s’évertue à mettre en exergue, publiquement, la moindre défaillance, à des fins électoralistes?
Par exemple, même si le lancement d’un appel d’offres péchait par une certaine défaillance, avait-on besoin  d’étaler l’affaire en public et de traiter un ministre, de menteur, en plein débat parlementaire?
Un élément constitutif de Nida a osé, en cette période délicate, éditer une vidéo, pour ajouter certains éléments qui auraient été retranchés à son intervention dans une série télévisée publique dominicale, pour remettre, à nouveau, en cause, la santé du Président, créant ainsi le doute dans l’esprit du citoyen et introduisant un facteur supplémentaire d’incertitude sur la finalisation du processus démocratique ce qui pourrait accentuer la lenteur de certains pays à nous aider franchement à relever les défis qui se posent au pays.
Rappelez-vous que  cette même personnalité avait parlé de Brutus côtoyant BCE.
Au «groupe des 31» qui reproche à BCE de n’avoir pas tenu ses promesses électorales en se rapprochant d’Ennahdha, je dis que votre action pourrait cacher, tout simplement, la volonté de certains d’entre vous de préparer l’après BCE, car celui qui sera aux premières loges du Congrès et donc du parti, pourra aspirer, demain, ou en cas de vacances, à mettre la main sur la machine électorale et donc sur le Pouvoir.
Ces frères ennemis qui se disputent, sans aucune pudeur et en public et qui usent parfois de moyens violents sensés être révolus, ont  crée l’environnement favorable  pour que l’UGET soit battue à plate couture par la partie adverse, chose qui est passée en silence et qui préfigure une défaite de Nida aux élections municipales.
Il faudrait être frappé d’une cécité politique, d’un égoïsme sans borne, d’une irresponsabilité absolue pour laisser Nida descendre cette pente glissante.
Nida n’a pas besoin de nains politiques et il se doit de nettoyer ses rangs. Le plus tôt sera le mieux.
Cette atmosphère délétère ne fait que renforcer Ennahdha à laquelle certains prétendent  s’opposer à son hégémonie, suite à sa participation au gouvernement, ignorant, a dessein,  qu’une large frange de l’électorat a voté pour elle.
Les courants extrémistes  qui  la traversent et qui sont actuellement contenus, resurgiront, en cas de défaillance de Nida, et une fois au Pouvoir, ils mèneront leur politique de « réislamisation » du pays. Ce sera trop tard pour les en empêcher.
Faut-il être un génie pour comprendre ces enjeux?
Pour ce qui est de l’établissement d’une Paix sociale à laquelle BCE porte de gros espoirs, l’UTICA et l’UGTT doivent remettre leurs pendules à l’heure et être au rendez-vous de l’histoire, car le pays est à un tournant difficile et à bout de souffle.
Il faut savoir trancher, courageusement et dans le vif. Cela  a trop duré!
Si l’UTICA  se réfugie, à tort, derrière le taux officiel de l’inflation, il faudrait être  techniquement stupide, ou  carrément de mauvaise foi, pour ignorer que le panier et les pondérations qui servent au calcul du taux de l’inflation, ne collent plus à la réalité et  gagneraient donc à être actualisés.
Si l’UTICA, aidée par l’INS, faisait ce calcul du taux de l’inflation réel, à deux chiffres je pense, elle pourrait faire un pas vers l’UGTT, nonobstant le fait que la décision a déjà été prise pour servir des augmentations salariales dans le secteur public ce qui était une erreur économique grave.
Par ailleurs, les chefs d’entreprises, adhérents ou non, à l’UTICA, se doivent de prendre pour exemple, un certain entrepreneur, qui  a pu investir  récemment, à Sidi Bouzid, sans attendre le rétablissement de la sécurité ou, la promulgation du nouveau code des investissements, mu surtout par l’esprit d’entreprendre, le courage et le nationalisme.
Ce déficit dans l’esprit d’entreprendre, créateur de nouveaux emplois, doit être comblé avant de demander à l’étranger d’investir.
En contrepartie, l’UGTT se doit d’œuvrer à mettre, enfin, un frein aux pressions excessives de sa base, traversée par un courant puissant de gauche, et empêcher ces grèves lourdes de conséquences économiques pour nos entreprises ou ne les réaliser qu’à l’intérieur d’un intervalle de temps restreint, pour ne pas freiner, ni la production, ni les services, sans oublier qu’elle doit tout faire pour que la productivité reprenne dans tous les secteurs, publics et privés, car en Tunisie, elle est des plus basses dans le monde.
La Tunisie était, à un moment donné, au même niveau de développement que la Corée du Sud. Voyez ce qu'elle est devenue aujourd’hui.
Oui, ce n’est pas hélas, le même peuple, la même mentalité ouvrière, le même profil d’entrepreneurs et  les mêmes  dirigeants.
La « révolution » n’a rien modifié sur ce plan!
Enfin, nos médias gagneraient à abandonner la recherche du buzz à des fins  de renflouement de leur trésorerie et se concentrer sur les véritables  problèmes du pays et de sa renaissance.
L’Etat devrait les aider financièrement pourvu que le secteur  entame une action de formation  de ses journalistes et s’en tienne, vis-à-vis du public, à une charte déontologique qui respecte, dans les faits, le droit à une information libre, vraie, courageuse  et puisée à la source et relève le niveau des débats et donc des animateurs et des intervenants dans plus d’un cas.
Oui, ce pays est difficilement gouvernable.

Ni ce régime parlementaire qui a été imposé, ni ses acteurs politiques et médiatiques,  ni sa justice n’ont été au rendez-vous de l’histoire.
Combien avons-nous encore de temps pour remettre les pendules à l’heure, dans un dernier sursaut de patriotisme, avant que les flots n’engloutissent la barque et ses occupants ?

mardi 24 novembre 2015

Le cri d'alarme de Nessim Soltani

23/11/2015 (Publié dans Leaders.com.tn)
Plus d’un tunisien a entendu le récit poignant, courageux, direct et clair de Nessim Soltani, cousin de Mabrouk Soltani que des mains sauvages ont décapité sauvagement après avoir sacrifié plus d’une chèvre pour satisfaire leur faim.
Nous avons vu, à la TV, une camionnette pleine de matelas en mousse, aux abords des habitations des Soltani , offerts par la délégation de la région.
Sans doute d’autres menus besoins ont été satisfaits.
Nous avons vu aussi, à la Présidence, Si Belhaj, consigner les besoins de ces villageois après leur réception par BCE.
Ces actions immédiates sont louables quoique tardives.
Le problème est que sur toute la frontière qui nous sépare de l’Algérie, d’autres groupements humains ont besoin de l’aide de l’Etat et de la société civile.
 Faudrait-il que pour qu’on s’en aperçoive, quelqu’un d’autre soit décapité, ailleurs, et qu’il ait la chance de rencontrer les médias qui ont eu le mérite de lever le voile sur l’isolement, le dénuement, la peur que font peser sur eux cette bande de sauvages que nous avons été incapables jusqu’ici de maitriser?
Outre le récit pénible et émouvant du calvaire dans lequel ces frontaliers arrivent, tant bien que mal à survivre, Nessim a affirmé que les autorités n’ont jamais mis les pieds chez eux et que nos politiciens n’ont jamais eu la peine de voir, quoiqu’ils nous informent, à longueur de journée, au cours de leurs campagnes électorales, qu’ils ont ratissé le pays, du Nord au Sud !
Ces villageois étaient-ils déjà sous terre ?
Il faut donc que les autorités locales quittent leurs bureaux pour effectuer le recensement des concitoyens qui se trouvent dans leur omda et dresser l’inventaire détaillé de leurs besoins pour en informer, l’Etat d’abord, ainsi que la société civile dans toutes ses larges composantes.

Pour éviter d’agir en rangs dispersés et répartir inéquitablement les efforts d’aide, il est plus qu’urgent de créer une structure transparente pour apporter un soutien efficace, soutenu et durable à tous ces concitoyens pour faire face, dans la mesure des moyens, à l’infrastructure défaillante et à la création de sources de revenus permanentes.
Il faudrait être sourd à l’appel de Nessim qui a affirmé qu’il faudrait éviter, à tout prix, que certains, sous la pression de la faim et qui n’ont à manger parfois que de l’herbe,  soient recrutés aisément par les terroristes ou soient amenés à leur offrir leur soutien.
Un de ces villageois, sous la menace, n’a-t-il pas avoué leur avoir donné à manger ?
Une caserne existait et certains ont cru bon de la supprimer. Du temps où régnait la Paix dans ce pays, c’est concevable, mais aujourd’hui ça ne l’est plus.
A défaut de casernes ou de campements militaires, il y a lieu d’aménager des chemins carrossables facilitant l’accès à ces zones, même par mauvais temps, permettant à l’armée et à la garde nationale de multiplier les rondes et aux villageois de se déplacer facilement et de transporter leurs malades au dispensaire le plus proche, encore faudrait-il qu’on prévoie un moyen de transport.
Il va de soi que ces habitants doivent être sensibilisés à informer les services de sécurité au moindre mouvement douteux après leur avoir donner les moyens de le faire.
La structure permanente de soutien précitée pourrait être calquée sur le PDR (programme de développement rural), ou le 26/26, mais en assurant des garanties de bonne gestion et surtout de transparence.
Des femmes issues de la société civile ayant acquis une expérience dans l’action caritative pourraient veiller au bon fonctionnement de cette structure dont les ressources comprendraient une dotation budgétaire, les dons de nos concitoyens personnes physiques et morales, les aides extérieures et celles des associations caritatives.
Ses comptes seront soumis semestriellement à une certification des comptes et seront publiés.
Enfin, l’impression que plus d’un citoyen a des chaines montagneuses qui nous séparent de l’Algérie est que c’est une véritable passoire pour les terroristes.
La coopération algéro-tunisienne n’a pas encore permis de resserrer d’un côté comme de l’autre l’étau sur les infiltrations de ces éléments ?
Ne pouvant pas le faire tout le long de la frontière et en une seule fois, ne pourrait-on pas agir par tronçons de frontière et assurer la sécurité des zones libérées ?
La densité des forets échappe-t-elle aux moyens technologiques qui tardent à venir des USA? Les moyens humains manquent-ils cruellement ? La volonté de l’une ou des deux parties fait-elle défaut ?
Oui, nous aimerions avoir une réponse à ces questions.
Parallèlement à l’action de soutien des populations, il est plus que nécessaire de maîtriser la situation de cet espace malgré son étendue et son escarpement , car il demeure une source de revenus pour les villageois limitrophes.

Ils doivent pouvoir faire paître leurs animaux, ramasser du bois pour le chauffage et la cuisson et élever des ruches d’abeilles en toute sécurité car on ne peut négliger ces sources de revenus en attendant une sédentarisation, souhaitable, mais encore bien lointaine et bien coûteuse, de nos concitoyens.