mardi 10 janvier 2017

Le retour des «jihadistes» en Tunisie

09/01/2017
Le retour des «jihadistes» en Tunisie a fait couler beaucoup d’encre, donné lieu à des débats houleux, provoqué des manifestations de rue et risque fort de constituer un facteur supplémentaire de division des tunisiens faute pour l’Etat de n’avoir pas arrêté avec les représentants de la société civile certains principes.
L’énonciation de ces principes faciliterait un accord entre les tenants à un retour au pays natal et ceux qui défendent le contraire.
Première question
Avons-nous une idée précise du nombre de ces « jihadites » et des faits qui leur sont reprochés ? Qui sont-ils (âge, sexe, nationalité initiale) ? A quels pays appartiennent-ils s’ils ont la double nationalité ? Qui les finance et les protège ? Qui les a encouragé moralement, matériellement et financièrement à quitter leur pays avec ou sans passeport et pourraient faciliter leur retour ?
Deuxième question
Quel risque, chacun d’eux, fait courir au pays?
Troisième question
Le pays est-il prêt pour les accueillir au cas où cette hypothèse serait retenue ? Dans quelles conditions matérielles s’effectuerait ce retour (par les voies diplomatiques, un retour par les voies usuelles avec ou sans passeport ou par la traversée illégale des frontières maritimes et terrestres ? Avons-nous identifié, au préalable, toutes les caches d’armes et toutes les cellules dormantes ? Seraient-ils libres de leurs mouvements, avec ou sans bracelets électronique, ou seraient-ils immédiatement incarcérés ? Dans ce cas sur quelle base juridique (traversée illégale de la frontière, passeport périmé, personne figurant sur une liste des personnes recherchées, personne objet d’une décision de justice locale ou étrangère, personne n’ayant pas pu justifier ce départ et le choix du pays d’accueil..) seraient-ils incarcérés? Seraient-ils jugés par la justice militaire ou civile ? La justice a-t-elle les moyens humains et matériels (y-a-t-il un programme précis ad-hoc) ? Est-elle en mesure de leur dispenser un jugement équitable (juges et défense indépendants) ? Quid de la sentence ? Comprendra-t-elle la peine de mort et sera-t-elle exécutée ? Le pays est-il en mesure de construire rapidement des prisons de haute sécurité et avec quels moyens (coopération occidentale sollicitée ou non) et de garantir leur gestion notamment sécuritaire ou se limitera-t-il à les loger dans les prisons actuelles ? L’administration pénitentiaire est-elle en mesure de les prendre en charge ? Les visites seraient-elles autorisées ?
Quatrième question
Quelle sera l’attitude de leurs proches parents et de ceux qui partagent leurs idées?
Cinquième question
Avons-nous une bonne coopération avec les pays qui abritent encore ou ont abrité nos « djihadistes » ? La nomination d’un ambassadeur en Syrie est-elle nécessaire ? Quelle est leur position, chaque Etat pris individuellement (Syrie, Turquie, Irak, Libye, Mali, Niger, Nigéria, Etats européens) ? Sont-ils pour leur refoulement immédiat s’ils sont détenus ou leur jugement et l’exécution des peines prononcées ? La partie tunisienne exigera-t- elle d’examiner les dossiers pour pouvoir accepter la sentence prononcée et sera-t-elle admise à participer aux instances en cours?
Sixième question
Quel est le cadre juridique de l’action de l’Etat tunisien (Constitution, loi sur les stupéfiants qui permettrait de libérer certains prisonniers, loi sur le terrorisme , actualisation du code pénal, réforme du système pénitentiaire, conventions internationales signées par la Tunisie)?
De la réponse qui sera faite à ces questions dépendra l’attitude à prendre.
En ce qui me concerne, j’estime que personne n’a le droit d’empêcher un tunisien de retourner dans son pays nonobstant les faits qui lui seraient reprochés.
Juridiquement l’Etat tunisien n’a ni le droit, ni la force politique d’empêcher de satisfaire la demande d’un Etat étranger qui exige de refouler un national. Les terroristes surtout qui ont tué froidement des innocents et n’ont manifesté aucun signe de repentir sincère méritent la peine de mort par pendaison et c'est sur le juge que pèse cette lourde décision, sans aucune interférence.
Le seul fait d’avoir quitté le territoire et d’avoir manifesté son allégeance à Daech ou à Ben Laden et consorts justifie l’incarcération immédiate du terroriste et sa traduction en justice.
Le retour des terroristes devrait se faire en évitant tout contact avec la population carcérale et les cellules dormantes. L’aménagement des prisons actuelles en attendant la construction d’une prison à haute sécurité avec l’aide des USA et des pays européens et le choix éclectique des gardiens est nécessaire.
Les «jihadistes» comprennent certainement diverses catégories qui permettent aux services compétents de les classer en fonction de leur dangerosité et par conséquent on n’a pas le droit de mettre tout ce monde dans un même sac.
La Tunisie a pris le parti d’être un pays de droit, c’est pourquoi, elle se doit d’agir conformément au droit et d’assurer aux « jihadistes » un traitement humain et un jugement équitable ce qui fera accepter plus facilement les sentences par les familles, les proches et l’ensemble du pays et de la communauté internationale qui a l’œil sur nous.
Si nous reprochons à Daech ses atrocités, nous n’avons pas à le suivre dans cette voie.
Si le juge indépendant ne prononcera pas de sentences rigoureuses pour certains, l’Etat se doit d’essayer de récupérer ceux qui acceptent un repentir sincère ayant été emmené dans cette galère sans savoir ses tenants et ses aboutissants.
Les enquêtes qui se feront et l’accès aux dossiers détenus par les pays étrangers nous donneront une idée précise sur ceux qui ont favorisé le développement du terrorisme, soit en fermant les yeux, soit en agissant.

Puisse Dieu éclairer notre voie et nous aider à fermer, rapidement, ce dossier pénible car le pays a besoin de son unité combien nécessaire à la reprise d’une croissance en faveur de tous et tant attendue.

lundi 5 décembre 2016

Ne décevez pas notre espoir et ne mettez pas en péril la reprise de la croissance


La conférence sur l’investissement « Tunisie 2020 » a eu lieu comme prévu et on peut dire qu’elle a réussi.
 Remercions ceux qui ont en eu l’idée et tous ceux qui se sont démenés pour la faire réussir.
 Certes, il aurait été plus judicieux de la reporter pour pouvoir établir préalablement, les conditions d’un climat social serein en mesure d’encourager la reprise de l’investissement.
Mais, Les choses étant ce qu’elles sont, comment faire pour que l’échec du Caire ne se reproduise pas?
Le suivi des engagements et des promesses pour leur concrétisation réelle, sera l’affaire du Gouvernement et des organisateurs de cette conférence qui parviendront à  établir un « business plan » pour éviter le fiasco du Caire.
 Reste l’épineux problème de l’amélioration du cadre juridique et social de l’investissement.
Sur le plan juridique, il serait recommandé que le Gouvernement parvienne, très rapidement, à ressusciter le Conseil économique et social, dans une composition éclectique nouvelle, qui lui dispenserait ses avis consultatifs obligatoires, sur les textes législatifs et réglementaires à prendre.
 Le Gouvernement devrait disposer, en outre, à titre dérogatoire, exceptionnel et transitoire, de la possibilité de légiférer par décrets lois quitte à les soumettre à un contrôle a posteriori obligatoire de l’ARP.
 Les circonstances étant difficiles, le temps perdu étant énorme et l’urgence qu’il y a à ce qu’une croissance économique saine, soutenue et équitable reprenne, cette dérogation introduirait la souplesse nécessaire dans l’action gouvernementale.
Reste à résoudre l’épineux problème de l’assainissement du climat social.
Certes,  le discours de Mr Abassi à la conférence de l’investissement a été rassurant et a permis, à plus d’un, de souffler, mais  en fait, il se révèle que c’était un discours   diplomatique de façade, car la position connue de l’UGTT reste invariable. Elle continue à soutenir qu’elle n’a pas à négocier un accord signé et publié au JORT. Le faire, ce serait pour elle, un précédent dangereux.
Pourquoi l’UGTT qui se réclame de l’esprit de feu Hached, agit-elle ainsi ? Est-elle consciente des graves conséquences encourues pour le pays par les mouvements de grève annoncés ? Est-ce que la Direction de l’UGTT ne peut plus se soustraire à la pression de sa base où l’élément de gauche est prépondérant, surtout que Le prochain Congrès approche ? n’adhère-telle pas au modèle de développement économique et social engagé ? L’UGTT poursuit-t-elle en vérité d’autres visées ?
Monsieur Essid, avec tout le respect qu’on lui doit,  aurait commis une lourde erreur en autorisant  la signature de deux documents contradictoires, la convention sur le relèvement des salaires et l’engagement auprès du FMI de maîtriser leur hausse sans commune mesure avec la croissance du PIB.
Le moment est venu pour qu’il s’explique et se réfugie pas dans un silence assourdissant. C’est le moins qu’il puisse faire.
Si monsieur Essid disait clairement qu’il aurait été soumis à une pression insoutenable des syndicats qui ont obtenu ce qu’ils voulaient en dépit de la situation catastrophique du pays,  juridiquement, on peut répondre à l’UGTT qui se réfugie derrière les arguments de droit, que le consentement du gouvernement a été vicié et qu’il est en droit de le renier ou de le modifier pourvu que le FMI et consorts tiennent à cette orthodoxie financière en temps de crise .
L’UGTT, qui  compte des  experts,  savait très bien que les caisses de l’Etat et les perspectives de croissance économique ne permettaient pas de tels décaissements dont personne de sensé ne conteste la légitimité.
Ces mêmes experts savaient aussi que l’enveloppe des salaires devait être contenue à l’intérieur d’un plafond et évoluer en fonction du rythme de la croissance. Enfin, ces  experts  savent que rien ne servirait à obtenir des augmentations de salaires sans une nette reprise de la croissance. On ne peut redistribuer que ce qu’on a produit.
C’est donc à ces experts de convaincre leurs dirigeants d’accepter enfin que ces augmentations soient reportées. C’est une question d’honnêteté intellectuelle à moins qu’ils aient des preuves que nous ignorons pour démontrer le contraire ou qu’il y ait d’autres raisons que nous ignorons.
Le Gouvernement, quant à lui, a eu la maladresse politique de reculer à diverses reprises .Il a donné l’impression, sous le couvert de la nécessité d’arriver à un consensus, que son argumentation ne tient pas la route et qu’on pouvait l’amener, à force de persévérance, à satisfaire totalement les revendications syndicales.
 Les résultats atteints par la Conférence « Tunisie 2020 » pouvant s’évaporer avec toutes les conséquences négatives, sur notre crédit, sur la croissance et la stabilité sociale, l’UGTT et le Gouvernement pourraient avoir la sagesse et la responsabilité de convenir de s’en remettre à l’avis d’une commission composée des experts  des deux parties et  d’experts  indépendants pour trouver une solution qui préserve l’intérêt du pays. Un expert de l’OIT et du FMI  pourraient y faire partie, pourquoi pas ?
 Si le problème réside seulement dans la lecture des chiffres et de certaines normes, il serait facile d’y remédier sans perdre la face.
Mokhtar el khlifi

05/12/2016

jeudi 1 décembre 2016

L’espoir revient à grands pas


28/11/2016
Les médias ont survolé un événement majeur, à savoir, la rencontre de Vendredi 25 novembre 2015 de BCE avec des hommes d’affaires locaux. Certains n’ont n’en pas parlé comme si le citoyen ne devait pas être entretenu de cet évènement majeur.
 Défaillance au niveau de la communication ? manque de professionnalisme  pour certains médias beaucoup plus préoccupés par le buzz  car en mesure de leur assurer des rentrées d’argent. Heureusement que J’ai appris l’événement par Leaders.
Voilà que  quatorze hommes d’affaires ont suivi le pas tracé par un certain Hamdi Meddeb, qui a osé, par temps de crise, investir à Sidi Bouzid sans attendre la parution de la loi sur l’investissement, ni obtenir un quelconque avantage préalable. Mu par son  nationalisme et son esprit entrepreneurial, il a osé mettre la main à la poche pour créer une unité moderne de production de dérivés du lait.
Meddeb aurait même affirmé que « son unité installée dans la région, travaille en toute quiétude et s’avère la plus rentable de son groupe.»

 BCE aurait dû le gratifier d’une  décoration bien méritée.
 BCE aurait  eu l’idée, en février  2015, d’inciter les hommes d’affaires locaux à investir  particulièrement dans les régions défavorisées pour créer de nouveaux emplois. Ils ont  eu le mérite de répondre à sa demande.
 En effet, on ne peut demander à des étrangers d’investir en Tunisie alors que les enfants du pays qui ont tant bénéficié des avantages consentis par l’Etat et obtenus des concours bancaires, ne le font pas.
La réunion a groupé environ quatorze hommes d’affaires qui ont promis de réaliser des projets d’une  valeur globale d’environ 1,5 milliards de dinars et de créer environ 50000 emplois ! Cela nous fera gagner au moins 3 points de croissance du PIB !
Un autre groupe suivra et s’engagera pour une autre enveloppe d’investissements.
Pourquoi n’avons-nous pas fait cela bien avant ? A quoi étions-nous occupés ? Mais cela vaut mieux tard que jamais.
Le second motif d’espoir, ce sont les résultats attendus de la Conférence internationale sur l’investissement « Tunis 2020 ».
Déjà des signes avant-coureurs pointent à l’horizon et le grand projet de création du méga  projet relatif à la  réalisation d’un complexe commercial et financier off-shore, par les bahreïni et qui a tant tardé, va  enfin démarrer.
Ces deux manifestations  se traduiront sur le terrain par la reprise de l’investissement et donc de l’absorption graduelle du chômage.
Face à l’accroissement attendu des investissements, l’Etat doit mettre les bouchées doubles pour circonscrire les entraves de toutes sortes.
 Déjà le Ministre de l’équipement a fait état dans sa réponse à l’ARP  du fait que le secteur manque de main d’œuvre qualifiée, notamment dans le « ferraillage ».
Cette reprise tant attendue devrait être consolidée. Lorsque l’investissement va, tout va !
 Au Gouvernement de poursuivre, avec plus de détermination et de communication, ses réformes, pour améliorer le climat des affaires et assurer la sécurité à tous et particulièrement aux investisseurs.
 Aux deux principales organisations nationales de s’entendre enfin pour favoriser un climat social serein rien que par le dialogue et donc la suspension des grèves avec arrêt de la production ou des services.
 Aux médias et  aux « experts » de tout poil d’accompagner cette croissance surtout en ne perdant pas de vue la moitié du verre plein.
Au citoyen digne de ce nom de s’acquitter de son devoir fiscal.
Mobilisons-nous tous car il y va de la consolidation d’un processus démocratique unique dans la région mais encore fragile et de l’avenir de nos enfants.
Mokhtar el khlifi



dimanche 23 octobre 2016

Ce qu’on est en droit d’attendre du Chef du Gouvernement


Le  discours d’investiture du chef de Gouvernement, à l’ARP, a laissé bon nombre de citoyens sur leur faim. Ils se sont dit, qu’un package de mesures concrètes suivra. Mais l’attente a été longue alors que le rendez-vous de fin novembre des investisseurs arrive à grand pas. Gardons, cependant, bon espoir.
Peut-on oser dire ce que nous attendons ? Oui, cette « révolution » a diminué notre niveau de vie mais nous a gratifié de la liberté d’expression.
Il y a d’abord des préalables à satisfaire
1)  Ce n’est pas parce que le chef du Gouvernement s’est entouré, surtout de jeunes collaborateurs, bardés de titres, que la croissance économique repartira. Il ne faudrait pas faire l’erreur de mettre sur le bord de la route les gosses pointures de notre économie qui ont exercé surtout des fonctions ministérielles. On pourrait les inviter à faire partie du « Pool économique » à créer ou du « Conseil économique et social »  dont l’intérêt, tant pour l’ARP que pour le Gouvernement, est évident.
 A cet égard, pourquoi ne pas mettre à contribution, par exemple, monsieur Mohamed Ghannouchi pour ne citer que cette illustre personnalité qui  a pu assurer  à notre économie une croissance de 5%  en moyenne en dépit des dérives dont il n’assume pas, à mon humble avis, la responsabilité ? Il faudrait les pousser à mettre la main à la pâte, au moins pour nous aider à faire repartir la machine économique qui patine.
2)  Eviter, à tout prix, de lancer un mauvais signal aux investisseurs en se bornant à reproduire une loi des Finances préparée par le Gouvernement précèdent et qui n’a d’autres préoccupations que de trouver des ressources.
3)  L’Etat devrait se doter des moyens juridiques permettant de dépasser les contraintes administratives source de lenteurs et de débats interminables, quitte à ce que les contrôles a posteriori de l’ARP sanctionnent toute dérive. Cependant, cette délégation législative est à limiter dans le temps.
4)  Le Chef de Gouvernement n’a d’autres choix que d’agir, dans le cadre de ses larges attributions constitutionnelles, contre les individus qui dévergondent l’économie, en ayant le courage de se soustraire aux pressions  diverses qui pourraient s’exercer sur lui. C’est cette action courageuse que le peuple attend impatiemment. Le chef du Gouvernement devrait se placer au-dessus des partis en faisant peu de cas de son avenir politique. Il devra  apprendre à s’adresser directement et franchement au peuple en lui demandant son soutien, soutien qu’il lui accordera et qui légitimera son action.
5)  Engager, sans tarder, la réforme de la justice. Le Conseil supérieur de la justice, nouvellement élu, sera là pour épauler l’action du Ministre de la justice. Cette réforme pourrait se traduire, notamment, par l’informatisation et le renforcement des moyens humains. A cet égard, certains juges à la retraite, mus par un esprit nationaliste, pourraient faire bénéficier, bénévolement, la justice de leurs compétences, pendant une certaine période, pour traiter les dossiers en suspens. Une justice sereine, indépendante et rapide renforcera la crédibilité de l’Etat et sécurisera tout justiciable.

Quelques mesures attendues

a)  La loi de Finances pour 2017 devrait représenter la première année du plan de développement en cours d’élaboration. Elle se devrait de contribuer à rétablir la confiance des investisseurs  et du citoyen en général. Certes, il faudrait identifier des ressources. Mais, plutôt que de chercher à augmenter la pression fiscale il faudrait s’engager plutôt  sur la voie de sa compression. En effet, c’est sur l’entreprise que pèse la responsabilité de la création des emplois devant l’absence de moyens suffisants de l’Etat. Rappelons, que lorsque l’Etat a diminué, à un certain moment, les droits d’enregistrement, le citoyen a accouru aux guichets des Finances, pour enregistrer ses biens. Il faudrait gagner le pari  d’une diminution de l’impôt qui encouragerait le citoyen à s’acquitter de ses obligations fiscales. C’est  là aussi un signal positif adressé aux investisseurs, surtout étrangers.
b)  Veiller à ce que la fiscalité soit une obligation pour tous, soit juste sans être un frein à la croissance.
c)   Le déficit en ressources pourrait être comblé, par un élargissement des assiettes fiscales (limitation du régime forfaitaire… ) et la mise à contribution des professions qui ne paient pas actuellement suffisamment d’impôt. Il n’y a d’autres voies que le dialogue technique serré avec les professions qui ont chacune leurs spécificités.
d)  L’Etat devrait comprimer, cette année, ses dépenses, à l’exception des dépenses destinées à renforcer les équipements de sécurité. Une reconduction des enveloppes budgétaires antérieures et la généralisation de  la gestion informatique s’avèrent nécessaires.
e)  L’Etat devrait s’atteler à recouvrer, au plus vite, les créances qu’il détient sur les entreprises et les particuliers.
f)    L’excèdent constaté au niveau de la fonction publique devrait être redéployé, au plus vite, dans les administrations qui souffrent d’un manque, dans le renforcement des équipes de contrôle fiscal et dans le déblocage de certains investissements au niveau régional.
g)  Qu’attend l’Etat  pour céder  les biens confisqués sans pour autant les brader ? Un audit effectué par une équipe d’experts indépendants pourrait évaluer ces biens à leur juste valeur et l’Etat les vendrait, au moins à ce prix, sur appel d’offres transparents.
h)  Qu’attend l’Etat  pourrait-il céder, dans la transparence, certaines de ses participations dans les secteurs non stratégiques à définir rapidement.
i)   Le commerce parallèle accapare plus de 40% du PIB, fait qui ne peut plus durer. Qu’attend-t-on pour démanteler ces réseaux apparemment puissants à partir des résultats obtenus en aval (action dans la rue des salines, étalages de marchandises douteuses dans la rue,)? Certaines langues affirment que ces réseaux pourraient financer certains partis politiques et avoir des ramifications dans les structures de l’Etat. C’est la volonté politique du Chef de Gouvernement et le soutien de la société civile qui permettra de gagner la bataille. Que de nouvelles recettes budgétaires seraient attendues de cette action courageuse ! Certains disent qu’ils connaissent nommément ces barons de la contrebande et de la corruption. Un député  s’est dit prêt à livrer certains noms au chef du Gouvernement lors de la séance de son investiture. Alors ? Où le blocage réside-t-il ?
j)     Les dépenses de la caisse de compensation deviennent de plus en plus insoutenables. Il va falloir libérer certains prix. En ce qui concerne, le pain, l’huile, le sucre et certaines autres denrées alimentaires, il est possible de verser, à travers l’entreprise ou l’Etat, qui emploie les catégories à  faible revenus, mensuellement et régulièrement, une somme qui couvre leurs dépenses , à ce titre. Pour ceux qui sont sans emplois cet ajustement pourrait s’opérer au niveau des délégations au vu d’une liste ne prêtant à aucune confusion.
k)   L’augmentation des cotisations sociales, l’adjonction, au régime de répartition, d’une dose de capitalisation est nécessaire pour le rééquilibrage des caisses sociales. Le recouvrement des créances au titre des cotisations,  le relèvement de l’âge de la retraite  et le réexamen du mode de calcul des pensions nouvelles, urgent.
l)     La production de phosphates devra se maintenir et  s’accélérer étant entendu que le Gouvernement  devra honorer les engagements pris pour développer la région minière. Pour résoudre à terme le problème du transport coûteux du phosphate, pourquoi ne pas s’inspirer de l’expérience marocaine du transport par aspiration à  travers un tunnel ?
m) La transformation d’une partie plus importante de notre dette en investissements et l’étalement du reliquat pourraient être envisagées.
n)  Dresser un plan d’actions pour soutenir la campagne céréalière à engager suite aux pluies (augmentation des surfaces emblavées, alimentation en engrais, crédits agricoles).
o)  Venir en aide aux PME en difficultés qui emploient déjà un réservoir d’emplois qu’on risque de perdre.
p)  Désorganiser le trafic de devises en multipliant les contrôles et s’il le faut en autorisant l’ouverture de nouveaux bureaux de change dans les zones frontalières.
q)  Sur le plan extérieur nos exportations devront trouver de nouveaux débouchés avec un nécessaire accompagnement diplomatique et bancaire et la facilitation des moyens de transport maritimes et aériens pour atteindre notamment l’Afrique subsaharienne.
r)    Œuvrer pour rétablir plus rapidement la Paix en Libye, l’un de nos principaux partenaires.

En conclusion, ce train de mesures qui serait engagé, au plus vite, mettra le pays sur la voie de la reprise de la croissance.
C’est cette reprise de la croissance, tant attendue, qui diminuera les tensions sociales et poussera ce Gouvernement à aller plus loin dans le développement des infrastructures, les encouragements à la génération des richesses et leur redistribution équitable.
La stabilité politique et sociale et la  consolidation du processus démocratique sont à ce prix.
Nous n’attendons rien de ce Gouvernement que nous soutenons sinon qu’il administre la preuve qu’il est en mesure de mettre le pays sur la voie de la croissance.
Mokhtar el khlifi

23/10/2016

TV5-Exposition "L'Eveil d'une Nation"

mardi 18 octobre 2016

Le coup de semonce de l’UGTT se justifie-t-il ?

18/10/2016

Je dirai d’emblée oui. Cette organisation nationale a signé le fameux accord de Carthage précipitamment fait. Elle a reconnu expressément la situation  peu enviable que vit le pays  et notamment la situation de ses finances publiques. Elle a reconnu la nécessité des sacrifices à consentir par toutes les parties pourvu qu’ils soient équitablement répartis. Elle a manifesté sa disposition à poursuivre le dialogue et a saisi la main tendue du Gouvernement. Que veut-on de plus ?
Où se situe donc le problème ?
Je le situe, encore une fois, au niveau des « experts » des parties concernées. Chacune partie semble détenir la vérité alors que celle-ci pourrait être à mi-chemin.
Tout en excluant les éventuelles arrières pensées politiques, je pense qu’à partir de données communes et d’une même vision politique, il est possible de parvenir à un accord équitable.
A cet égard, il appartient à l’Administration, au sens large, ce qui inclut la BCT, de maîtriser ses données et de marquer sa disposition à les communiquer  d’autant qu’il y a une loi qui l’y oblige.
 Si elle en est matériellement incapable actuellement, il est temps qu’elle améliore ses procédures et recrute les profils idoines quitte à s’inspirer d’exemples étrangers. A l’heure du numérique, il n’est plus permis de ne pas dominer le problème des données.
 Le tableau de bord  nécessaire au décideur que le Gouvernement Jomaa en a parlé, semble ne pas  avoir été réalisé.
Aux organisations nationales de maîtriser également leurs données et de faire en sorte que  les informations soient fluides entre elles et l’Administration.
 Le temps du chacun pour soi est révolu surtout lorsque l’intérêt national est en jeu.
 A défaut de cette maîtrise des données, de cette fluidité et de cette transparence, l’orgueil personnel aidant, un problème technique national à résoudre, se transforme rapidement en suspicion et en querelles de personnes entre « experts » des différentes parties. Le pays doit pouvoir en faire l’économie au plus vite.
Nous venons d’apprendre que le Gouvernement s’apprête à créer un « pôle économique » composé d’experts. C’est là une excellente idée qui ne devrait pas cependant se substituer à la création du Conseil économique et social qui tarde à être réalisé.
 Mais son efficacité dépendra de sa composition.
 Il va falloir, je crois, ratisser large pour y inclure le plus grand nombre de ceux qui ont une compétence réelle avérée et même  de personnalités qui ne partagent pas les idées libérales de ce Gouvernement. Il faudrait aussi que ses travaux soient publiés.
Le coup de semonce de l’UGTT a le mérite de remettre les pendules à l’heure.
Imaginez un seul instant que cette organisation n’ait pas réagi fermement. La contrainte de temps aidant, le Gouvernement, disposant d’une majorité confortable à l’ARP, aurait pu faire passer le projet de loi de Finances concocté par ses services lequel aurait pu répondre à ses préoccupations immédiates et occulter les intérêts d’autres parties.
Sur le plan fiscal, ce qui m’inquiète surtout, c’est que le projet a pris le parti  d’obérer les charges de l’entreprise appelée pourtant à se substituer à un Etat défaillant dans la création des emplois tout en affectant également les revenus des classes moyennes moteur de la consommation.
Je ne suis pas fiscaliste, mais je dirai que si au lieu d’augmenter la pression fiscale le Gouvernement prenait le parti de la diminuer mais d’en élargir l’assiette et de mettre tous ses moyens pour réaliser un contrôle efficace et soutenu et qui tienne compte  des signes extérieurs de richesse, ce serait, de loin, beaucoup plus préférable. C’est là aussi un calcul à faire à partir des données en possession de l’Administration pour être sûr du volume des recettes fiscales.
Il demeure entendu que cet effort serait insuffisant si le commerce parallèle et la corruption ne seront pas combattus.
Mokhtar el khlifi