18/10/2016
Je dirai d’emblée oui. Cette organisation nationale a signé le
fameux accord de Carthage précipitamment fait. Elle a reconnu expressément la
situation peu enviable que vit le
pays et notamment la situation de ses
finances publiques. Elle a reconnu la nécessité des sacrifices à consentir par
toutes les parties pourvu qu’ils soient équitablement répartis. Elle a
manifesté sa disposition à poursuivre le dialogue et a saisi la main tendue du
Gouvernement. Que veut-on de plus ?
Où se situe donc le problème ?
Je le situe, encore une fois, au niveau des « experts »
des parties concernées. Chacune partie semble détenir la vérité alors que
celle-ci pourrait être à mi-chemin.
Tout en excluant les éventuelles arrières pensées politiques, je
pense qu’à partir de données communes et d’une même vision politique, il est
possible de parvenir à un accord équitable.
A cet égard, il appartient à l’Administration, au sens large, ce
qui inclut la BCT, de maîtriser ses données et de marquer sa disposition à les
communiquer d’autant qu’il y a une loi
qui l’y oblige.
Si elle en est
matériellement incapable actuellement, il est temps qu’elle améliore ses
procédures et recrute les profils idoines quitte à s’inspirer d’exemples étrangers.
A l’heure du numérique, il n’est plus permis de ne pas dominer le problème des
données.
Le tableau de bord nécessaire au décideur que le Gouvernement
Jomaa en a parlé, semble ne pas avoir
été réalisé.
Aux organisations nationales de maîtriser également leurs données et
de faire en sorte que les informations
soient fluides entre elles et l’Administration.
Le temps du chacun pour soi
est révolu surtout lorsque l’intérêt national est en jeu.
A défaut de cette maîtrise
des données, de cette fluidité et de cette transparence, l’orgueil personnel
aidant, un problème technique national à résoudre, se transforme rapidement en
suspicion et en querelles de personnes entre « experts » des
différentes parties. Le pays doit pouvoir en faire l’économie au plus vite.
Nous venons d’apprendre que le Gouvernement s’apprête à créer un
« pôle économique » composé d’experts. C’est là une excellente idée
qui ne devrait pas cependant se substituer à la création du Conseil économique
et social qui tarde à être réalisé.
Mais son efficacité dépendra
de sa composition.
Il va falloir, je crois,
ratisser large pour y inclure le plus grand nombre de ceux qui ont une
compétence réelle avérée et même de
personnalités qui ne partagent pas les idées libérales de ce Gouvernement. Il
faudrait aussi que ses travaux soient publiés.
Le coup de semonce de l’UGTT a le mérite de remettre les pendules à
l’heure.
Imaginez un seul instant que cette organisation n’ait pas réagi
fermement. La contrainte de temps aidant, le Gouvernement, disposant d’une
majorité confortable à l’ARP, aurait pu faire passer le projet de loi de
Finances concocté par ses services lequel aurait pu répondre à ses
préoccupations immédiates et occulter les intérêts d’autres parties.
Sur le plan fiscal, ce qui m’inquiète surtout, c’est que le projet
a pris le parti d’obérer les charges de
l’entreprise appelée pourtant à se substituer à un Etat défaillant dans la
création des emplois tout en affectant également les revenus des classes
moyennes moteur de la consommation.
Je ne suis pas fiscaliste, mais je dirai que si au lieu d’augmenter
la pression fiscale le Gouvernement prenait le parti de la diminuer mais d’en
élargir l’assiette et de mettre tous ses moyens pour réaliser un contrôle
efficace et soutenu et qui tienne compte
des signes extérieurs de richesse, ce serait, de loin, beaucoup plus
préférable. C’est là aussi un calcul à faire à partir des données en possession
de l’Administration pour être sûr du volume des recettes fiscales.
Il demeure entendu que cet effort serait insuffisant si le commerce
parallèle et la corruption ne seront pas combattus.
Mokhtar el khlifi
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