10/10/2016
Le Gouvernement de notre pays est dans une situation politique,
financière, économique et sociale très difficile.
Les engagements formels pris vis-à-vis des composantes de l’Union nationale
scellée dans le fameux accord de Carthage et vis-à-vis des organismes
internationaux (FMI, BIRD) le lient au point de l’étrangler.
Une situation peu enviable pour un chef de Gouvernement sans grande
expérience.
A ces engagements s’ajoute l’inexorable contrainte de temps. Une loi complémentaire
des finances pour boucler le budget 2016, la loi des finances pour 2017 à
voter avant décembre 2016 et la rencontre avec les investisseurs étrangers de
fin novembre. Un vrai casse-tête.
Si le Gouvernement précédent aurait été reconduit, mais cependant avec
quelques modifications, nous aurions pu au moins gagner un peu plus de temps,
mais l’initiative inattendue de BCE a tout chambardé sans que la nouvelle
équipe ait montré qu’elle dispose de solutions immédiates aux maux qui
rongent nos finances et qu’elle soit prête à donner un coup de pieds dans
la fourmilière.
Comment sortir de cette impasse?
Je ne pense pas qu’on puisse convaincre le FMI de maintenir les salaires à
un niveau aussi élevé et ne pas commencer à les comprimer.
La bonne orthodoxie financière et l’engagement pris s’y opposent. Cette
compression des salaires est, d’ailleurs, l’un des bons signaux qu’attendent
les investisseurs.
Il ne reste donc plus qu’à revoir l’accord de Carthage sur des bases
précises en associant des composantes qu’on a laissé au bord de la route.
A cet égard, les « experts » aussi bien du Gouvernement, de la BCT, des
organisations nationales, des partis politiques que de la société civile,
pourquoi pas, devraient, autour d’une table, commencer par ajuster rapidement,
leurs chiffres et donc avoir une idée très précise sur la situation réelle du
pays.
Ils pourront alors proposer aux politiques les mesures à réaliser à court,
moyen et long terme.
Le passé, particulièrement, de l’UGTT et de l’UTICA m’autorise à croire que
face aux rapports que leur feront leurs «experts», elles prendront la bonne
décision à savoir la voie des sacrifices librement consentis avant qu’on nous
les impose de l’extérieur et à leurs conditions.
Sur le plan politique un retour immédiat à la transparence et à la
bonne gouvernance sera donc une nécessité.
En effet, on ne voit pas, actuellement, pourquoi le gouvernement ne
s’engage pas d’une manière franche notamment sur la voie de réforme de la
justice vers plus d’indépendance, de célérité et d’efficacité, de la
fiscalité et de la douane. Ce sont pourtant ces actions qui conforteront notre
position vis à vis des bailleurs de fonds qui ne sont pas des âmes charitables,
je vous prie de le croire.
C’est cet engagement sur la voie des réformes qui sera le véritable ciment
d’une nouvelle union nationale plus large et plus homogène.
Sommes-nous enfin conscients que nous vivons le dernier quart d’heure?
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